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Mes bubons (10 avril ?)

J’sais pas comment les appeler, ces abcès énormes qui purulent et pullulent ici.. A côté de ce que je vois, j’entends, mes petites piqures un peu partout mais à peine visibles, c’est de la gnognotte.

Il y a quelques semaines Seinati notre proprio n’osait plus sortir parce qu’elle ne pouvait plus porter de soutien-gorge à cause de cette pustulence de la taille d’une quetsche. C’était pas beau à voir. Sarah dit que c’est lié au diabète. J’ai rassuré Seinati quant au peu d’incidence visuelle d’un manque de soutien gorge sous ses robes traditionnelles ou même sous un Tshirt… Go without it ! 2 jours plus tard elle assistait à la cérémonie officielle de je ne sais plus quoi et se sentait très bien sans soutien gorge mais le bubon était toujours là… 1 mois plus tard à son retour de NY, il avait disparu.

L’expérience de Sarah avec les bubons se mesure en taille d’orange, de poing… C’est ce qu’elle a vu sous le genou de Teu, à Nanumea. Par bonheur Sarah avait ses antibiotiques et les a partagés (et j’en ai renvoyé au bateau suivant). Elle l’a charcuté un peu, moins que moi l’an dernier. Teu n’avait pas envie d’un coup de couteau dans le pus. Il a été partiellement vidé à l’aiguille de seringue que Sarah transporte partout aussi. Un lobby de plus : s’assurer que les cliniques des outer islands sont approvisionnées en antibiotiques. Non wonder le nombre de gens que j’ai vu monter dans l’avion en brancard et l’avion ne pas partir parce qu’ils étaient morts à peine installés dans la carlingue… ou alors ils meurent à l’arrivée à Suva…

La semaine dernière, m’étonnant que Elega n’aille pas à sa workshop artisanat du soir, elle m’a montré un petit truc vert… Une plaie me suis je dit recouvert d’une feuille médicinale. « On regardera tout à l’heure avec Sarah ». J’ai pas vu quand sarah l’a examinée et administré des antibiotiques mais 2 jours plus tard, Elega se promenait sans pansement et j’ai vu la taille : une belle cerise..

La petite fille de Fong, elle démarre un furoncle tsunami du côté du nez.

Et ce matin, j’ai réalisé à quoi j’avais échappé (je croise les doigts) : chickenpox, rubeole ? Loia, responsable du plan PACC et femme de Molipi (le lazy et pas si bien attentionné fonctionnaire de l’énergie, on leave depuis plus d’un mois) se frottait les yeux comme la semaine dernière avant que le lui donne du sérum. « ca va pas mieux ? », « maintenant c’est les deux yeux… et puis surtout tu vois pas ?… » Non, j’avais pas remarqué, de loin, les boutons de rubéole… Je ne sais pas combien de temps c’est contagieux, ni comment, mais je n’ai pas eu envie de lui serrer la main ce matin… Et j’ai assisté à quelques réunions près d’elle toute la semaine.

Tout ça pour dire que j’ai pas à me plaindre.


26 / 04 / 10 - 07 : 01

Pâques 2010

Les moustiquons… J’en ai observé un sur la page du « Krach écologique » que je lis depuis avoir tourné la dernière page du Obama….. Dans le faisceau de lumière de ma torche… aussi petits que des moucherons en moins visibles puisque pas noirs. Sans ces traîtres résistants à la B1, maintenant que la maison est alimentée en eau à nouveau, que ma chambre est éclairée, que les grands vents ont cessé et que je ne tousse plus, ma vie serait plutôt agréable. On ne les sent pas se poser sauf quand ils piquent et le temps qu’on regarde ils ont disparu, on ne les entend que quand ils sont dans l’oreille, mais ils laissent un souvenir piquant de chacun de leur passage…

Vendredi de Pâques youkee voit sa fin. Je ne suis pas sortie de la maison. J’ai pu avancer sur le rapport à l’ambassade américaine tout en commençant à digitaliser les trente heures de bandes du King Tides festival. Gros travail en amont pour ne pas me planter plus tard, de numérotation et de marquage des bandes. Apprécié de voir la différence entre l’étiquetage des bandes de Nia et Atabi, qui ont eu les bases d’une formation et déjà approché le montage et le bordel que ça provoque quand les bandes sont mal étiquetées, ou pire pas étiquetées du tout. J’avais dit à tous la nécessité de marquer aussi bien le boîtier que la bande. Eux l’ont fait et sans faute. Inscrivant la tranche du bon coté. Ce ne fut pas le cas d’Halo dont c’était les premiers pas ni même de Fanny qui persiste à inscrire ses étiquettes de tranche à l’envers.

Le rapport des activités de l’an dernier sur lequel nous avions décidé (faute de temps) de ne pas communiquer à mon retour ne peut pas être adossé à un quelconque texte. J’ai pourtant l’impression d’avoir écrit mille fois cette histoire, mais non, à part le blog et le document « from symbol to example », pas grand chose à se mettre sous la dent. Je l’ai donc démarré de manière empirique. En partant de ce que j’avais. Loin d’être terminé mais ça avance doucement. J’en suis à intégrer/ traduire quelques extraits du rapport de Gilles.

Avant, hier, et la semaine passée, sans avoir à réfléchir trop, je me souviens de la dernière journée NAPA mardi et de l’atelier JICA/Foram-création de sable mercredi après midi. Y’a eu un dîner Melton. Jeudi, un peu partout, y compris à la maison où nous recevions Saufatu que Sarah aide à faire un rapport (4 millions à la clé) et 2 des chercheurs japonais qui venaient creuser un peu l’histoire de leur caméra sur la terrasse. Un projet qui me gênait et j’en avais parlé à tout le monde, pour son invasion de la vie privée des gens. S’ils s’en tiennent à saisir une image une fois par semaine, no problem. Je vais devoir faire le tour à nouveau pour faire part de mon point de vue modifié à tous.

Le parlement est en session. Encore un vote de non confidence enfantin. J’espère qu’un jour ils parleront de l’avenir et pas de leurs meurtrissures du passé (particulièrement celles d’égo désappointé d’avoir perdu). Saufatu a le même sentiment. On a parlé du vote de non confidence qu’il a essuyé lui. Son Frère Enele et Taukelina m’ont invitée à partager le déjeuner de la pause parlement . J’ai décliné « je ne fais pas partie de votre réunion, merci. » et suis passée voir Penny qui prenait des notes, comme à chaque session, pour en parler avec Nala et leurs maris.

La cohabitation a retrouvé un équilibre, après une discussion pour percer les abcès et quelques jours à réapprendre à ranger et partager les tâches.. Aujourd’hui, j’ai demandé si je pouvais mettre dans la cuisine les 2 bouteilles plastiques qui traînaient devant la porte de Sarah depuis son retour la semaine dernière. Tout est presque rentré dans l’ordre et on n’est pas loin d’avoir un devis même deux pour le transport du matériel biogas depuis la Grande Bretagne. Sarah avait l’intention de repartir plus tôt pour revenir cet été, le décès de sa grande tante qui remet en question l’équilibre de sa famille et d’un de ses cousins fragiles dont elle s’est occupé confirme cette décision et avance un peu le retour. Sans doute vers la mi avril après notre présentation DCC (secrétaires permanents). J’espère aussi après l’AG, réunion biogaz, RV Mafalu et expo photos hôtel. Mais c’est pas gagné.

Ca facilite l’attribution de logement des 3 « biodiv » sandrine, dani et le jeune photographe dont je ne peux retenir le nom.

23 / 04 / 10 - 13 : 48

Melton’s dinner - 30 mars 2010

Napa au petit matin, avant l’avion. De moins en moins d’invités. Je ne sais même plus de quoi on a parlé, ou plutôt écouté parler. Mais je ne me suis pas ennuyée et je suis allée féliciter Gabor de l’UNDP qui a montré tout du long de ces journées cœur et professionnalisme.

Melton a prévenu en arrivant qu’il avait bu…… que Fong était furieuse.. Ne répondait plus à ses appels. Pendant que Sarah faisait ses pâtes. J’ai passé ¼ d’heure avec Fong au téléphone « mais, Fong, c’est un homme….. » et en rigolant elle a accepté de lui parler. Je passe la voir demain. Et on dîne tous les 4 samedi je pense.

Puis il s’est lancé : « on peut aller droit au but ? » Sur ta question d’hier « j’aimerais qu’on parle du futur d’Alofa à Tuvalu »… en global, « Alofa has to go on in Tuvalu. I want to say that I was very happy to see you sitting there and of our intervention at the napa workshop. I’m very proud to be general secretary. »

In general he kept saying for the Future of Alofa, You do a lot, so much for our country… jusqu’à Copenhagen….

GiGi : « What I loved was the unity and togetherness ». Ensuite, j’ai précisé ma pensée « it seems that each 2 years I ask myself the question « Am I doing the right thing ? should I put my energy, time, money elsewhere ? When I came back with the plan small is beautiful, many told me they needed my motivation… I do need yours too.. »

Melmel : Dans le détail, oui y’a des gens qui essaient de crédibiliser, de mettre des bâtons dans les roues. Faut que je sois honnête. Souvent pour des raisons politiques (Nala) mais aussi parce que lui, elle (parlant d’Annie de Tango), moi… la plupart du temps des gens qui ne font rien, sont jaloux que vous fassiez avancer les choses…. They want the credit… You have the credit.

« je m’en fous du credit, if anyone can take ideas or knowledge it is the goal of our action here.. Take the credit… But tell me How can we do better… What do we do wrong ?

« I can be your mentor when you do things out of social rules, I’ll knock on the table.. Mais y’a des choses que je veux dire à Sarah, devant Sarah. »

Sarah, d’abord il parle « en général » en la regardant puis « je vais regarder Gilliane mais je te parle à toi aussi ».

J’ai saisi bien que ce soit dit en terme général et a priori pas dirigé qu’il fallait que je lâche un peu du mou dans mes moments d’émotion, à savoir que j’insiste moins (par exemple avec le tourisme me semble t’il), puis, direct : une des choses qu’on peut te reprocher c’est que Tu vas trop vite !

J’essaie de me corriger mais je suis workoholic.. Et si je m’arrête, si je passe à autre chose, I’m gone.. Comment je peux faire ?

Avant que j’oublie : Piggarep, Mafalu.. on va lui rentrer dedans. T’es contre ?

Ca l’a amusé. Non..

Episode sur sprep où il a envie de déposer à nouveau son dossier au second de solomone.

Pas au courant de tout était l’une de ses premières réclamations, le matin où rv fut pris… Pas revenu ce soir là mais l’ai mis au courant de la biodiversité et parlé des financements Ademe, total, et sur la région, piggarep un jour peut être..

Faut qu’alofa continue et prospère a t’il ajouté. Vous êtes complémentaires du département de l’environnement. Ils ont besoin de vous et on peut tous vous aider à trouver de l’argent.

Ayant de plus en plus de mal à contrôler ses yeux. « Faudrait que je rentre… Vous avez d’autres questions ? »

D’abord promets que tu ne va pas voir Fong dans cet état.. Et puis 2 questions oui : qui on met comme président (puisque Susie est d’accord pour être remplacée) ? Et là il est parti sur risasi dont il espérait qu’elle serait virée de l’hôtel car l’hôtel était mort… La politique etc etc et on a oublié la présidente..

Et toi si tu es fier d’être secrétaire général, tu peux pas nous représenter quand on n’est pas là, aux réunions de Tucan par exemple ?

Si…

J’en oublie un tas bien sûr, mais il a su me remotiver… un peu. Pas dans ses arguments car finalement y’avait peu de fonds et peu de réponse à mes questions mais par l’expression de sa volonté d’aider, consistant à conserver coûte que coûte sa dignité et les yeux ouverts.

Je suis descendue devant lui dans l’escalier pour être sûr qu’il ne tombe pas. Il marchait droit, mais l’escalier est raide et les marches petites. Je suis contente de l’avoir vu un peu pompette et tel qu’il est : gentil et honnête sur lui même, manquant d’assurance d’où le coté macho. Au début, il n’arrêtait pas de dévaloriser ce qu’ils font tous, les responsables de programme GEF, « nous on ne fait que des rapports, vous vous mettez en place… »

Une des meilleures nouvelles de la journée, et je ne l’attendais plus c’est, qu’alleluia, l’eau coule à nouveau au 1er étage… plus besoin de bassines… pour le moment. En rentrant d’un de mes déplacements de fin d’après-midi, j’ai tourné machinalement le robinet, un réflexe et là s’est produit le miracle… PWD était passé pendant mon absence, malheureusement Sarah a oublié de descendre pour voir ce qu’ils faisaient. Next time ☺



23 / 04 / 10 - 13 : 47

Earth Hour - Samedi 27/3-15h

Un autre truc qui me plombe le moral, c’est que je n’apprécie pas trop la façon, désormais tout à fait familière, dont je suis « traitée » par quelques uns. J’ai parlé de Melton*, de sa manière de me réveiller aux aurores parce qu’il a besoin de scotch double face. Hier, il me demande alors que je quittais la pré-dernière réception napa d’aller lui chercher un paquet de cigarettes d’un coup de bike, « chez nico, y’en a plus que chez lui ». J’ai appris ainsi le shortage de cigarettes après celui de la farine et c’est sans la moindre arrière pensée que j’aurais fait le voyage si le ton ne m’avait pas semblé ressembler à un « t’es assez bête pour en faire autant pour nous... ». D’un côté c’est que je fais vraiment partie de la famille mais mon ressenti de base n’étant pas si rose, je ne l’ai pas pris comme ça. Tout semble expected. Sans doute ma faute, comme avec des enfants qu’on rend capricieux. Ou un mec qu’on rend de plus en plus exigeant.*

Pas mal rayé de lignes ce matin… parmi les mails en retard, une réponse au mails de janvier et février de Marc Beaulieu, un ethnomusicologue, rencontré en 2006 et candidat idéal pour les activités « old songs » sur le festival. Il était en contact avec Alamai, la responsable culturelle, qui était tout à fait pour, mais (voir plus haut) n’a pas mis les pieds à Funafuti, ni donné signe de vie depuis début décembre.. Répondu aussi à ceux du mois de Mars de Stephen, notre contact juriste australien, rencontré à Copenhague qui suit l’histoire du patrimoine mondial et veut nous inviter en juin à un colloque litigation. A Jenny qui avait eu la courtoisie de m’envoyer son commentaire pour relecture. Un mot aussi au syndic de l’immeuble de la colline et un autre à l’ingénieur de Tec à qui j’avais promis le lien de la video earth day de l’an dernier.

Les petites cameras sont quasi prêtes pour le tournage de ce soir, appris à effacer des files sur la petite HD pour faire de la place, mis une bande neuve sur l’autre. Les batteries sont en cours de chargement. La mob, elle, est pleine.

Bien sûr je me suis battue avec la pompe à eau pour prendre une douche… Descendu les escaliers 3 fois… en laissant, en haut, un robinet ouvert au-dessus d’une bassine comme test. Après quelques tapes de plus en plus vigoureuses, la pompe repartait…. Pour une durée de plus en plus courte… la dernière fois, même pas le temps pour moi de remonter les marches. La fille d’Elega m’a proposé d’aller taper.. Caricatural.. mais cette comédie l’air de rien pourrit la vie et ne peut pas être acceptable quand nous serons à nouveau 2 et plus tard 4 ou 5 ! J’ai peur qu’il faille à nouveau changer la pompe défectueuse, payée par le proprio. La seule disponible sur l’île, dont les plombiers connaissent le problème. A Tuvalu, il n’y a pas de garantie. Willy et Seinati risquent de faire la grimace. Direction PWD dès lundi matin pour avoir leur opinion… ou peut être Henri qui a l’air de s’y connaître en électricité. J’ai l’impression que boîtier est scellé, c’est sans doute ça le vrai souci, on ne peut pas accéder…

La tuile du jour : alors que je venais de m’allonger avec l’idée de lire un peu, les paupières lourdes, sentant bien que je pourrai, oui, dormir un peu, le téléphone a sonné : c’était kaio pour m’annoncer que Sarah et lui étaient presqu’au port. Je les attendais demain !

En contrepartie, la bonne nouvelle c’est que Sarah peut aller filmer à ma place. C’est son rêve de faire des bouts de film. Mais comme pour le reste elle met les charrues avant les bœufs et achète 3 cameras avant d’avoir appris ou même de savoir ce qu’elle veut faire. En tout cas en 3 ans, elle a compris, elle, les 10’’ stables. Elle sait aussi éviter les mouvements, genre pano interminables… A priori si tout ça se termine par un montage de l’ensemble de ce qui aura été filmé et pas seulement le turn off power à envoyer cette nuit, y’aura de quoi faire, avec ou sans les plans « mouette ».

*Au sujet de melton, je n’ai pas relaté que pendant notre discussion sur earth day, il était le seul à insister sur le fait que l’hôpital soit coupé aussi… refusant de comprendre qu’ils avaient sans doute des frigos, peut être des gens sous oxygène ou autre appareil qui nécessite une alimentation électrique.. Que le port reste allumé comme l’an dernier me semble plus grave, ai-je tenté… Rien n’y a fait ! Il a décidé d’aller convaincre le directeur de l’hôpital.. Il est probable qu’il n’a pas fait le voyage mais c’est dire son entêtement…

Earth Hour 2010

Sarah a été OK pour filmer à ma place, avec Kaio…. Hmmm pas sur la mob à 2… Donc, nous sommes partis, sarah et moi sur la bike, Kaio sur le vélo, pour un dîner rapide à l’hôtel avant la réunion de 19h30.. Là, l’équipe Tafue, Tataua, Melton et Semese, munis des Talkies walkies de la croix rouge, s’affairait…. « qui doit filmer chez tec ? » me demande Tafue. « Taukiei, you said ». « He is drunk »… « OK Sarah will do it as she did last year »… Nos plans se trouvant modifiés, d’office, vue l’urgence, je me suis préposée à l’enregistrement de scènes de vie… Avant de partir sur la seule mob autorisée cette nuit, j’ai mis en mémoire Semese s’harnachant pour escalader la tour des telecom. Lui ai filé ma lampe frontale bien plus pratique que la torche qui pesait 5 kg.. Elle m’a manquée plus tard pour filmer (en particuler la foule sur le runway) mais elle lui était bien plus utile.. Il était tellement anxieux (quasiment tout l’après-midi m’a t’il dit) qu’il a profité que je cherchais un technicien de telecom, pour démarrer son escalade sans témoin… en quelques secondes il était à mi parcours… Aussi assuré, au cas où, l’extinction du building du gouvernement (tec avait du mal à éteindre, poireauté 20 mn n’osant pas couper pour immortaliser le moment solennel (pour eux)..

J’ai tenté d’expliquer à l’équipe que s’ils tenaient à expédier une séquence aussitôt, il fallait qu’elle soit la plus légère possible et donc la plus courte possible. Cette notion a eu du mal à entrer… Sem m’a répondu « oui tu m’as dit il faut rester au moins 6 secondes sur une image.. ». A Tafue « pour expédier, ils t’ont (les organisateurs) dit exactement comment faire ? » « Non, ils n’ont pas répondu à mon mail »… Ca m’a permis une stance sur ces organisations internationales qui te harcèlent quand ils veulent quelque chose et t’ignorent dès qu’ils ont obtenu ce qu’il le fallait, en oubliant de remercier… La télé des nations unies est la dernières en date.

Parmi les scènes sympathiques : Une famille en face de l’hôtel jouait avec un groupe d’enfants. Apercevant sans doute le rouge de la petite caméra derrière leurs vitres horizontales « ah c’est gilliane… », ils se sont mis à poser. « do as if I was not here ». Ils ont repris leur jeux en se tapant dans les mains en chantant. Un groupe d’adolescents jouaient aux cartes à la lumière de l’ordi portable qui diffusait leur musique préférée, les flics arrêtaient les quelques mobs qui tentaient une sortie. Au moment où je demandais aux flics s’ils avaient stoppé beaucoup de mobs, la lumière est revenue et la vie avec… Des gens aux balcons, devant leur pas de porte, à tous les coins de rue. Alors que je roulais à deux à l’heure prête à m’arrêter pour filmer ci ou ça, de 3 endroits différents j’ai entendu mon nom sans localiser d’où et surtout de qui ça venait : le premier était tetele, l’ancien du Fagogo, reparti à Nui.. la deuxième Patipati et le 3e le plombier.

Zoom à la tour pour voir où en était Sem.. Il descendait lentement… arrivé en bas, le sourire jusqu’aux oreilles : « ça fait du bien de marcher sur la terre ferme » Il était fier de lui et il y avait de quoi.. Il a disparu rapidement et s’en est excusé plus tard « j’avais envie de pisser »..

Retrouvé les autres garçons, toujours à jouer avec leurs talkies walkies pour commander le repas… Ils se prenaient tous tellement au sérieux avec leur « apha 2 a alpha 3 ». Tout ça pour un poulet au riz.

Sarah a pris notre bike, moi j’ai sauté sur celle de Tatua et on a retrouvé tout le monde auTake away, le resto crapoteux près de la maison, fermé à cette heure là mais ils nous ont passé les plats et, finalement les mecs ont mangé sur le « parking » du fusi et nous on a bu un coca...

Tataua a voulu qu’on regarde, lui et moi, les images de sem pour voir ce qu’on envoyait aux organisateurs…. Une fois sur sa tour Sem a oublié les consignes du 6’’ et sans zoom, en bougeant tout le temps (en plus y’avait du vent m’a t’il dit) : rien d’utilisable sur l’extinction… La bonne nouvelle c’est que Tatau a réalisé qu’à Funafuti où rien n’est illuminé, filmer de loin ne paie pas (évident l’an dernier à partir du patrouilleur dans le lagon)… Et, en pouffant il m’a raconté son propre déboire « Y’avait cette scène fantastique à l’hôpital (qui avait éteint les lumières mais conservé tout le reste alimenté) : un groupe de malades chantait ».. Tafue m’avait communiqué l’information reçue par talkies walkies bien sûr… Il n’arrêtait pas de se dire que c’était drôlement sombre dans son viseur… et même les bougies il ne les voyait pas… Il a fini par s’apercevoir à la fin de la chanson qu’il avait oublié d’enlever le capuchon de l’objectif… « pas grave je lui dis au moins t’as la chanson, on pourra l’utiliser en fond musical ».. « ah non, je n’ai pris que des petits morceaux… »

En rentrant, au cas où y’aurait rien d’autre, j’ai ressorti l’image d’extinction de l’an dernier du montage 2009 et tenté de digitaliser l’extinction filmée ce soir. J’ai pu sans problème logger les séquences mais impossible de les capturer à partir de la petite Sony.. pas paramétrée pour. La « grande », que j’utilise habituellement et que je devais tester pour numériser les enregistrements de l’année, n’a rien voulu savoir Ou plutôt si, elle faisait tout comme, la bande avançait, reculait, mais ce qui se digitalisait était ma propre image filmée par la wabcam du mac ! Donc ce plan là ne sera pas pour ce soir mais j’utiliserai la cam du service social.

Long blablabla avec Sarah où comme avant son départ, j’avais vraiment envie de la laisser parler toute seule tellement si on ne dit pas exactement comme elle, elle se fait fort de nous convaincre du bien fondé de ses connaissances et opinions contraires. Mais ce fut plutôt sympa même s’il est de plus en plus clair qu’elle n’a, malgré ses dires, aucune notion de l’organisation du travail. Quand je lui dis que puisqu’elle était revenue, elle pouvait suivre et répondre au dernier mail de son fournisseur favori, le britannique, avec qui j’ai correspondu en son absence, elle a répondu « si tu veux, mais je me disais que j’allais repartir un peu plus tôt que prévu, que j’irai les voir pour m’assurer de tout ». Ce qu’elle aurait dû faire avant de partir puisque nous avions décidé qu’elle ne ferait le voyage que si le matos était en route… « euh, tu ne partiras pas d’ici tant qu’on n’a pas une estimation du coût du transport et qu’on puise soumettre une facture pro forma au GEF… Et je te donnerai les coordonnées de nos contacts à Fiji. Ils peuvent aider et donner des pistes à ton fournisseur. »

Blabla sur mes troubles quant à la viabilité du projet, surtout après qu’elle m’a dit que le conseil des vieux, contre toute la population et le kaupule, avait, y’a quelques mois, voté contre la mise en place d’enclos à cochons, préférant les laisser gambader sur l’île. (A raison d’une douzaine de cochons par maisonnée/famille, ça fait du monde !) Elle ne voit pas du tout où est le problème et évidemment je ne suis pas assez spécifique et ne mets pas encore les points sur les i.

Endormie à 3h sur le bouquin d’Obama sans parvenir à pousser jusqu’au bout des 30 pages qui restaient.. Ce dimanche, réveillée à 9 heures par les voix du lagoon. Un peu courte la nuit mais l’interruption intervenant dans un cycle, ça le fait. Sarah elle s’est réveillée à 11h. A 11h30 elle a demandé, en préparant son petit déjeuner après deux épisodes infructueux avec la pompe à eau, si on allait déjeuner à l’hôtel. Tandis que je faisais les dernières corrections au contrat de Sandrine, elle s’est recouchée. 12h30 : elle dort. 13h30 : elle se dirige vers l’hôtel. 15h30, elle en revient après avoir regardé un match de rugby. 16h30 : elle dort. Il est maintenant bientôt 18h. J’ai pas tout rayé de ma liste, ce serait trop beau, mais j’en suis pas loin (Sandrine et contrats, annie wheeler et workshop de fin avril, Chris réponse du mois, Fanny réponse de la semaine, blog des derniers jours et démarré sur rapport ambassade US). J’ai mérité une douche tiède chez John. Après 2 ou 3 mails perso et pré press release earth hour.

L’histoire du press release et les responsables désignés de la communication.
Contente d’avoir pu leur envoyer ce soir là à tous un premier draft de press release, j’ai été douchée le matin par un mail de Tataua me disant en substance que Tafue et Melton avaient été désignés, à ce meeting où je n’avais pas été conviée, responsables de la communication. Je lisais entre ces lignes que je n’avais pas à me mêler de ça. « Désolée, n’en tenez pas compte ou utilisez le draft comme vous l’entendez. »
Dans le même temps, Semese, Taukiei, et d’autres me renvoyaient leurs suggestions de corrections ou leur OK…
Aperçu Tataua le jour même à l’hôtel. « Désolée… Juste dis moi quand tu as besoin de moi ». « Euh, on attend la réponse de Tafue et on corrige »… Dans la foulée, un peu remontée, un saut chez Melton « faut qu’on se voit pour parler de l’avenir d’Alofa »… « Mardi soir ? » « OK »… Au retour, je croise Tafue « j’ai pas eu le temps de lire… ». Depuis je me tiens à distance, heureuse de pouvoir occuper mon temps à autre chose, attendant qu’ils se réveillent..
Update : Alors que la nuit précédente, je m’interrogeais : avaient ils après la montée d’adrénaline et l’urgence d’envoyer en quasi direct leurs images, décidé de laisser tout tomber ?… le matin du lundi de Pâques, surprise, un message de Tataua me demandait si j’avais corrigé et quand on pouvait envoyer mes séquences de l’extinction …

23 / 04 / 10 - 13 : 45

NAPA Fin- Vendredi 22h22 Comment ça va me demandais-je à moi même puisque je suis toute seule ?

Pas pire. En fait, il est clair que je trimballe avec moi depuis l’arrivée mes questionnements d’avant le départ, comme il y a 2 ou 3 ans : est ce que ça sert à quelque chose tout ça, sommes nous vraiment les bienvenus, sommes nous vraiment soutenus ici ? suis-je heureuse de le faire ? Donc quand on me lève du mauvais pied, je ne vois que les trucs que je veux voir, les négatifs. Ceux qui me feront pencher du côté « j’abandonne ».

L’atelier NAPA (National Adaptation Plan) s’est finalement terminé (enfin c’est ce que je croyais) en fin d’aprem, avec une vraie journée de retard. Je comprends mal comment ils ont pu imaginer un seul instant être capables d’analyser autant de données et obtenir l’assentiment des participants sur 50 pages en deux jours et sans avoir fait passer les documents avant.

Une de mes contrariétés de la première journée de l’atelier, c’est que personne du Ministère des Home Affairs ne soit présent. Ca commençait à faire beaucoup d’absence importante, la première étant le festival culturel des King Tides.. (Rencontré Alamai de retour de Vaitupu après 2 mois « ca y est t’as fini de te cacher ? » lui ai je demandé en plaisantant…) En fait ce ministère me semble ne rien faire et son ministre, proprio et a priori ami, toujours en voyage, pas beaucoup plus. Depuis il a été représenté par Lopati qui a fait une présentation assez pathétique des activités (ou du manque d’activités) des kaupule, puis par, comme je le disais hier, le jeune buveur de notre gin qui n’a pas dit un mot et aujourd’hui, près de moi, une Saini, qui représentait l’assemblée des femmes. Sympathique.

SEVE PAENIU*, émigré au Sprep depuis que le gouvernement l’a ousté de son poste de Haut Commissaire à Fidji, dirigeait la présentation au galop. Sautant des pages et demandant à GABOR, undp Thailande, de reprendre les docs sur le champ, prévenant à l’avance aujourd’hui « il nous reste 10 pages et 10 minutes… » A la limite de l’absurde. *En 2004, Seve fut celui qui m’a le plus prévenue « on est avec toi mais on a besoin de ta motivation ».

Est ce que j’ai appris des choses ces derniers 3 jours, certainement. Mais ce qui m’est apparu clairement c’est que même si je devenais experte es-langage institutionnel et dans ce cas GEF-jargon, ça ne m’amuserait pas de formater nos projets dans ces mots. Après tant d’années, je demeure hermétique à leur vocabulaire. On perd le fil du projet et de ses objectifs tellement c’est décortiqué et phrasé comme pour rendre opaque. Ca me conforte dans l’envie d’arrêter si on ne trouve pas quelqu’un qui s’intéresse à ça et ne fasse que ça.

C’était indispensable que je sois assise avec tout le monde. Ce fut une reconnaissance certaine par tous les participants et l’undp du rôle d’Alofa. Je ne nous ai placés que dans les soutiens techniques en communication, j’ai hésité sur les poissons, mais s’ils n’y avaient pas pensé eux-mêmes… J’avais ouvert ma gueule à plusieurs reprises déjà aujourd’hui, plus que la plupart des participants. Sans doute ferais-je un rajout dans la version finale qu’ils doivent nous faire parvenir.. si je la reçois.

Gabor a fait quelques interviews sur son portable, il a poursuivi Fong et moi pour nous avoir ensemble… Notre point de vue des effets du climat ici.. des programmes d’adaptation… Là j’ai avoué que, plus radicale que Fong (qui parlait du programme japonais sensé recréer du sable à partir du corail mangé par le starfish….et inclus now dans le NAPA), j’attendais NAPA II ou NAPA III pour commencer à étudier les solutions sérieuses à long terme.

Après le pot de fin d’aprem (le Nième avec nourriture bien sûr que j’ai décidé d’ignorer), tous, ou presque, s’apprêtaient à se retrouver au Mataligali où la communauté de Nukufetau organisait un fund raising. Ce sera sans moi.

Parmi les douceurs de la journée :
Oyda, une adhérente des débuts, de retour d’un séjour overseas : « qui t’aide ici ? Si t’as besoin de n’importe quoi, tu me demandes. »

Une femme du ministère des finances, jamais rencontrée, qui participait a l’atelier NAPA : je voulais te remercier pour la video des funérailles de mon père, celle que tu as donnée à Eti et ma mère… en 2006 ou 2007. Je n’étais pas là et ça nous touche d’avoir des copies.

Emma de UNDP qui a renouvelé sa volonté d’aider à y voir clair dans nos cacas piggarep.
Et Gabor qui a insisté pour faire un tour de l’Alofa Bike en nous congratulant pour ce qu’on fait, même s’il n’a eu qu’un aperçu succinct et n’en retiendra que la bike.

Lama* qui se trouvait chez Grace quand je suis passée pour mon problème de phare, l’a réglé sans même regarder la mob. Un de ses collègues commençait à démonter le parephare.. « et le switch ? », moi fanfaronne, « oui il me semble que ça peut venir du swiitch puisque les 2 phares sont nazes ».. Il parlait d’un autre switch, que je n’avais jamais utilisé mais que sans doute les enfants avaient touché. Et hop, la lumière fut.

Ca me rassure pour demain soir Earth Hour mais je ne suis quand même toujours pas très fière de devoir affronter seule les meutes de chiens errants que j’entends hurler le soir (en tout cas hier soir). S’ils ont fait un ramassage des chiens y’a pas longtemps, dans les cages on a vu quelques chiens à colliers et quelqu’un, peut être sarah, m’a dit que bien sûr ils n’avaient pas envie d’attraper les chiens les plus agressifs qui continuent donc à traîner dans les rues). *Lama… le nom s’était posé sur les lèvres de Jenny, elle l’avait interviewé, le fils de Kamuta… Ca ne me disait pas grand chose mais un peu. Quand j’ai acheté les bouteilles de vin pour Nanumea, mises dans le paquet bateau pour sarah, c’est aussi lui qu’il fallait que je voie pour un reçu. J’ai pensé que ce pouvait être le mécanicien que je voyais les années précédentes. Il m’a semble l’apercevoir sur une mob un jour mais la personne à côté de moi à qui j’ai posé la question m’a dit que ce n’était pas lui. En fait si, je ne lui ai pas directement posé la question à lui, à mon long time no see, il a répondu qu’il était overseas. Pensait il à émigrer ? Sourire… « Ton pays a besoin de toi.. ». En tout cas merci pour la lumière… Update : finalement ce n’était pas Lama que j’ai rencontré plus tard (et qui avait participé à l’atelier biomass de sarah en2003) et à qui, bien sûr, j’ai tenu le même discours.

Dernière gâterie de la journée : Henri , l’homme de la maintenance de l’hôtel, est passé voir la situation de mon néon et l’a réglée. Et la lumière fut une seconde fois aujourd’hui. Il en a profité pour jeter un œil sur les 2 néons du rez de chaussée qui ont rendu l’âme y’a longtemps et reviendra poser 2 longues consos à la place.

Parmi les (rares) contrariétés, d’ailleurs je n’en retiens qu’une : Qu’Eliala tienne une réunion biodiv, à deux pas du dernier pot GEF avec sem et les fisheries, sans m’avoir conviée alors que je me tape toutes ses autres réunions.. Le matin, elle m’avait donné le programme pour ses ateliers de fin avril où elle nous laisse effectivement une journée complète pour que Sandrine présente le programme de la mission et qu’Annie Wheeler restitue les findings de ses missions « cetaces » et nous donne aussi le cas échéant, les photos de poissons qu’elle disait avoir.

Update du soir : j’allais envoyer ces lignes à Fanny quand dans ma boite y’avait un message de Eliala à une série de gens… à la recherche de financement pour les bouquins biodiversité y inclus le nôtre ou elle dit texto « je mets gilliane et semese en copie car ils travaillent ensemble sur un livre sur les poissons.. ». J’imagine qu’ils en ont parlé à leur réunion de fin d’aprem et que tout est OK avec sem… (que j’avais inclus bien sûr, ainsi que Tupu dans la micro présentation du projet à Napa…. En leur demandant à la fin si j’avais oublié quelque chose…)

That’s it for today. Ah mince, j’ai oublié Cat j’avais promis de passer la voir sur le chemin du retour. A la place j’ai passé quelques minutes à donner quelques notions de video à Fong qui veut faire un clip d’une chanson gospel qu’elle interprète avec 4 autres personnes.

23 / 04 / 10 - 13 : 42

jeudi 25 mars 2010

Je me sens triste depuis plusieurs jours… pour ne pas dire depuis mon arrivée. Tout me frustre. Je n’ai plus envie de faire des efforts de diplomatie, plus non plus la patience des années précédentes. Tout est tellement lent, chaotique, tellement un peu n’importe quoi que je ne vois plus comment faire avancer les choses.

Toujours pas fait la task force communication. Pas envie. Ni celle de la stratégie. Pas envie non plus. Le facteur manque de temps y est pour quelque chose aussi bien sûr.

Depuis 48 h nous sommes en workshop sur le plan d’adaptation national. Certes je peux constater que mes petites phrases ont porté mais le nombre de stupidités, comme la multiplication des réservoirs d’eau… dans tous les plans financés par GEF… et sur laquelle personne ne voulait m’entendre à l’atelier sur le même thème l’an dernier. Stupidité qui fait son retour dans l’énoncé devant public de tous les plans en cours… Des comme ça en mon absence, y’en a tous les jours j’en suis certaine. On fait deux pas en avant et trois en arrière. Je devrais être contente qu’ils nous intègrent dans le plan d’adaptation mais je n’y parviens pas. Je devrais l’être aussi que le programme biodiversité national consacre une journée complète fin avril à ce que nous voulons faire, avec Sandrine et Annie de NZ Aid.. Je devrais être contente que UNDP me propose ce soir de parler à Mafalu du problème Piggarep. (j’ai refusé préférant tenter une dernière fois quand Sarah revient de percer l’abcès directement)… Je devrais… mais y’a trop de trucs négatifs par ailleurs.

Pendant de l’UNDP : le trou du cul qui a détourné notre argent Piggarep. Nous nous sommes accrochés à l’heure du déjeuner quand il affirmait que dans le plan 100% fossil fuel free y’aurait que du solaire… « tu connais mon point de vue, ce ne peut être qu’une combinaison de technologies… et il faudra du biodiesel »… Là il attaque « montre nous d’abord que ça marche ».. « Ah bon tu ne l’as pas vu l’an dernier ».. « Oui à petite échelle »…. « la machine d’Amatuku peut remplacer tous tes panneaux solaires sur la plupart des îles.. mais ce n’est pas l’objectif »… Il s’est fait ensuite gentiment rembarrer par la fille de l’UNDP qui lui a demandé ce qu’il faisait avec les voitures, le gaz etc… « oh on ne parle que d’électricité ».. « Si tout le reste demeure diesel ou essence, le pays ne sera pas 100% fossil fuel free… »… Il était très inquiet de la présentation qu’on m’avait demandé de faire pour le début de l’après-midi. Il ne pouvait être présent et ça l’emmerdait de ne pas pouvoir m’agresser… « tu vas présenter quoi ? ». « Un tour général mais plutôt l’inventaire biodiversité marine ». Lui à la fille de l’UNDP « y’a pas d’énergies renouvelables dans votre plan ? » « Non ça c’est de la mitigation, le plan se consacre à l’adaptation. ». En fait il est jaloux comme un pou de tout ce qu’on peut faire et récupère jusqu’à nos phrases, celle du plan small is beautiful, celles de nos workplan pour piggarep.. Je disais à John l’autre jour que je savais bien que, plus Tuvalu est dans la lumière, plus ils seront nombreux, les requins, à récupérer notre travail. Que dans la prod, j’avais réussi à me défrustrer quand on me piquait mes idées : « au moins, j’en ai plus qu’eux, des idées ». Ici, ces jours-ci j’ai un peu plus de mal.

Impression depuis que je suis là, 2 mois presque, que tout ce que nous avons planté au fil de ces années me boomerangue au visage, du PM qui ne veut plus d’études alors que pour l’île artificielle il est impossible de faire l’impasse … à ce matin la réunion TuCAN pour Earth Hour de samedi…
Dans la mesure où j’ai donné des clés l’an dernier, je ne peux plus me faire entendre… J’avais prévenu qu’il me semblait que tourner dans le noir sans caméra infrarouge, n’avait pas de sens et qu’on avait qu’à utiliser le film de l’an dernier… que personne n’a vu… Sauf la poignée concernée et qui a adoré…
J’ai appris qu’ils s’étaient réunis au sujet du film de cette année et que Tataua avait été chargé de la production. 4 caméras. Ils avaient bien sûr pensé depuis qu’ils l’ont vu au festival des king tides, à demander à Halo, notre stagiaire… mais n’était pas allé jusqu’à la contacter… Ce qui m’épate c’est qu’il ne leur est pas venu à l’esprit de demander à Solomona et Patsy qui avaient vraiment bien assuré l’an dernier. Question de jalousie sans doute (Melton n’en est pas exempt… nous faisons aussi il me semble partie de ses cibles même s’il est notre secrétaire général. Non seulement il ne se présente jamais comme tel mais il ne fait rien que ce qu’un sec gen devrait faire. En plus il était le seul à s’être opposé à notre dossier repro biogaz… Mais bon a priori on est potes. )

Pour earth day video, j’ai tenté à nouveau d’expliquer mon point de vue, tenté aussi de me mettre en retrait pour ne pas avoir à faire et puis j’ai fini par baisser les bras et… aidé… Ils sont tous plus bretons que moi.. Je vais filmer ce que je peux (eux s’occupent de filmer la coupure : Semese du haut de la tour pour laquelle nous n’avions pas eu l’autorisation l’an dernier -surtout il fallait payer un technicien de telecom, personne ne s’en souvenait- melton de son bateau… Obtenu quand même de ne pas passer, comme l’an dernier, une heure dans le bateau à attendre que ça s’éteigne… Taukiei, de tango, est préposé à Tec puisque Sarah ne sera pas de retour pour faire comme l’an dernier).
Dans la mesure où cette année, le gouvernement a accepté d’imposer une heure sans véhicule essence, c’est bibi qui se tapera de faire le tour de l’île sur la mob electrique* pour attraper des scènes… J’essaierai aussi d’expédier dans la foulée alors que je n’y connais rien (c’est la spécialité de Fanny) l’image de quelques secondes ou l’on voit la lumière s’éteindre sur l’immeuble du gouvernement, clone de l’an dernier… Tafue, le président de Tucan, le pasteur réformiste, l’interlocuteur cette année de l’équipe earthhour, s’est engagé à faire tout ce qu’on leur demandait… Comment peut-il, peuvent ils constamment accepter de se mettre (et donc ici de me mettre) ces contraintes absurdes simplement parce qu’une organisation importante leur demande, ignorant les conditions de vie et bien sûr sans payer quoi ni qui que ce soit..

Même chose avec l’année de la biodiv, la journée de l’environnement, et tous les autres jours qu’ils se laissent imposer. Aujourd’hui, en rêvassant pendant la workshop, je me posais à nouveau la question de « mais quand ont ils le temps de faire leur travail ? ». La plupart des participants sont les mêmes pour tous ces jours imposés. Si je n’arrive pas à faire quoi que ce soit dans la journée, j’en fais un peu le soir. Eux je ne pense pas, sauf peut-être Tataua et quelques autres exceptions. Le problème majeur bien sûr est qu’ils sont peu nombreux, habitants, fonctionnaires, mains, actifs. Ils ne peuvent pas se cloner … Mais pourquoi alors se prêter tant aux jeux des institutions de la région et des autres ?…

Dans le genre trou du cul que je ne lâcherai pas, le jeune fonctionnaire des Home affairs qui nous doit la bouteille de gin que Fanny à son arrivée avait oubliée dans la camionnette… et qu’ils ont bue, son pote et lui sur le champ. Nous ne connaissions ni l’un ni l’autre.. Depuis on harcèle celui dont j’ai déniché le bureau. Harceler s’entend à la tuvaluenne, depuis le départ de Fanny j’ai passé la tête une fois sur le chemin du bureau de Betty… Le gin sera remplacé par du rhum, moins cher, avait-il prévenu. Aujourd’hui, l’atmosphère s’est détendue… J’ai juste dit « alors » avec un sourire et il a répondu « j’ai pas été payé cette semaine »… Encore une tentative et ça devrait le faire… Mais ça ne m’amuse pas. Ca fait même partie des choses qui me chagrinent. Comme la volonté de Leota, poussé par son ingénieur Utala, de remplacer l’actuel responsable du biogaz, par Utala que nous avions dû virer après 2 ans sans résultats et que des problèmes. Leota l’a promu responsable du biodiesel et il s’en est bien tiré l’an dernier, mais depuis rien n’a avancé. Alors que le biogaz a priori (re)produit du gaz maintenant. BBQ la semaine prochaine sans doute. TMTI est dans une mauvaise passe. 2 des bâtiments dont la rénovation est couverte par un soft prêt d’ADB, ne sont toujours pas terminés (la faute en partie à l’entrepreneur de Fiji mais aussi beaucoup à l’indolence ambiante.). Du coup ADB interrompt les paiements. John et surtout Alain (un belge) d’ADB avait laissé entrevoir cette solution ultime si le gouvernement ne mettait pas la main au pot pour payer à une autre entreprise les derniers travaux (coût 50000 $). L’école est un des pivots de l’économie tuvaluenne. S’ils ne font pas l’effort, tout un pan de la société va souffrir. A commencer par le personnel de l’école. Et les familles élargies des apprentis marins qui ramènent les meilleures payes du pays, exemptées d’impôts, quand ils partent sur un cargo.

*autre emmerdement à régler vite : les phares de la mob ne fonctionnent plus… Et je me vois mal circuler sans lumière, étant donné l’état des routes (la chute dans le gros trou, j’veux pas refaire), le mode de vie des chiens, chats, enfants sur le basalte. Je me dis que ce ne sont peut être pas les ampoules mais un court circuit dans le switch de la poignée. J’espère que le mécanicien de chez Grace saura réparer.

Et je ne parle pas de la pompe à eau qui, tapotée, dure la moitié du temps d’une douche courte ni du néon de ma chambre qui refuse de s’allumer malgré les tapes sur le régulateur…

Quoi d’autres parmi les choses pas drôles ?

Ah oui… J’en oublie, mais celle-ci c’est la dernière de la soirée : je m’étais engagée à aider Tataua dont l’imprimante ne marche plus à imprimer des stickers à coller sur la douzaine d’affichettes reçues de Fiji pour Earthour et qu’il voulait déposer ce soir. Il me semblait avoir des feuilles adhésives imprimables. A la fin de la workshop et avant le pot de fin (pour ce genre de trucs les tuvaluens sont toujours en avance, ça ne se termine que demain et encore la fin était même prévue à leur retour de Vaitupu lundi. Finalement ils ne font pas le voyage,) j’ai cherché Tataua pour avoir le texte en tuvaluen… Il avait une nouvelle urgence et décision fut prise qu’on se voyait vers huit heures. Alors que j’allais quitter le pot de fin où je m’emmerdais comme une souris morte, il est arrivé et s’est installé à la table où Sem et d’autres venaient de se poser. Avant de partir j’ai récupéré son texte, bien trop long à mon sens pour ne recouvrir que ce qu’il fallait recouvrir, mais ce n’est pas grave ici. C’est là que ça s’est corsé. Formaté le texte sur word pour en imprimer 4 par pages. Tout était impeccable sauf que word et l’imprimante sont devenus incompatibles et le « print » jette word. Impossible de copier en pdf non plus puisque c’est la fonction imprimer qui le permet.
Textedit a été mon recours depuis que ce phénomène est apparu. Et là, impossible de trouver une fonction pour réduire les marges…. … En plus textedit imprime en bien plus petit que l’affichage. Il faut doubler à chaque fois la taille des lettres… Le tout m’a pris plus d’une heure. La bonne nouvelle c’est que c’est imprimé et livré.

23 / 04 / 10 - 13 : 41

EARTH HOUR 2010 : TUVALU STRIKES AGAIN !

In 2009, Tuvalu, the tiniest nation on earth, was the only country to cut off the power from the source. In 2010, the Earth Hour committee, composed of members of TuCAN achieved even more than powering down the 9 islands of the archipelago : the Governement decided to limit road traffic to non fossil fuel vehicles as well.

48 hours prior to Earth Hour, placards were posted on the capital islands and radio announcements informed the population on all islands.

On March 27th, At 7h30pm the committee members met for last preparations. Were present : Tafue Lusama, president of Tuvalu Climate action network, Tataua Pese (Red cross), Semese Alefaio and Taukiei Kitara (Tango), Melton Taueia (SNC, Island Care), Apinelu Tili (island townhall), Fatoga Talama (tuvalu electricity corporation), Gilliane Le Gallic and sarah hemstock (Alofa Tuvalu).

Semese harnessed himself to climb to the top of the telecom tower to catch a view of the turning off and on lights, while other members went around to film whatever could be seen in the dark.

The hospital personal turned off the light but for the safety of patients, the building was not cut off as last year. Patients took the opportunity to organize a choir. The police went around stopping the few bikers who had not been informed, while a telecom team was on site to check the climbing of their tower. Tuvalu Electricity Corporation’s personnel were on duty as well to insure smooth cutting off operations.

This year as previous years, people dealt with the lack of electricity in a variety of ways : candles, torch lights, computers on battery, but many of them were enjoying the moon outside their home and many met on the runway.

Over 600 kg of carbon dioxide were saved on electricity and this does not include the saving from stopped vehicles.

Tuvalu Earthour 2009 on Youtube "clic here"

13 / 04 / 10 - 11 : 46

Mardi 23 mars :

La journée a commencé en fanfare avec des « gigi » sonores sous mes fenêtres. Il était 7 heures. J’ai cru à une nouvelle alerte Tsunami, non. C’était juste Melton. il avait besoin de scotch double face pour la présentation de Mataio. Même pas demandé laquelle. Ce soir, je me dis que la présentation de Mataio avait à voir avec la pré-inception workshop (en interne) pour le NAPA qui démarrait cet aprèm. Petesa m’a donné à midi l’invit qu’elle devait me remettre depuis plusieurs jours… j’ai compris que nous étions supposés démarrer demain (en externe) et ce pour 4 jours ! 



L’urgence, l’événement du jour, c’était bien sûr la visite du président Taiwanais. Filmé un peu sans m’installer nulle part, pressée que j’étais.

Au tournage du Quizz, Cat a paru affolée quand je suggérais qu’il serait bien de rembourser le taxi de Halo, notre apprentie video, (que j’ai failli ne pas trouver ce matin. Ni elle ni Betty n’était dans le bureau et j’ai bien cru que le petit tournage prévu l’aprem était à l’eau.. Finalement miracle entre quelques images du président taiwanais et sa suite, un saut à l’hôtel pour voir si nos fours y étaient toujours, au guichet, fermé, des bateaux, au bureau des transports, le mec vraiment sympa des Home affairs me cherchait : il avait trouvé Betty et qui a bien sur trouvé Halo). Presque à l’heure au rendez vous et de toute facon bien avant l’événement lui même qui a commencé après 14h.. J’ai quand même loupé le couple allemand-autrichien qui m’avait indiqué qu’ils avaient vu des erreurs dans la version allemande de la BD.

La réaction de trouille de Cat que son boss ne puisse pas rembourser 5 dollars en a provoqué une autre de ma part qui a fait que sans m’en parler, Cat est allé vérifier auprès de son boss, et a dit à Halo qu’elle serait payée 50 $,. …. On est passé de non pour 5$ a plus de 100 si on compte le parfum promis par moi… Halo doit se demander pourquoi cette manne qui lui tombe sur la tête, pour 2 heures de tournage !

Y’a eu ça et ensuite, alors que tout le panel (les têtes de PWD et des projets de Cat et Loia, la sono, les panels des mômes)… sirotaient leur boisson… J’ai demandé une bouteille d’eau, j’avais une soif d’enfer…. « la fille qui fait les sirops n’est pas arrivée »… Ca commençait à bien faire dans le genre faut tout faire à l’œil, sans aucune considération alors que ces projets ont beaucoup de pognon .

Pour couronner l’après-midi, Cat qui ne se sentait pas trop bien a voulu s’assurer qu’au moins nous pourrions manger quelque chose à la fin. Manque de bol, les enfants ont tout bouffé le temps que Halo et moi rangions le matos…. J’ai dit pas contente que je ne ferai plus gratos pour ce genre de projets. Facile à dire.

28 / 03 / 10 - 18 : 35

Lundi 22 Mars :

Levée aux presque aurores pour apprendre vers 8h alors que je m’enquérais, ne voyant aucun bateau au port, que le départ était reporté au mercredi.

Partout dans la ville (le village, le bourg) les communautés s’affairaient. On leur avait assigné un espace géographique…. Me rendant chez Nala pour essayer d’aider les brésiliens à obtenir quelques mots d’Apsai, j’ai croisé ceux de Vaitupu. Y’avait entre autres : Jim de l’énergie, Steve de chez Alpha, et Tafue… Je n’ai jamais vu autant de camions procéder au ramassage des ordures et des débris de jardins. Bien sûr, les rives et la péninsule n’étant pas sur l’itinéraire du président sont restées aussi dégueulasses. Mais bon les journées de l’environnement arrivent !

28 / 03 / 10 - 18 : 32

Visite présidentielle taiwanaise - Dimanche 21 mars 2010

Bientôt 3 heures. Sérénité. Des voix d’enfants au loin dans le lagon, le linge sèche au soleil (après lessive chez John et blabla d’une heure pendant que ça tournait ce matin). Aperçu un des 2 échassiers de l’an dernier. A propos d’oiseaux, je n’ai jamais tant vu de frégates, l’autre jour un flock de plus de 20.

Terminé mon message à Jim Mason. Je vais relire une fois encore la proposition Ademe Com avant de la réexpédier à Fanny. Peut être aussi skyper Chris à qui je dois un tas de réponses/acknowledgements. Et dire à Leota/Utala au risque de me les mettre (ou en tout cas de remettre Utala) à dos ce que je pense de leur demande de changer le responsable du biogaz pour remettre Utala en place. Je préfèrerais vraiment qu’ils soient investis à assure que le gaz produit aujourd’hui ne pourrisse pas… J’ai aussi repensé en en parlant avec John qu’il avait fallu relancer Leota pour avoir une réponse à la question de Gilles sur le bouton orange. Alors que c’est la responsabilité d’Utala… Comment peut il prétendre à une autre responsabilité, où il avait été jugé inapte quand il nous montre qu’il ne suit pas ce dont il est chargé.

La mauvaise nouvelle du jour : plus d’eau à l’étage. Encore un tour de la pompe ! Elega a immédiatement monté des seaux mais c’est vraiment chiant. D’autant que demain est férié.

Demain matin faut absolument que remette les médicament de Sarah au capitaine du bateau qui se rend à Nanumea. Lever ? 7h ? Appris que ce lundi était déclaré férié pour grand nettoyage de printemps à l’occasion de la visite (de 4 heures) du Président Taiwanais.


28 / 03 / 10 - 18 : 31

Samedi 20 mars

Saturday youkee est terminé, enfin pas tout à fait . Après un pastis avant le dîner, avec l’équipe de la TV brésilienne*, et une autre réjouissance après la soupe de nouilles au poulet**. Je me prépare pour la première fois du séjour à regarder une comédie, pioché panda kunfu ou l’inverse (la seule comédie que chris avait en stock a L.A.et qu’il recommandait).

J’avais ouvert cette page pour noter le phénomène qui m’a frappé ce soir en attrapant machinalement ma tenue de nuit dans la salle de bain, elle était encore trempée, autant sinon plus que les autres 3 tenues de la journée.. La première des ruissellements de la peau tout l’après midi à trimer sur mes dossiers… La deuxième, en rentrant de chez Kalisi avec une noix de coco pour l’apéro, tombait du ciel. Douchée en 10’’. Et un peu plus tard quand nous prenions notre pastis, il a plu allez 5’’… Ca a suffi… additionné à la torpeur ambiante… tout est à tordre. J’aurais dû profiter du soleil tant qu’il y en avait pour faire sécher.

(*avant de montrer la séquence king tides 2006 dont ils vont probablement acheter 1mn, ils voulait absolument acheter des tshirts.. expliqué qu’on en avait très, peut-être un ou deux. Ils en ont finalement acheté 2. Ils sont repartis avec les portables de Melton qui a rappelé dans la seconde en voyant que j’essayais de le joindre, et toujours de Tafue qui avait dit OK aussi. L’interview avec Eliala s’était bien passée et ils avaient pu voir aussi Semese et Lee qui les emmènent sur un ilot demain matin)

** Innové ce soir : plutôt qu’une soupe aux pâtes chinoises à agrémenter de 4 petits sachets, poudres et sauces, à 60 cents, j’ai puisé dans le stock de sachets de soupes rapides expédiées, entre autres goodies, dans un basket remis au pilote, il y a une paire d’années par Leonie. Faut écouler le stock. Le bouillon de poule ne faisait plus qu’un tas mais ça s’est dilué assez rapidement. Juste mangeable, les autres sont mieux)……

Aujourd’hui : répondu au dernier mail pas content de Sandrine. Maintenant tout va bien sauf qu’elle a la dengue… Entre sa dengue et l’elephantitis de Sarah on est bien !

Rayé plein de lignes en répondant par exemples à Biotech en Inde et Methanogen en GB, pour avancer sur l’expédition du matériel biogaz. Répondu à Jenny qui s’inquiétait du cyclone, pas terminé le mot à Jim Mason le concepteur du GEK, gasifier. Quasi fini la proposition Ademe Com 2010. Enregistrer mes mails envoyés ces derniers 15 jours était aussi sur la liste. Mais là, tout de suite, j’arrête.


28 / 03 / 10 - 18 : 29

Vendredi 19 mars

Je rentre d'une "fonction" avec Fatale Nui/Numea pour célébrer le départ du GG demain matin par bateau spécial, renvoyée dans son ile à 65 ans. ... (Nanumea où Sarah est malade, comme en 2005, piqûre d'insectes, jambe gonflée me dit Kaio qui m'a appelée pour que je cherche ses antibio dans les multiples sacs plastique plein de médocs... J'ai eu du mal à trouver le truc en question, en revanche encore dans son emballage, un détecteur de fumée ou d'incendie (?????))

Croisé les Brésiliens qui filment toutes nos conversations (un peu comme moi quoi). J'avais raconté le film, Alofa, les BD, les actions ce matin alors qu’ils sortaient du lagon ruisselants. On devait se rencontrer ce soir pour qu'ils puissent noter les noms que je leur donnais)... Arrivée à l'hôtel pour les rencontrer 1/2h avant la réunion Année de la Biodiversité (où Eliala a les yeux plus grands que le ventre et fait une quinzaine mais avec des trucs tous les jours). Dehors, y'avait ni chaises ni tables because fin de cyclone. Ils ont demandé une table qu’ils voulaient poser sur le corail de l’autre côté du muret... Là ils m'ont dit qu'ils voulaient filmer avec intro etc... Euh, c’était pas prévu… Tables et chaises y'en avait sur la scène faisant toutes face au lagon..... Ils ont finalement choisi la simplicité et on a blablaté une heure sous l'auvent....

Je ne sais pas depuis combien de temps mes camarades de réunion biodiversité attendaient dans le lobby de l'hotel, je m'attendais à les voir sortir sur la terrasse... anyway j'ai pensé à regarder quand je leur ai dit que plutôt que Tavau qui a accepté une interview lundi (oubliant sans doute que c'était férié) il valait mieux qu'ils croisent Eliala, Melton, Hilia, Tauala, semese arrivé la veille . Tafue m'a autorisée à leur donner son portable et lui et moi nous voyons Mardi pour parler d'un leader pour le pays, sur place, qui porte la parole du long terme (c'est lui qui m'a dit que lundi c'était férié... il verra quand même notre bande de brésiliens ce week end)...

Rendez vous pris demain coucher de soleil pour leur montrer les king tides. Quand je leur ai donné la bd hier, ils m'ont demandé s'ils pouvaient l'imprimer au brésil, j'ai dit qu'ils pouvaient même nous envoyer leur logo et qu'on renvoyait le master mis à jour.

Cet aprem quand je parlais de nos deux soutiens brésiliens connus, ils ont ajouté "vous en avez maintenant 4 autres".. Bref ils sont plutot sympa tous les quatre et je leur fais confiance, tout en leur serinant à chaque fois qu'ils remercient, que c'est vrai que je suis pas aussi avenante avec tout les média. Ca leur semble normal par exemple de filer des copies de leur travail à tous les interviewés.

A propos de trad, Nick et Monica les allemands sont rentrés de Vaitupu, on a parlé un peu tout à l'heure. Ils ont lu la BD allemande et y ont trouvé pas mal de fautes. Elle m'a demandé si ça avait été traduit par un allemand de souche. J'ai répondu qu'en général on faisait lire et relire toujours par des natifs. Et que dans ce cas quelqu'un de l'éducation à Bonn l'avait fait. J'ai aussi dit qu'on restait en contact et que toutes leurs corrections étaient les bienvenues.

28 / 03 / 10 - 18 : 28

Brésil-Jeudi 18 Mars

Trimballé dans mon sac toute la journée une copie du film et une bd pour le responsable du NAPA…. No luck… C’était jour d’avion… et les portes du bureau ont été closes une partie de la journée.

A l’avion, 4 énergumènes clownant. J’étais sure que c’était des brésiliens. Bonne pioche. L’un d’entre eux m’a interpellée un peu plus tard pour me demaner un hotel, la banque etc… Avec leur micro camera ils font, en 5 jours, un sujet pour un magazine pour les jeunes (et moins jeunes). Je me demande s’ils ont payé leur obole.

Passé voir Solofa pour avoir son avis sur une éventuelle présentation des résultats de l’étude de Sarah au DCC (tous les secrétaires permanents) : bonne idée. Pas eu le temps de savoir à quelle aurait lieu leur prochaine réunion. « would you excuse me, I need to go to the small room. J’ai traduit « petits coins » mais je ne connaissais pas l’expression.

Rencontré Semese qui avait atterri le mercredi (l’avion du mardi étant reporté because cyclone sur fiji). Il a d’emblée gommé mon (tout petit) mal à l’aise en me prenant dans ses bras en un gros hug. Je l’ai laissé avec ses potes sans avoir pris un rendez vous, mais a priori il sera à la réunion de ce soir sur l’année internationale de la biodiversité, pour laquelle Eliala, répondant à ma suggestion de lier biodiv et journée de l’environnement, a fait un programme de 15 jours ! Je me demande si quelqu’un se rend compte du temps que leur demande ces journées de ci ou de ça… Et arrive aussi earth hour.. Du coup Fanny a mis en ligne le montage de l’an dernier et suggéré aux organisateurs que dans le noir, chaque année se ressemble.

Je me suis mise au lit avec une dernière frustration au fond de la gorge : Leota et Utala me harcèlent (un peu pas autant que Sandrine) pour que nous changions le responsable du biogaz (sikeli leur aurait promis de nous en parler). C’est-à-dire virer Faeva pour remettre Utala. Ce qui me fout les boules bien sûr … Le biogaz est produit, mais rien n’a encore été fait pour l’utiliser et avant même que ce soit pérenne, il faudrait faire des chèques à nouveau à Utala. Je vais leur rappeler que l’intention n’était pas de payer à vie quelqu’un pour qu’ils aient le privilège de bénéficier de gaz gratuit.

Même type d’humeur ce matin. Réveillée avant 7 heures par le bruit d’une machine à tondre les rares touffes d’herbe…. Ces engins coupent l’herbe et dégagent les déchets qui s’y cachaient…. Ma colère contre les déchets se double d’un jugement sur la stupidité (sans parler de l’irrespect pour les voisins… Ca aussi m’évoque une histoire biblique à la Nauru… Tuvalu est en train de mourir de sa propre stupidité et je ne sais pas par quel bout le prendre. C’et tout le schéma de la société qui est à reprendre et comment gommer le syndrome colonisés qui attendent du grand blanc les solutions financières à leur survie. Ils n’ont aucune idée d’à quel point ils sont assistés.)

Autre frustration de la veille : Tataua m’a dit que Tafue avait été mis au ban de l’église et remplacé comme porte parole du climat pour l’église par quelqu’un qui ne connaît rien.


28 / 03 / 10 - 18 : 27

Mercredi bientôt fini.

Réveillée ce matin à une heure dominicale. Rarissime que les enfants du voisinage n’interrompent pas mon sommeil. Ils sont ma musique quotidienne, du matin au soir, leurs rires, leurs chansons et bien sur leur « hi five » à chaque fois que je passe ou repasse. Une des petites filles qui n’était pas là les années précédentes persiste à m’appeler Fanny comme si, pour elle, ça voulait dire bonjour. En tout cas, ils m’ont tous inspiré ce matin l’étincelle qui me manquait pour faire un 2e vrai film sur Tuvalu : Les enfants de Tuvalu. A commencer par ceux du voisinage que je vois vivre et grandir.

Ce matin donc ils ne m’ont pas poussée hors du lit, mais dès le pied posé dans le salon, la porte de la terrasse ouverte m’a signifié que soit j’avais oublié de la fermer hier soir, ce qui est gravissime pour une trouillarde comme moi, ou que quelqu’un était sur la terrasse. En effet, Elega s’y trouvait et en giggling, elle l’a dit en me montrant un appareil photo : « hihihi le japonais en bas veut que je prenne des photos de chaque coté. » Me penchant sur la balustrade j’aperçois, oui, un des japonais que j’ai croisés à plusieurs reprises et qui commençait depuis peu à me dire bonjour… En Français dans le texte « Ah bonjour Gilliane… Je voulais savoir si je pouvais prendre des photos des rives »… J’avais pas encore dit oui qu’il débarquait au premier étage. « c’est pour quoi ces photos » « pour des collègues à moi qui font une étude » « l’équipe de Fumiko » « oui, j’en fais partie… Et on voudrait installer des caméras, c’est possible ? » « Euh, ça dépend de la taille ».. « on demandera aussi bien sur aux propriétaires. C’est qui déjà ? »… Depuis ça me turlupine. Il était très sympathique mais sa requête tombait mal. Outre le fait que je venais d’ouvrir l’œil et n’était pas habillée, je suis en train de terminer le cahier spécial du Canard « je te vois », ou comment nous sommes tous fichés, fliqués, filés… Un de leurs titres contrepétés donne quelque chose comme « le cafteur sonne toujours 2 fois ». Si je peux voir le bénéfice à avoir des images des mouvements des cotes, je n’ai pas envie de faire partie du système de caftage.

Depuis je me prends la tête pour essayer de retrouver mes petits entre les différents budgets biodiversité, les différents taux, les différentes étapes et options. Mais il semble bien que les contrats expédiés par Sandrine, au moins celui de Dani, la spécialiste poisson, soit bien plus élevé que ce qui était prévu. Je me suis pris au réveil aussi une relance de Sandrine à propos des contrats qu’il faudrait signer les yeux fermés dans l’immédiat quand dans ces courriers et contrats elle donne mi avril comme date limite. A ma réponde : les sommes sont élevées faut que je vérifie, un mail en boomerang où elle se fâche un peu… mais se dit prête à baisser ses tarifs sans que j’ai rien demandé encore. Ce qu’il m’apparaît en outre c’est que les tarifs quotidiens qu’elles appliquent devraient, comme pour n’importe quel service rendu en intermittent, être ramenés à un tarif mensuel sur toute la partie récupération des datas puisque qu’il s’agit de 5 semaines consécutives.

Ce soir dîner pizza chez Cat avec John. Je l’ai bluffée en m’annonçant avec le basilic frais !

28 / 03 / 10 - 18 : 26

Potron minet du mercredi 17.

Enfin pas tout à fait puisque le soleil (s’il est au rendez-vous) ne montrera son nez que dans quelques heures, mais il est bientôt 2 h du matin, bientôt l’heure de m’allonger et à la flash light de décorner la dernière page du bouquin d’Obama pour en déchiffrer quelques autres à la lueur jaunâtre souvent animée d’ombres chinoises d’insecte énormes en ombre portée sur la page mais minuscules sur le verre… de la torche.

Faut à nouveau que je me débriefe seule sur les étapes de la semaine, les avancées de mes journées.. Me suis dite ce soir que je passais trop de temps à blablater et à écrire et pas assez à réfléchir. Ce rendez vous Napa par exemple qui devrait être porteur de partenariats fructueux, mais lents, mérite réflexion. Nakata gère ce fond d’adaptation de 9 millions de $ US pour 7 projets d’adaptation dont 2 au moins sont déjà en cours 3 fois (Australie, EU + IRW et autre PACC… et 3 sur la biodiversité. Je m’étais un peu préparée au RV pour finalement décider de lui laisser porter la conversation plutôt que d’asséner mes commentaires et mes principes. Il m’a posé des tas de questions. La première : j’imagine que tu suis NAPA depuis un moment et que tu sais tout ? ». Ca a donné le ton et m’a permis de rayer dès l’entrée mes premières lignes « Depuis longtemps oui, mais j’sais pas tout… Ce qu’il me semble c’est que depuis que Poni a commencé l’écriture en 2003 et aujourd’hui, il y a des tas de choses obsolètes. Je regrette qu’on n’aille pas plus loin dans la vision d’essayer de permettre aux tuvaluans de rester sur leur terre. J’ai rappelé IPCC et autres infos de plus en plus pessimistes. Glissé qu’une étude sur île artificielle ou remblaiement pourrait être de la prochaine édition du NAPA (car oui ca se poursuivra). Je plante cette idée dans tous les cerveaux que je croise et pense à un programme radio update sur la situation. Après une heure où on a parlé de tout, mais surtout de nous, Alofa, du film, de la BD, de Copenhague, des actions, des renouvelables, de Nanumea. Pourquoi pas Nuitao ? et de la biodiv bien sûr et du corail qu’il serait bien de faire en plus. Entre autres choses, en presque conclusion, il m’a dit qu’Alofa ferait partie des NGO qui implémenterait des activités. Il a bien retenu que Sarah était aussi spécialiste des Changements climatiques et sandrine des poisssons/corails. J’avais noté d’avancer un peu plus loin dans leur investissement dans nos projets, comme financer au moins les workshops, dont celle avec NZAid et si possible leurs billets. Mais c’était trop a bâtons rompus et familial pour que je sois, moi, capable d’entrer dans cette sphère. Petesa, la fille de risasi, l’assistante, a reçu l’oscar du meilleur thé sucré au lait. Et je suis une connaisseuse puisque je n’aime pas le thé. Le rendez vous a duré 1h30. C’est Petesa qui a rappelé que ça faisait une demi heure que le bureau aurait du être fermé. Nouveau soutien d’Alofa, je suis repartie avec son mail pour lui expédier notre newsletter COP15.

La porte d’à côté c’est le bureau d’Eliala. J’avais passé une tête à l’aller pour la remercier de son petit mot de soutien dans l’histoire du press release (tu ne peux pas abandonner l’an prochain). Elle y était, elle, bien sûr encore malgré l’heure et avait l’intention de travailler quelques heures encore. En fait blablabla encore une fois sur tout y compris religion et climat, l’impact de l’éducation sur les enfants, les habitants de nukufetau, l’île de son père, qu’elle trouve arrivistes, dirigés par le blé bien que son père ne soit pas comme ça. Nous parlions de l’ambassadeur à l’ONU, et elle a ajouté une liste en commençant par…. Fakasoa. Elle aussi a souvent l’impression de ne pas avancer même si elle en fait beaucoup. « Je me demande si ce que je fais sert à quelque chose.. » Je la remotive tout en lui disant que je me pose les mêmes questions chaque matin en me brossant les dents sur la terrasse (quand les vents le permettent) en trouvant dans mon champ de vision, les déchets alentour. Sur les sceptiques, je lui ai glissé l’argument de Sam sur la Shoah aussi ça se savait mais personne ne voulait y croire…. Aujourd’hui encore il y a des négationistes.

John avec qui on a partagé une demi portion de sashimi et une demie de thon à la poele à l’hôtel, me semble n’être toujours pas convaincu… Alors qu’on rentrait en marchant, quand je lui ai dit que Tomas était le 19e et celui du Vanuatu le 20 de la saison et que c’était beaucoup plus que la normale, il a fait la moue… Même s’il n’a jamais vu autant de tempêtes à Tuvalu. Pas voulu entrer dans la discussion avec lui. Mais un jour je lui sortirai l’argument shoah.

28 / 03 / 10 - 18 : 25

Mardi Midi

Il faisait soleil quand j’ai ouvert les yeux. Le ciel s’est couvert depuis mais le vent désormais Nord-Est souffle en brise agréable. John pourtant endurci des conditions atmosphériques au fil de ses voyages au long cours en tant que Capitaine et hyper actif incontrôlable m’a rassurée en me confessant que le temps de samedi dernier l’incitait plutôt à rester au pieu. Je culpabilisais du peu de lignes rayées sur ma liste de samedi.

Sur les dossiers biodiversités depuis le réveil. Pour préparer au mieux le RV de cet aprem avec le tout nouveau directeur de NAPA, Nakala, le père de Nia notre cadreur volontaire. Et aussi pour comprendre et digérer les sommes qui m’ont semblé hallucinantes des projets de contrats expédiés par Sandrine et Dani. Près de 80000 $ australiens ça interpelle et incite à plonger son nez dans les derniers budgets échangés avec Sandrine. Imprimé comme les documents excel comme j’ai pu . Microsoft ne semble plus vouloir répondre, ni en word ni en excel, en fonction impression. L’une comme l’autre de ces applications quitte d’elle-même dès que j’appuie sur « imprimer ». La seule parade trouvée pour le moment : copier sur un document text, qui bien sûr ne respecte plus les paramètres mais permet au moins d’avoir tout sous les yeux. C’est imprimé en tellement petit que je ne suis pas sûre de pouvoir lire.

Parlé aussi à Sarah qui appelait de Nanumea. Tout semble bien se passer. Ils ont eu aussi des grands vent (mais vu le déplacement du cyclone, certainement moitié moindre). C’est ce jour là qu’elle est allé pécher avec Kaio. Elle réside avec notre ami Teu et ‘it’s very nice’. RV avec le kaupule demain et avec l’école jeudi.

Bon je retourne à la biodiv…


28 / 03 / 10 - 18 : 24

Biodiv et divers-Mardi 16 mars tout petit matin

Bien énervée tout le week-end par les grands vents sans doute mais aussi assurément par le brouillon de 3 pages de « pressrelease » expédié par l’office du tourisme post festival. Il m’aura fallu 3 jours pour finaliser un courrier incendiaire mais je l’espère tout de même diplomate sur la communication et la démocratie.

Toute la journée dehors de ce lundi j’ai sillonné les ruelles de Funcity que nous avons commencé à baptiser trashcity tellement les tempêtes ont souillonné la ville et en particulier les rives de notre petite péninsule ; J’en ai fait une stance dans ma lette du jour au mec du tourisme.

Ce matin, PWD d’abord pour qu’ils viennent réparer la gouttière ou plutôt les tuyaux qui la relie au réservoir d’eau arraché par les vents. Au bureau du dessus, Cat qui représentait Alofa en notre absence et sans qui, aux dires du mec du tourisme, rien n’aurait eu lieu, car en bonne alofienne, elle a poussé les portes fermées et forcé aux réunions… Tuvalu média ensuite pour vérifier s’ils avaient été consultés sur ce torchon de press release. NON. Melton ensuite : IDEM. Blablaté aussi avec lui de la sur-réponse de l’officier du tourisme à une offre de UCLA de faire venir des danseurs et chanteurs à Los Angeles (un autre de nos contacts) à laquelle Melton avait répondu la nuit précédente. Que des paraphrases du mail de Melton. Risasi ensuite, dont le ministre de mari a le tourisme dans son portefeuille. Je voulais voir Enele, ex ambassadeur à l’ONU et devenu secrétaire permanent aux transports et tourisme, mais il est sur son ile, donc pas consulté non plus je pense. Plusieurs heures avec Risasi, puis Nala ensuite, où ma tirade n’a pris que quelques minutes mais, même si les nouvelles des mésententes dans le gouvernement ajoutent à mon petit manque de motivation, il était important que je sois à jour des news du gouvernement et des rumeurs.

Au retour, la gouttière était réparée. J’ai fait un saut chez le voisin récupérer le petit chat Kingtidesfestival qu’ils avaient volé à Elega, note gardienne du foyer. Elle n’osait pas y aller « t’es sure que tu le veux ? » « Ao, Ao ».. OK j’y vais écrasé une sardine à l’huile pour lui et son frère. En fait je suis presque sure que ce sont deux filles. Comme la première vet du pays ne peut stériliser pour le moment que les mâles, on est mal barré. J’ai indiqué à Elega la recette de ma mère qui noyaient à la naissance les petits de ses premières chattes. Bien sur l’idée ne lui plait pas des masses mais comme ici, il y a de grandes chances qu’ils finissent au fusil, comme les chiens errants tués une fois par an, je pense l’avoir convaincue.

Je n’avais pas eu le temps de me détonguer qu’est arrivé Melton qui passait, sur le chemin du Fagogo, sentir quelques parfums. Reblabla d’une paire d’heures.

J’ai l’impression d’avoir beaucoup écouté aujourd’hui mais aussi de m’être fait entendre en peu de mots. Et finalement toute cette histoire m’aura poussée à mettre en place le task force communication demandé par le PM. J’ai promis une convocation à une réunion d’ici la fin de la semaine.

28 / 03 / 10 - 18 : 22

Cyclone & Co-Samedi 14 mars :

Ce matin, vents encore plus tourbillonnants et pluies encore plus cinglantes… même lagon blanc d’écume et ciel gris à n’en plus finir… de quoi vous donner envie de vous lever, c’est sûr. Et ce qui est annoncé pour les jours à venir n’est guère brillant.

« Two tropical cyclones with potential to bring flooding rain and punishing winds

Through Saturday, T.C. 19P will track toward the west and south as it further organizes and strengthens. Eventually, it will pose the threat of excessive rain and damaging winds to Fiji late in the weekend and early next week. Well to the west, a second blowup of heavy tropical thunderstorms has continued to consolidate near Vanuatu and has been designated Tropical Cyclone (T.C.) 20P. Movement of 20P will tend to drift it toward the west over the northeastern Coral Sea. T.C. 20P could become a major typhoon in the next few days. »

Il faut vraiment chercher pour avoir plus de détails et comprendre les itinéraires. Sur la plupart des cartes meteo internet, Tuvalu ne figure même pas.. La météo de Fiji bâptise ces cyclones dans son « Special Weather Bulletin Number ONE for Tuvalu » : Celui qui nous concerne pour le moment s’appelle Tomas. Il menace plus les îles du sud que la capitale un peu plus haut. La microscopique Niulakita et sa trentaine d’habitants risquent de morfler.

« A GALE WARNING IS NOW IN FORCE FOR NIULAKITA AND NUKULAELAE.
A STRONG WIND WARNING REMAINS IN FORCE FOR THE REST OF THE GROUP.
TROPICAL CYCLONE TOMAS CENTRE WAS LOCATED 130 MILES EAST-SOUTHEAST OF NIULAKITA AND 230 MILES SOUTHEAST OF FUNAFUTI. FOR NIULAKITA: DAMAGING GALE FORCE WINDS WITH AVERAGE SPEEDS OF 40 KNOTS WITH GUSTS TO 60 KNOTS. FREQUENT HEAVY RAIN AND SQUALLY THUNDERSTORMS. HIGH SEAS. DAMAGING HEAVY SWELLS. SEA FLOODING OF LOW-LYING COASTAL AREAS EXPECTED. FOR THE REST OF THE GROUP: STRONG WINDS WITH AVERAGE SPEEDS OF 30 KNOTS WITH GUSTS TO 50 KNOTS. FREQUENT HEAVY RAIN. VERY ROUGH SEAS. »

Voila donc les gaies prévisions pour le reste du week-end et le début de semaine… More rain et vents de 50 à 80 km.. Rien de nouveau, juste plus violent. En fait de punition, la maison a écopé ces derniers jours. Je me réjouissais la nuit dernière qu’elle fut construite en béton pour résister à la violence des vents. Ce matin, en sirotant mon café devant la fenêtre de la cuisine, j’ai vu un jet d’eau passer devant mon nez. Le tuyau qui joint la gouttière à la cuve d’eau s’était envolé… Quand ? il y a une dizaine de jours quand tout fut inondé au rez de chaussée ?… Rapide tour du jardin, des panneaux de placo détachés du mur de la cuisine derrière la cuve. J’avais jamais remarqué que des bouts de la maison était recouverts de placo.. Protections des Climatiseurs (que nous n’utilisons jamais) arrachées ; Deux grosses branches cassées avaient traversé le jardin, protégeant l’autre rive… Un autre coup de vent les à jetées dans le lagon.

Cette maison de la péninsule est en fait aussi peu isolée des éléments que le bateau parisien qui se tient droit, résistant aux éléments seul sans murs mitoyens avec les voisins. Ici : devant, le lagon, à droite, le lagon, à gauche, le lagon, derrière : une maison que nous protégeons mais qui, plus fragile, se détériore plus rapidement. Je n’ose imaginer les dégâts de ces vents et pluies sur les baraques rafistolées de bouts de placo ici, de bouts de lino là. La plupart des habitations, même celles qui retapées un peu ont pimpante allure quelques mois, sont en placo. Il n’est pas rare de voir un mur traversé par un coup de poing, en général homme ou ado alcoolisé.

Ce qui est vraiment pénible, une fois qu’on s’est fait aux décibels des vents la nuit, aux rafales de pluie qui transpercent les os le jour, à l’absence de soleil qui devrait revigorer, c’est la moiteur ambiante permanente. On ne peut rien laver puisque rien ne sèche. Tout est toujours humide, cheveux compris. Entre le soupçon de fièvre dû à la crève, et l’humidité environnante, impossible de garder quoi que ce soit à commencer par soi au sec. A la sensation de moiteur s’ajoute celle du petit coup de frais des courants d’airs dont seule ma chambre est préservée.. Même sensation de frisson au retrait de la seule couche que supporte le corps. Les années précédentes, nous faisions notre lessive chez John/Alpha et avons toujours refusé d’utiliser le séchoir. Cette année non seulement nous allons être contraintes d’en faire usage mais en plus peut être vais je devoir demander à John si je peux prendre une douche tiède chez lui. A Tuvalu, seuls les Australiens « expats » ou assimilés comme les 3 représentants de la marine ont accès à l’eau chaude.

Parmi les petites tâches accomplies aujourd’hui :
- l’oeil jeté à la « grosse » caméra qui depuis quelques douches successives montrait elle aussi des symptômes de coup de froid, n’est pas de bon augure : si le sautement de l’image a disparu, y’a plus de contrôle du menu, aucune icône en vue, et, à priori, plus de son. Aucun des positionnements des paramètres du micro n’a donné le moindre décibel en retour des enregistrements test. J’espère encore que du son s’enregistre sur les bandes. Je vais essayer de lire une bande à priori bonne en son pour checker le monitoring et haut parleur. Après un des 3 disks durs qui lâche en ayant eu l’amabilité de tenir jusqu’à la fin du montage des drama de l’environnement mais m’interdit le montage d’autres séquences 2009 comme Fagogo, la cam remet en question de futurs tournages. OK, y’a toujours la mini dv, la première sony, qui malgré quelquefois des signes de faiblesse, je touche du bois, fonctionne toujours. Et puis y’a la petite HD trop légère pour être stable. Pour la digit des KTF prévue bientôt, je ferai un essai et l’utilisation de la camera du service social dont je formerai la jeune Halo à l’exercice m’est déjà acquise.
- Répondu en vitesse à quelques mails dont Gilles via un forward aux ingénieurs TMTI sur une question de bouton orange défectueux ou pas. Et au KTF committee member, Niuone (celui qui veut absolument devenir membre d’Alofa), sur l’offre d’une fille, de nos contacts, d’UCLA qui veut faire venir des musiciens et des danseurs
- Quasi terminé la mise à jour des documents « biogas history » et « from symbol to example » pour Melton
- Repris rapidement le document Ademe com proposition 2010 que m’avait laissé, imprimé, Fanny.. Demain je mets à jour sur Mac et j’envoie.

La liste prévue pour le week-end étant encore longue, je culpabilisais d’avoir passé du temps à ces recherches météo. Il m’était passé par la tête qu’à la prochaine alerte tsunami, je n’aurais pas la chance, comme il y a 15 jours d’avoir la nouvelle avant tout le monde. Peut être même qu’ils oublieraient de prévenir la maison de la péninsule (et quid de Kathryn, la citoyenne US enfermée dans son catamaran depuis la mort de son mari)… L’explication de cette tempête de 3 jours par la montée en puissance de deux cyclones pas loin m’a rassurée. C’est vraiment moins facile de fanfaronner quand on est seule. Cette recherche a aussi servi à rassurer la jeune femme du magasin de tissus de la coopérative. Profitant d’une courte accalmie, j’ai mis le nez dehors, à pied car l’équilibre sur la mob était aléatoire, à la recherche d’un oreiller. Histoire de m’assurer que les acariens étaient responsables d’une partie de mes rougeurs… Y’en avait pas mais la caissière, regardant en l’air, montrant le ciel déchaîné. « vous avez des nouvelles ? » « Euh, 2 cyclones alentour… ils sont sur la fin… le climat change hein ? ce sont les 19e et 20e cyclones de la saison… ». « Oui ça change me dit elle d’un ton apeuré ».. Du coup, après lui avoir rappelé que les cyclones c’est une chose mais que l’élévation progressive du niveau de la mer semble moins effrayante mais inéluctable… elle a eu droit à « il faut que vous vous positionniez tous sur la solution que vous voulez voir mettre en place : île artificielle ou départ ailleurs… Mais pour ce week-end soyez rassurée ». Elle le fut.

28 / 03 / 10 - 18 : 21

Cohabitation-Jeudi 11 Mars 22h

Après une cohabitation de 15 jours pas toujours facile à 3, me revoilà seule, pour une petite quinzaine, dans la Alofa House de la Péninsule de Luopo.

Fanny s’est envolée ce matin pour atterrir à Paris après 37 heures. Avec elle aucun problême de cohabitation. Une réelle connivence nous lie, tant au niveau professionnel que personnel. Elle sait mes habitudes de vie et mes exigences professionnelles. Elle a appris aussi avec la colocation les règles de vie à plusieurs et épouse ma passion du travail, de préférence bien fait. Sarah en revanche est plus habituée à vivre seule avec sa douzaine de chiens dans la campagne anglaise. Toutes ces dernières années, elle s’est occupée de sa grand mère qui est décédée avant noël dernier. Elle a fait quelques missions pour Alofa sur la biomasse et depuis l’an dernier donne des cours à l’université de sa région.

Elle et nous ne partageons pas les mêmes notions de propreté, d’organisation, de charges de travail. Y a eu des moments épiques où Fanny laissait délibérément tasses, assiettes, ou autres équipements de pêche de sarah traîner là où elle les posait. Ca ne durait jamais très longtemps car Fanny sait le mal que j’ai eu à chasser fourmis et autres rongeurs les premières semaines du séjour… Ca n’a servi à rien. Les petites phrases ici ou là non plus. Nous avons donc baissé les bras pour ça, sauf qu’il état impossible de faire l’impasse sur ce qui apparaît à des workoholics comme nous de la « flemmite » aïgue : en 15 jours, elle a fourni un travail d’une petite journée. Certes, elle est en grande partie bénévole, mais avoir dans notre champ de vision, quelqu’un qui ne fait que dormir, manger ou lire un, puis 2 puis 3 bouquins, ne pouvait que nous conforter dans l’idée qu’elle était en vacances et nous agacer prodigieusement.

Bien sûr ces 2 dernières années, j’avais pu remarquer qu’elle avait tendance à me parler comme elle doit le faire avec ses chiens, et que si elle s’exprime souvent de manière péremptoire, elle agissait peu. Cette année c’est devenu caricatural. Son ton n’est pas professoral mais elle est inflexible sur toutes ses idées bien arrêtées. Un soir, alors que voyant toujours gros, elle avait coupé 2 grandes branches de basilic chez Patipati dans l’idée de faire des pâtes (quand on sait le travail que ça représente pour Pati et tous ceux qui ont un petit jardin ici de faire pousser quelques trucs, on use des fruits de ce travail avec parcimonie). Bien sûr, trop de basilic pour une pâtée. J’ai proposé ma méthode de Paris de mettre une des branches dans l’eau, des racines se créent et on a du basilic pour toute la saison… Elle préférait le pendre pour le faire sécher… J’ai lâché le morceau mais.. contre toute attente, une heure plus tard, avant d’aller se coucher, elle m’a dit que je pouvais faire ce que je voulais de la 2e branche. Depuis la branche a pris racine et les feuilles se portent bien, l’autre a séché et ne sent plus rien.

J’ai décidé de faire avec elle, comme pendant l’adolescence de mon fils, plutôt que de me fâcher, je relève et note tout ce qui est caricatural et peut faire rire. Un soir alors que Sarah après une journée « exténuante » faite d’un rendez vous avec une copine, allait se coucher vers 8 heures après une sieste de 3 heures, avec dans chaque main de quoi manger, sa silhouette facilement croquable par un dessinateur, m’a évoqué un personnage de BD… la prochaine BD d’Alofa, aura donc, pour caractères principaux, nos « scientifiques » : Sarah, du genre cachalot léthargique, Gilles notre fluet chercheur, humble, compétent, qui fait plus qu’il ne parle, Sandrine, le cheval sauvage que Fanny imagine aussi en speedy gonzales, l’inverse de Sarah, pushy à souhait pour faire avancer ses projets. J’appréhende pas mal d’ailleurs la cohabitation avec ces deux personnages si opposés, fin avril. Par bonheur Sandrine, et son équipe sous marine, ne restera que quelques jours dans la maison… On peut ajouter aussi Sikeli et Chris qui viennent moins souvent mais sont aussi des personnages de comédie. Même s’il était tard la nuit où nous avons ri sur le sujet avec Fanny, je suis sûre que quelque part dans son petit cahier, des notes résument nos premières idées.

Pour en revenir à Sarah, ma déception c’est que j’imaginais que, venant pour un projet qu’elle voulait diriger, ie la reproduction de biogaz à Nanumea, elle tiendrait la barre. Or si elle semble investie, elle a attendu d’être sur place pour commencer à faire un tout petit peu. Elle répète à tous bouts de champ qu’elle est spécialiste du biogaz, qu’elle a mis en place de nombreux projets… elle ajoute aussi souvent qu’elle a géré financièrement ces projets. Les deux lignes de budget qu’elle m’a passées l’an dernier en m’invitant à « finaliser » pour la veille, présageaient mal d’une quelconque capacité à administrer. A son arrivée cette année, avec dans l’idée de faire deux fois le voyage, il était évident qu’elle n’avait pas posé les yeux sur le budget finalisé et avalisé par UNDP/GEF, où sont indiqués en couleur, les postes qu’ils financent : aucun voyage, alors qu’elle nous en impose d’emblée 2.

Nous étions aussi convenus qu’elle ne ferait le premier voyage que lorsque le matos serait commandé et sur le point de quitter son port.. Elle était chargée depuis des mois de choisir le fournisseur de digesteur en plastique parmi la demi douzaine de contacts (que nous lui avions fournis, elle n’en ayant pas). Non seulement elle est venue alors que le matos n’est pas commandé et qu’on ne connaît toujours pas le prix du transport mais il aura fallu plus de 10 jours d’insistance de notre part pour qu’elle prenne la peine une fois à Tuvalu d’expédier un mail à son interlocuteur britannique pour s’enquérir de l’en cours. Son choix s’est porté sur les british alors que 2 indiens me semblaient plus professionnels dans le sens où ils en font plein depuis longtemps, moins chers, plus proches. Une fois de plus Alofa sera censée éponger la différence..

Des réunions communautaires étant prévues à Nanumea, en amont de l’installation, elle devait faire le voyage incessamment. D’après ses infos, prises je ne sais où, un bateau serait en partance pour les îles du nord le 16. Poussée à aller voir tous nos membres et soutiens originaires de cette île pour qu’informés du projet ils puissent eux aussi participer à sensibiliser leurs familles restées sur l’île des bienfaits et des usages possibles du biogaz, elle refusait de comprendre ce que je voulais dire. Pourquoi ? Incitée aussi à écouter Lee/Faeva, qui a pris soin du biogaz d’Amatuku cette dernière année et qui voulait nous faire un rapport et une petite liste d’idées pour la reproduction. Une vraie bataille là encore. L’idée était de faire un déjeuner ou un dîner avec lui et Leota, le chef ingénieur, un amour d’adhérent, formé à toutes ces technologies, ET de Nanumea. Il a fallu insister beaucoup pour que finalement elle prenne rv avec Lee. Elle n’aura pas pu obtenir les infos de Leota puisqu’elle s’était plantée sur les dates du bateau et que nous avons appris avant hier qu’un bateau partait le lendemain aux aurores, le prochain étant prévu le 22 ! Décision fut prise le soir qu’elle partirait le lendemain, avec Kaio un de nos actifs/assistant bénévole, natif de l’île. Une fois la décision prise, elle a décidé d’aller faire une sieste, il était 16h30 et rien n’était assuré pour le départ du lendemain. Fanny lui a proposé de la réveiller, histoire de suggérer qu’il y avait peut-être quelques trucs à préparer..

Bien sûr j’aurais pu (Fanny aussi) préparer la réunion avec Leota puisque nous y tenions et qu’Alofa engage sa responsabilité dans la bonne conduite de ce projet, mais nous voulions aussi qu’elle se mette à l’ouvrage … Ce fut donc loupé pour ce rv là.. Fanny est descendue chercher les walky-talkies, des piles et autres accessoires, des trucs utiles pour un tel voyage… Sarah, sortie de sa sieste, a pensé à son matelas pneumatique, à ses palmes et à son matériel de pêche. Fanny lui a répondu qu’elle ne savait pas où il était, j’ai rappelé à Sarah où c’était entreposé et elle est descendue les chercher, les posant dans le salon puis elle a décidé d’aller se coucher avant d’avoir fait ses valises. J’aurais pu aussi la laisser démêler les problèmes de sous, de ration, et autres rouleaux de PQ utiles … Elle n’a rien demandé, sachant sans doute que ce serait fait.. Pourtant quelques heures auparavant, réalisant que Kaio et Fanny allaient partir et qu’il manquait la plupart des petits justifs de dépenses du festival, j’ai fait une mini crise : « il est hors de question qu’après votre départ je sois obligée d’aller les chercher moi mêmes. Il me les faut maintenant. ». Sarah s’est enquis auprès de Fanny « what was that about »… Fanny a expliqué que je ne voulais pas tout avoir à faire et surtout pas les petits trucs quand il y a des mains autour pour le faire.. Sarah a conclu « elle veut tout faire » se collant immobile pendant 20 minutes dans un fauteuil. Fanny a poursuivi « Au contraire, elle s’attend à ce que nous fassions chacun le travail qu’on est supposé faire ». Là elle s’est dirigée vers le frigo.. En tout cas, avant de partir, Sarah s’attendait clairement, une fois de plus, à ce que nous fassions son travail. Elle n’avait pas tort puisque je n’ai pas pu m’empêcher de faire le compte des per diem, de sortir les 200 dollars retirés de la banque le matin pour tout autre chose, de filer à l’hôtel pour voir s’ils pouvaient me changer quelques Travellers. Obtenu 100… ça ne faisait pas le compte puisque juste bouffe et petits frais, s’estiment à 20 par jour et par personne et Tataua nous avait dit que l’accomodation/endroit où dormir était de l’ordre de 20 aussi.. Estimant que Kaio pouvait dormir dans sa famille et Sarah, soit chez Teu, une membre historique d’alofa, responsable de la mairie locale, soit chez l’oncle de Hilia, celle de la météo, idem historique ou de willy, le ministre des home affairs, notre proprio et ami ou chez tout autre friend. Kaio nous a rappelé que la coopérative, qui ouvrait à 6h, encaissait des chèques contre du cash… Levée aux aurores, Fanny a pu faire l’appoint pour la bouffe et Sarah est partie, sans avoir posé la question de « je fais comment sur place » avec assez de liquide pour survivre et un cheque (dont on n’est pas sûre qu’ils puissent l’encaisser puisque la seule banque de Tuvalu est sur l’île capitale) pour l’hypothétique location de chambre. Et vogue la galère ! Un voyage de près de 48h et un séjour de 15 jours.

A nous maintenant de dealer avec les fournisseurs et de voir comment faire venir le matos ! Quand je pense qu’à la signature de ce dossier, j’ai dit à Sarah que si elle s’attendait à ce que nous nous en occupions, je préférais ne pas signer, elle m’avait assurée qu’elle pouvait tout faire sans moi.. Sans nous. Ma frustration étant maintenant couchée ici, je suis sure que je serais contente de la revoir à son retour mais pour le moment je suis contente d’être seule.

Fanny, elle, va me manquer. Son énergie (qui n’est plus comme en 2006, celle d’un chiot qui court dans les pattes), son « care », son amitié.

Ce soir, dîner avec John qui est arrivé par l’avion qui emmenait Fanny.

Hier soir, dîner surréaliste à l’occasion du dîner filles autour de son départ à la soirée organisée en l’honneur de la signature de l’accord Fifa//Tuvalu. Le vice président de Fifa international et président de la fédération océannienne, un type sympathique et naturel, est tahitien. Falesa, notre pote, le ministre de l’éducation et des sports était l’hôte de la soirée. Il nous a proposé de nous installer à sa table « falesa, tu vas avoir de plus importants VIP, si c’est pas le cas on se déplace ». On s’est installées à la table d’a coté.. Nala et son PM de mari, Kausea, de l’énergie et Selepa son épouse… étaient installés quelques tables derrière. On avait emporté une bd en tahitien pour remettre au vice-président qui s’est levé pour s’installer à notre table et échanger quelques mots en français sur les derniers cyclones qui ont frappé Tahiti entre autres dérèglements climatiques du moment et sur la prise de conscience des changements climatiques à Tuvalu dont il avait l’impression que les tuvaluens se fichaient. On lui a expliqué que c’était une attitude de façade et que beaucoup aimeraient croire que rien ne risque d’arriver. Derrière lui la cheffe du protocole essayait de l’interrompre pour l’inviter à la table du Premier Ministre. Lui, peu amateur du protocole voulait finir la conversation, nous avons craint un moment créer un mini-incident diplomatique. Il a finalement rejoint la table des VIP et s’est plié au jeu des discours, glissant dans un large sourire en retournant s’asseoir « j’ai oublié de citer les deux françaises ». Dans l’avion du lendemain, il demandera à Fanny qui s’y trouvait aussi à recevoir des infos d’alofa et dit qu’il voulait adhérer. Le dîner est ensuite parti sur des discussions de filles qu’on vous épargnera.

Flashback : autre petit plaisir avant le départ de Fanny, un milk-shake du bout du bout de l’île… L’océan déferlait en grandes vagues, surprenantes puisqu’il n’y a pas de grandes marées au calendrier et que le vent souffle de l’ouest contre l’océan. Dans ces cas là le lagon est démonté, et il l’est, mais pas l’océan. Ceci dit, hier fut un des rares jours d’accalmie dans la météo des 2 derniers mois. Le soleil nous a permis de faire l’aller et retour au sud de l’île, une poignée de kms quand même..

Cette nuit la tempête m’a réveillée à 4h, la puissance des vents et celle de la pluie conjuguées provoquaient un vacarme qui m’a alarmée pour la bike en train de se recharger. Même protégée de 3 couches d’imper plastiques, ça me semblait dangereux pour les prises et le chargeur et pour l’équilibre de la mob. Ca m’a coûté de descendre pour vérifier. Quelques minutes plus tard, les tornades se calmaient comme soufflées par tous les anges du ciel.

Et maintenant, 2 ouragans menacent Fidji et Vanuatu, ils devraient n’en faire plus qu’un bientôt. D’où sans doute le fait que le lagon ait repris son apparence d’océan fait de vagues qui se brisent à perte de vue.

La météo de ces dernières semaines faite de pluies drues m’a valu un sacré rhume qui se termine comme toujours par quelques semaines de toux peu amènes pour mes voisins et lessivantes pour moi. Je suis épuisée et pas mécontente que le voyage de Sarah ait été avancé même s’il va nous falloir assurer plein de trucs pour ne pas mettre en péril le projet. Dans le même temps, depuis le début de ce projet-là, je me dis qu’à tous moments, avant les gros investissements, nous pouvons rendre l’avance du GEF. Nous y perdrions un peu des plumes mais ma tranquillité d’esprit has a value too.

Ce qui me préoccupe aussi ces derniers jours, ce sont mes projets personnels, par essence et par obligation plus politiques.. moins agréables. Faut que je me mette sur les 2 Task forces que le PM m’a demandé de monter pour la stratégie COP et, plus général, la communication*. Mais mon questionnement sur « comment faire pour aller plus loin » va au delà. Le fossé entre la réalité scientifique et la nonchalance due en partie à l’ignorance mais beaucoup aussi au fait que les politiques sont les mêmes partout et ont du mal à voir plus loin que leur mandat, est profond. Il faut trouver le moyen to fill the gap vite… Il faut ici plus qu’ailleurs un leader avec une vision pour son pays. Il ne viendra que de la génération suivante, il me semble. Et, après en avoir discuté avec Fanny, essayant de trouver parmi ceux que nous connaissons quelqu’un qui pourrait avancer le « travail » dès maintenant, la seule option trouvée : Tafue, spirituel par essence puisque pasteur et enclimatisé depuis longtemps et aujourd’hui président de tucan…

Impression d’être là depuis des mois…. Ca fait tout juste 5 semaines. Déjà plus rien des choix de bouffe ne me fait vraiment envie. Piqures et boutons (transpiration ? acadiens ? insectes…) ne sont pas pour rien dans mon envie de repartir prématurément. Les missions qui suivent aussi. Et bien sûr la météo !

* de quoi me faire vomir : après une journée passée en deux réunions sur la biodiversité, je reçois à l’instant le press release de 3 pages concocté dans leur coin par les 2 du tourisme sans concertation aucune avec le comité et après qu’ils l’aient expédié à quelques contacts (plus ceux des nôtres qui ont fait le voyage ou ont répondu à l’adresse du Kingtidesfestival qui va direct chez l’officier du tourisme). Le texte met bien sûr en exergue le tourisme. Il mentionne le ministre, le sous ministre, Enele, jusque là rien à redire…. En lisant le nom de Kilifi, arrivé la veille du premier jour, tout comme l’officier du tourisme, a fait zéro pour le festival. Une claque pour tous les autres qui ont donné leur temps et souvent leur argent pour que ce festival existe. J’ai failli les envoyer péter sur le champ en leur demandant de rester à leur place mais il vaut mieux une réponse un peu plus élaborée ce week end.

28 / 03 / 10 - 18 : 18

Mercredi 3/3

Le matin, réunion chez Tango pour faire le point des projets qui bénéficient d’un fond du gef. Nous en sommes pour la reproduction du biogaz à Nanumea. Même si nous avons le sentiment d’être en retard, ce n’est rien à côté des projets purement locaux ☺

L’après midi visite à Amatuku avec France 2.

Au retour avec Jenny et son équipe de choc, Mathieu et le Breton au nom imprononçable, la barque surfant sur des vagues de 2 mètres, c’est peu de choses mais assez pour que Jenny ait envie d’accoster bien avant notre destination finale, préférant faire du stop. Finalement nous sommes allés jusqu’au bout, trempés jusqu’aux os mais…. ravis du voyage.

A Amatuku, Usu nous a accueilli chaleureusement au lait de coco avant que Faeva ne nous mène au digesteur pour nous faire le show du brûleur de gaz. Car oui, une des meilleures nouvelles de la semaine dernière, c’est que finalement après trop puis pas assez d’eau, après des sabotages divers et anonymes et un vidage complet du digesteur, alleluiah, du gaz est produit. Nous avons tous pu filmer la flamme. Ensuite Saliloto nous a parlé du biodiesel et du gazogène. Il a même expliqué que combinés, cela économisait sur la consommation de biodiesel. J’espère que ces séquences resteront dans le montage final du sujet que Jenny fait pour FR2. Tous les deux ont été fantastiques, revendiquant une fois de plus leur appartenance à Alofa Tuvalu.

Sur la jetée, l’équipe de résidents d’Amatuku attendait le bateau. Parmi eux, Atabi, qui m’a tendu la boite de bandes qu’il avait tournées pendant le festival des grandes marées… sur le chemin, j’ai quémandé une noix de coco à des gars installés dans leur hutte. Gentiment ils m’en ont choisi une bonne, coupée en tranche par Elega et dégustée avec un verre de pastis bien mérité avec une bonne douche, méritée elle aussi pour nous délivrer du sel accumulé sur nos vêtements, peau et cheveux.

On est rentrés juste avant le réveil des grands vents qui ont fait craindre à Ioka qu’un cyclone se prépare. Jenny et sa team ont raté leur itw avec Tafue, le lendemain ils louperont Kalisi à 5 min, agacé de les attendre pour aller s’occuper de son taro. Pas vraiment typique de l’attitude tuvaluenne ☺. Dernière itw en boite pour France 2, la perso de Gigi sur la terrasse puis pastis tous ensemble sur fond de soleil couchant. C’est une bonne équipe, pleine d’humanité. Le lendemain, ils reprenaient l’avion pour la Nouvelle Calédonie.

07 / 03 / 10 - 05 : 37


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