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OinOin !

On va dire que c’est quelque part entre le 6 et le 7 mai, un peu perdues nous sommes Fanny et moi dans les dates à mettre sur ce blog fait de digressions, récits quotidiens et bouts d’emails que je lui envoie entre deux urgences ici et làbas. Le planning s’intensifiant des deux côtés du globe, c’est encore plus rock n’roll que d’hab’, m’enfin les « potaux » qui cherchent des news devraient s’y retrouver ☺ pour les autres SORRY on fait pas exprès.

Jeudi, je sais je l’ai déjà dit, mais en voyant Marthe, la jeune étudiante néerlandaise ici depuis 3 mois, s’envoler, j’ai eu envie, moi aussi, d’être enfin dans l’avion de retour. En apprenant qu’Eliala avait donné sa démission de NBSAP pour pouvoir, elle aussi, rentrer chez elle et retrouver sa famille… la semaine prochaine, j’ai décidé de faire pareil : avancer mon retour ! Une journée à Suva pour discuter de la généreuse offre d’assistance de l’ambassade de France pour aider Tuvalu à se faire entendre dans les négos. C’était pas prévu, mais justifie pas mal de grignoter quelques jours au tarmac funafutien. Deux jours pour « fermer la maison » après le départ de Sandrine, ça devrait le faire. Bon ok c’est pas coulé dans le bronze, si je rabote par trop le temps sur place je compresse d’autant le planning et vais devoir faire des impasses, ça veut dire des lignes pas rayées et ça j’aime pas trop.
Expo photo, AG, discuter avec le ministre de l’énergie…, avec Enele ça c’est prévu la semaine prochaine - On ne s’est pas vraiment parlé en 4 mois ; entre leurs voyages fréquents et mon emploi du temps de toujours pas consule, mais proche d’un agenda de ministre quand même, ça ne le fait pas… - Pas fait non plus encore le « bilan » de l’assoc locale. C’est rien à faire sauf que personne n’est capable de me fournir un modèle local. Ici les assoc ne font pas de bilans et les rares entreprises que je connais, n’ont pas besoin d’en fournir parce qu’elles ne font pas de bénéfices. C’est le cas d’Alpha, dont le bilan est intégré dans celui de la maison-mère qui ne fait qu’avancer l’argent nécessaire pour couvrir les dépenses. La seule qui pourrait avoir un document se rapprochant, c’est Eseta de la Croix Rouge. La semaine dernière étant la pire des semaines pour elle puisque c’était leur semaine de sensibilisation, j’ai toujours pas le modèle.
En fait de satisfaire mon envie de retour anticipé, il faudrait bien sûr que je reste plus longtemps, un an, c’est indispensable, je me le répète chaque année… Tant qu’on n’a pas quelqu’un de confiance sur place pour diriger l’assoc, tant qu’on n’a pas un vrai budget de fonctionnement pour chacun des bureaux c’est bibi qui s’y colle et partage son temps entre les deux pays. Mais là Bibi a juste envie de rentrer chez elle!!!

29 / 05 / 10 - 08 : 03

COMMUNIQUE MAI 2010

Année internationale de la Biodiversité - Alofa Tuvalu se met à l’eau !


Les changements climatiques affectent la vie marine de Tuvalu aussi sûrement que la montée des eaux menace cette micro-nation du Pacifique Sud de disparition d’ici à quelques décennies. Principale source de protéines pour les Tuvaluens, l’océan qui borde l’archipel est le berceau d’une biodiversité à la fois vitale et méconnue.

Depuis 3 ans, l’association franco-tuvaluenne Alofa Tuvalu, pilote « Tuvalu Marine Life »*, un vaste projet d’inventaire et d’étude qui a pour but de permettre à Tuvalu de renforcer ses capacités d’évaluation, de surveillance et de gestion de ses ressources marines, en même temps que d’accroître le savoir local et scientifique.

La première phase du projet, menée en 2009, a eu pour but de synthétiser les données existantes et de souligner les lacunes. Après concertation avec les différents acteurs du projet, 3 des 9 îles de Tuvalu ont été désignées pour la conduite du complément d’investigation nécessaire : Funafuti (la capitale, au centre de l’archipel), Nanumea (la plus au nord) et Nukulaelae (au sud).

Sandrine Job, Daniela Ceccarelli et Semese Alefaio, experts en biodiversité marine pour Alofa Tuvalu, accompagnent cette seconde phase de terrain réalisée en partenariat avec le département des pêches (Tupulaga Poulasi et Nikolasi Apinelu), le bureau de l’environnement, les gouvernements locaux, le programme NBSAP (National Biodiversity Strategy and Action Plan), New Zealand Aid, l’Université du Pacifique Sud…

Les données acquises seront analysées et partagées avec d’autres réseaux existants. Des ouvrages de communication seront produits, notamment un livre de référence à vocation patrimoniale sur la biodiversité marine de Tuvalu et les savoirs traditionnels ainsi que des ouvrages pour les communautés.

Réalisé sous l’égide de l’Unesco, le projet « Tuvalu Marine Life » est soutenu par la Fondation d’Entreprise Total et le programme CRISP (Initiative Corail pour le Pacifique, Agence Française de Développement).

*Le projet est partie intégrante du plan Small is Beautiful : aider Tuvalu, première nation menacée d’être rayée de la carte par les changements climatiques, à survivre en tant que nation, à préserver son identité, sa culture, à travers la mise en place d’actions concrètes et reproductibles (biodiversité, énergies, déchets) à Tuvalu et leur promotion dans le reste du monde. (www.alofatuvalu.tv)

Plus de détails sur le projet & Rapport bibliographique

19 / 05 / 10 - 16 : 29

PRESS RELEASE MAY 2010

International Year of Biodiversity - Alofa Tuvalu plunges into the water !


Global warming affects Tuvaluan marine life as surely as sea-level rise threatens this South Pacific micro-nation with disappearance within the next few decades. As the main source of protein to the Tuvaluan people, the ocean that surrounds the archipelago is home to a vital marine biodiversity whose size and nature is still largely unknown.

For 3 years, the French and Tuvaluan NGO, Alofa Tuvalu, has been leading « Tuvalu Marine Life », an extensive study and documentation project aimed at reinforcing Tuvalu’s capacities to survey, monitor and manage its marine resources, along with increasing its local and scientific knowledge of them.
In 2009, the project’s first phase consisted of summarizing existing data and identifying gaps in knowledge. After consultations with the project’s stakeholders, 3 out of 9 islands of Tuvalu have been chosen to host the needed remaining investigations : Funafuti (the capital atoll, at the center of the archipelago), Nanumea (to the north) and Nukulaelae (to the south).

Alofa Tuvalu’s experts in marine biodiversity, Sandrine Job, Daniela Ceccarelli, Semese Alefaio, are carrying out this second phase in partnership with Tuvalu fisheries (Tupulaga Poulasi and Nikolasi Apinelu), the environment office, local governments, the NBSAP program (National Biodiversity Strategy and Action Plan), New Zealand Aid, University of South Pacific and others.

Data will be analyzed and shared with other existing networks. Communication tools will then be produced : a reference and patrimonial book about Tuvalu’s biodiversity and traditional knowledge, along with useful materials for local communities.

Implemented under the aegis of Unesco, the Tuvalu Marine Life project is supported by the Total Foundation for Entreprise and CRISP (Coral Initiative for the Pacific, French Agency for Development).

*The project is an integral part of the « Small is Beautiful » plan : helping Tuvalu -- the first sovereign nation threatened to be wiped off the map due to the effects of climate change -- survive as a nation and to preserve its identity and culture. These goals are addressed via a range of concrete, reproducible actions (biodiversity, energy, waste) in Tuvalu and their promotion elsewhere in the world. (www.alofatuvalu.tv)

More details about the project & bibliography survey

19 / 05 / 10 - 16 : 23

Heureuse coincidence à l’Unesco : Monique Barbut. Alors que je m’interrogeais de l’opportunité ou pas de la mettre en copie de ma réponse à celle de Solomone/Piggarep (une histoire sans fin sur laquelle je reviendrai), Fanny l’a rencontrée et a pu lui toucher 2 mots du dossier. Elle sera donc elle aussi en copie, avec le patron du Sprep, David Sheppard.

Déception du soir : après having raised my expectatives à l’annonce de l’ouverture du premier restaurant indien de Tuvalu. OK contente d’avoir un petit bol d’épinards et un soupe dal, ces deux ingrédients qui vont j’en suis sûre disparaître du menu très vite faute d’approvisionnement, mais le reste était plus que décevant : riz tuvaluen froid, os d’agneau sans viande dans le curry.. Certes ce n’est pas cher mais comment vont ils garder une clientèle sans la nourrir…



16 / 05 / 10 - 16 : 41

Demain le International Year of Biodiversity meeting commence à 9h et se poursuit après l'avion où arrive Randy, le prof de biologie/biodiversité de USP, qui proposait son aide sur les bouquins. Un americain sympa qui embrasse comme du bon pain après 10 mn de discussion. Il avait rencontré Kilifi qui lui avait parlé de nous et curieux il est allé voir le site.... Il était très fier de me reconnaître à l’aéroport… Du coup j'suis allée jeter un œil sur notre site ce qui m’arrive rarement. Bien sur y’a la petite photo illustrant le blog… J’suis pas allée plus loin que le blog, ou en prenant au hasard quelques pages, j'ai relevé un tas de fautes. Honte à moi. Pas assez honte cependant pour trouver absolument le temps de relire plus que ça.

Nostalgie en voyant l'avion décoller. Vraiment envie de rentrer.... avant la journée de l'environnement... à laquelle je ne tiens pas à participer... on va finir par tout faire... déjà la célébration ambitieuse de l'année de la biodiv prévue par Eliala est réduite à peau de chagrin depuis qu’Eli a décidé de partir, elle, soudainement, la semaine prochaine pour de bon ... Il reste 3 trucs dont 2 de nous... « Faut pas exagérer quand même » comme disait Marguerite, ma mère..

Le virement pour le bateau, l’équipe, bouffe et toit sur les îles de la mission biodiversity a été demandé. Voyons quand il arrivera sur notre compte ici.

Fanny a préparé des pages de photos avec légendes pour le dossier de presse et communiqué que veut faire l’ambassade US.... Vérifié les données de l’ambassade de France pour voir on pouvait vraiment faire tenir le coût d’une mission « pour mieux faire entendre la voix des tuvaluens » dans leurs paramètres. Budget/Définition.

Sarah est à Auckland. Elle visite ses chiens ou plutôt les petits de son chenil comme à chaque voyage. Celui-ci est bien sûr particulier et ne me rend pas de bonne humeur. Changer son vol de retour de NZ à Londres couterait 560£, alors que les factures indiquent que c’est 100… Du coup, elle rentre à la date prévue initialement. Beaucoup d’énergie pour rien.

Halo fait à nouveau faut bond sur la formation digit... Après les banques prévisionnelles jusqu'à Août, je me mets sur le dossier Ademe Amatuku. Y’aura aussi les Compress mission biodiv VF et VE à revoir et le document « appel à candidature » pour l’expert junior.



16 / 05 / 10 - 16 : 40

Même pas la tête qui tourne après des jus de citrons à répétition et un pastis, avec Annie Wheeler. Elle était à l’eau pure, victime d’une courante... Hier matin, elle était passée à l'improviste. Quand je lui ai dit que si ça ne la dérangeait pas de venir un peu plus tard ce soir que Nicky et Cat avec lesquelles je n'avais pas encore eu le temps de parler en tete à tete.. Elle m'a répondu "no problem... mais nous non plus on ne s’est pas vues.. demain ? Faut qu'on parle du bouquin etc". On ferait bien la biodiversité des 7 autres îles ensemble. Mataio et les communautés sont partantes… Avec une demande officielle du GoT elle proposera à NZ Aid une mission de terrain commune... Elle m'a demandé si on avait assez d'argent sur le livre... J'ai dit que ça tirait un peu surtout avec l'euro qui dégringole de plus en plus... On verra....

En attendant, ce foutu infomaniak, notre serveur, ne permet pas ce soir de copier, coller… La poisse !


16 / 05 / 10 - 16 : 40

Elega qui guettait d’en bas, tout en préparant ces bandes de pandanas pour ses nattes, m’a appelée pour me signaler que le Manui sortait du port. J’ai pu enregistrer quelques images du départ de l’équipe « marine life » de Sandrine en partance pour Nanumea.

J’avais prévenu la veille que je n’irai pas jusqu’au port, à 7h, d’autant que Thomas, le biologiste es-requins et photographe, m’a proposé d’enregistrer quelques séquences en vidéo.

Réveillée par le petit coup à la porte de Sandrine qui m’avait préparé un café. Ce qui m’a beaucoup touchée. Elle est arrivée mardi dernier, alors que sarah était encore là. Retrouvaille chaleureuse. Et 4 jours agréables avant ce premier départ, malgré ma tronche du jeudi soir devant la maison envahie, l’Internet monopolisé … Et notre accrochage d’hier soir.

A l’heure où on avait dit à quelques potes (dont Sem et Annie) de passer prendre un verre, Sandrine s’est rappelée que Tupu avait parlé d’une avance dont il avait besoin pour acheter ci ou ça… Je n’avais qu’une solution : aller lui déposer un chèque… La banque était fermée et le serait aussi le lendemain, samedi, mais il pourrait toujours avant l’heure du départ sortir du cash au fusi ou, m’a dit sa femme susan, de la boutique d’en face de chez eux… A la tombée de la nuit, j’ai donc enfourché la bike dont la batterie montrait des signes de faiblesse certains. Sans mettre en route les phares tellement j’avais la trouille de devoir la pousser sur le chemin du retour… Arrêt d’une seconde pour acheter qqs amuses gueules chez l’indien (Paapa à qui j’avais commandé ses crispies maison ne les avait pas livrés). Sur le chemin j’ai rencontré Annie qui se rendait chez nous… Tupu, lui, n’était pas chez lui, mais sa femme, oui… J’allais lui déposer le chèque et repartir quand il est arrivé, après avoir nourri les cochons… En fait d’avance pour lui, toute l’équipe avait besoin de liquide. Pas grand chose par rapport aux salaires prévus mais bêtement, à la française, j’ai rédigé 9 chèques... ce qui m’a pris bien sûr bien plus de temps que prévu… En plus, je me suis souvenu dans la nuit que j’avais oublié de signer au dos, la condition pour pouvoir encaisser le montant d’un chèque. Tupu m’apprend aussi qu’il avait dit à Sandrine qu’on avait intérêt à se procurer un baril de 200 l ici, moins cher.. Elle m’avait simplement dit « ah si tu vas le voir, vérifie avec lui l’histoire du baril… »… Bien sûr trop tard pour acheter ça ce soir… Autre petit couac, la goutte qui a fait déborder mon vase : sur le chemin du retour, je me suis arrêtée chez un des chauffeurs de taxi pour demander à sa femme qu’il soit là, avec une camionnette, le lendemain matin à 7h pour conduire l’équipe au port… J’étais contente d’avoir pu assurer ce dernier détail. Mais Sandrine : « ah j’ai oublié de te dire que le camion des pêches passait nous prendre »… Ce n’est rien bien sûr, mais je me serai bien passée du coup de fil d’annulation… J’ai donc explosé… Sandrine s’est défendue à la Sandrine qui ne fait jamais d’erreurs et trouvent toutes les explications possibles pour ne pas être mise en défaut… Ca a jeté un petit froid principalement pour Annie qui était présente. Entre temps nos crispies préférés, ceux de paapa, nous avaient été livrés avec 2 beaux mats à 4 dollars.

Cette mini crise ne nous a pas empêchées, le soir, de blablater toutes les deux jusqu’à trop tard en se félicitant de l’équipe que nous formions et moi de la congratuler sur sa capacité à manager un projet. Ma conclusion sur les couacs de la journée : il manquait une journée de préparation. Quand j’avais lu sa dernière prévision d’arrivée, je me doutais qu’il allait falloir que je passe plus de temps que prévu mais pas au point de jouer les coursiers en dernière minute.. Ou alors faudrait prévoir un assistant. J’avais pensé demander à Kaio de suivre ça mais, cette semaine c’était la semaine Atelier national de la Biodiv d’Eliala. Il s’occupait des jeunes. Et nos activités même si elles sont complémentaires (et intégrées à l’atelier par la présentation que nous en avons fait) ont porté un peu préjudice aux ateliers d’Eli. Kaio était un des piliers... Dans un planning préalable, Eli avait prévu que Sem, Tupu et moi parlions des projets et de la biodiv marine tout le mercredi… En fin du compte ça s’est limité à l’après-midi du mercredi, juste après le départ de Sarah… Nous avons organisé la présentation de Dan (NZAid qui faisait ainsi la première restitution de leurs études sur les mammifères marins (plus plus) menées depuis 2006).. et la nôtre, le mercredi après midi*… Après ça je n’ai plus eu le temps de poser un pied sous la maneapa et idem pour Sem et Tupu, alors que m’a confié Sem hier soir autour du pot, Eliala, modifiant une dernière fois son planning, comptait sur eux tout ce vendredi. * repris en plus court le powerpoint de présentation au DCC et plus décontractée encore…

Ce jour-là, nous avions organisé une séance de formation à l’utilisation des outils de comptage des poissons… Une douzaine d’employés des fisheries, dont bien sûr l’équipage et l’équipe de plongée… Quelques visiteurs comme Taukiei, Annie et Niko, le patron de l’équipe fisheries qui nous a fait une proposition béton, meilleure que nous ne l’espérions, pour la location du bateau pour le mois… Ce qui lui a valu 2 bises sonnantes de notre part et un parfum…

Cohabitation très agréable : Sandrine est aussi impulsive dans les affaires de la maison que dans son organisation de boulot… Elle voit une bouteille vide, elle lance 2 bouilloires. Rien ne traîne… J’ai vraiment apprécié après 2 mois à devoir tout faire… Pour l’anecdote, Sandrine est née la même année que mon fils.

Rapide flashback : mardi 27 Avril, elle arrive avec Thomas, dîner le soir avec Dan-NZAid au filamona.. Sarah et Kaio étaient là aussi bien sûr; des crabes délicieux récupérés de la workshop biodiv et des frites de kasava… pour organiser un peu le lendemain…. Et récupérer les données NZAid… Dan avait imprimé leur pré rapport avec dans le titre « la république de tuvalu », ce qui a bien faire rire…. Mercredi départ Sarah et présentation préparée à l’arrache un peu la veille au soir et une heure avant… avec distribution de la bd en tuvaluen et félicitations chaleureuses de Lee et Sem… qui en ont rajouté une couche le soir. Mercredi soir : pâtes au beurre et comté fondu, sorti direct du freezer et enfourné dans le micro-onde… puis retrouvé les garçons (Dan, Sem, Lee) qui nous attendaient à l’hôtel… Lee a dit à Sandrine qui lui demandait comment il avait trouvé sa présentation « trop technique, celle de Gilliane était super, la tienne trop longue.. »… Ravie bien sûr, pas trop à cause des compliments, mais que quelqu’un d’autre dise qu’il faut simplifier le langage pour des gens qui ne sont pas spécialisés…. On s’est un peu battues là-dessus l’an dernier, un tout petit peu cette année.. j’ai, comme avec Sarah abandonné vite.. en plus on n’avait pas le temps… J’ai pu toutefois rajouter le mot nourriture, plus parlant que management des ressources…

Jeudi 29 Avril : réveillée en fanfare par le cri strident d’un bébé à 5h… Debout aussitôt… à ma grande surprise… pour préparer la journée… Arrivée Dani et présentation méthodologie dans la salle de conférence de l’hôtel… une heure avant la conf, cavalé pour trouver un projecteur. Celui prévu (Alamai du service culturel) n’était pas accessible. Elle avait pris une journée de vacances... J’allais foncer chez elle mais préféré tenter le département de l’énergie… Un peu surpris de ma demande en urgence, Paulson, le secrétaire permanent, a hésité quelques secondes puis a donné l’ordre qu’on me le prête… Ouf…

J’avais invité Annie et Fumiko qui ont pu dire un mot aussi… Un petit couac : d’abord quand Dani a parlé des bêches de mer… j’ai précisé pour son info, la situation avec la pêche « intensive » pour export en Chine… Et quand elle a asséné que les starfish étaient dangereux pour les coraux… émis une nuance en l’informant du projet de Fumiko, Foram, qui donnait un aspect positif avec la création de sable. Fallait remettre les choses dans le contexte tuvaluen et indiquer que bien que non intégré dans la présentation, Alofa était au courant… Autre petit couac, le uaelu dont je ne retiens jamais le nom, a priori sympathique représentant du Kaupule (et un des musiciens qui m’ont fait trimé sur leur projet de festival musical et n’ont plus donné signe de vie pour le festival des king tides…**). Ici idem alors que toute la tablée était positive, il a fait remarquer qu’on n’avait pas suivi les règles protocolaires et qu’il n’était pas au courant… « et la communauté ? »… Tupu lui a répondu en tuvaluen qu’en gros tout était fait dans les règles de l’art.
Sinon ce fut plutôt drôle et sympathique. Le PC de Sandrine s’évanouissait de temps en temps rendant la présentation un peu plus compliquée et je traduisais ses jurons comme « putaing » à l’assemblée…

** en fait leur attitude de non collaboration, de grimaces à faire avec les autres, me rappellent les commentaires du forum de libé ce matin sur le 1er mai… Tous ronchonnent, critiquent tout de la société et bien sûr aussi la manif prévue « qui n’est pas unie » et que bien sûr ils ignoreront… La caricature du râleur qui ne lève pas le petit doigt pour agir et surtout pas avec les autres…

Ce jeudi soir, derniers préparatifs pour le voyage et pour l’atelier de formation du lendemain… autour d’une soupe aux nouilles. Après avoir trouvé, ô miracle, dans une île envahie par 500 outer-îliens, réunis autour des olympiques tuvaluens, une bicyclette pour Dani… Plus rien chez notre voisin, mari de Susie, qui m’avait promis pourtant de m’en faire réparer une… plus rien non plus chez Grace, sauf me dit-elle la bicyclette du vieux monsieur enfermée dans un container à côté… Dani a pu la récupérer le vendredi matin...

Vendredi : matinée de formation devant les fisheries… Décamètres, poissons découpés déposés un peu partout, feuille de relevé de data… Ce fut très sympathique… Pas resté jusqu’au bout parce qu’il fallait que j’assure le liquide pour la mission et que je passe, entre autres, chez le secrétaire permanent des ressources naturelles pour faire ajouter notre stagiaire Maud sur la liste officielle de Bonn… Il a dit qu’il ferait maintenant inchallah..

Déjeuner à l’hôtel avec toute l’équipe après une petite discussion avec Sem et Taukiei sur le fait que Nukulaelae pouvait utiliser une partie de son fond GEF pour nous nourrir et nous loger en contrepartie de la formation de la communauté.. Il n’y a pas de petites économies et nous en avons besoin sur ce projet, c’était déjà plus que risqué, l’euro qui s’effondre face au dollar australien ne facilite pas les comptes.

Pot sympathique vendredi soir après la crise… discussion affectueuse de la nuit et, café inattendu préparé au matin …Donc Biodiv so far so good…. Non seulement on s’entend bien, non seulement les tuvaluens se sont montrés fiables et partenaires (tirant presque des larmes hier soir à Sandrine réalisant combien l’équipe était soudée avec la présence hier soir de Semese***), non seulement on a accès à toutes les données de NZAid mais aussi aux photos de poissons qu’ils pourraient avoir et qui nous manqueraient pour le bouquin.

Hier soir aussi, Thomas, le thésard requins et photographe amateur doué, a profité que je m’étais retirée seule sur la terrasse à ruminer mon reste de colère « on n’a pas eu beaucoup l’occasion de parler »… C’était vrai je l’avais un peu évité, un peu en colère de n’avoir appris que ce voyage pouvait servir à sa thése qu’à son arrivée… Alors que j’avais décliné en long et en large à Sandrine qu’un bon photographe sous marin, étudiant, on pouvait sans doute trouver pour moins cher que ce qu’elle avait budgété… A Thomas, j’avais juste glissé le nombre approximatif de photos de poissons et autres invertébrés nécessaires en ajoutant le côté humain : comment les tuvaluens utilisent le lagon, les poissons (pique nique au poisson cru attrapé direct et mangé dans le lagon), les bateaux traditionnels.. On est allé un peu plus loin et j’ai regardé pour la première fois ses photos. Sandrine m’en avait vanté la qualité et la créativité. Elle avait raison… Nous aurons de très belles photos sous-marines… Il est un peu moins doué pour l’extérieur. La couverture genre « photo reportage » que je lui avais demandée hier matin de la formation a l’avantage d’exister. Pas grave car je couvrais aussi avec la vieille petite Sony (qui donne l’image d’une centenaire mais qui continue à fonctionner contrairement aux 2 grosses (la nôtre et celle du service social))..

J’avais expliqué à Sarah et plus tard à Sandrine que je risquais une dichotomie en passant de l’une, nonchalante et difficile à pousser, et l’autre, wild horse pushy… En fait non, j’apprécie la présente cohabitation bien plus que la précédente… Sandrine a intégré un tas de choses en un an… Hier soir, je l’entendais parler des bénéfices aux communautés, de l’échange de savoir, des notions étrangères à son vocabulaire l’an dernier.. Et la petite phrase dans un de ses mails, concernant le chocolat qu’elle essayerait de ne pas oublier… qui m’avait fait bondir et dire d’elle qu’elle avait l’impression que l’univers tournait autour de son nombril… Et bien cette petite phrase avait été écrite pour me faire mariner. Le chocolat était déjà acheté.. Et en sortant de l’avion, c’est la première chose qu’elle m’a montrée ! Et comme je lui ai dit cette nuit , je suis très satisfaite de son travail. Certes, contrairement à Sarah elle est payée (après âpres négos, finalement selon mes principes qu’on peut vivre avec 3000 euros par mois… sauf que c’est en $ Australiens et que c’est sur plusieurs mois, donc ça fait plus gros).. mais entendre elle et son équipe proposer de payer les boissons et encas en dehors du déjeuner à l’hôtel et la soupe rapide du soir fait plus plaisir à l’oreille que d’entendre « j’ai besoin d’argent pour acheter mes cigarettes ».. Sans parler des surcoûts importants des voyages que Sarah va vouloir imputer sur notre trésorerie et totalement provoqués par sa flemme.. Bien sûr on ne pouvait pas prévoir qu’un nuage ralentirait les retours sur l’Europe mais si elle avait fait les démarches quand on en a parlé et pas 15 jours plus tard, elle serait passée avant le nuage. Maintenant je ne sais pas combien de temps, elle va rester en Nouvelle Zélande (ou elle passe voir des chiens de son chenil)

Si on n’attend pas d’un chef de projet qu’il suive les infos indispensables à son projet, plutôt positif de la part de Sarah d’avoir suivi mes conseils en prenant contact avec Sikeli et son contact de fabricant plastic. Pendant son transit à Suva elle est allée voir, avec Sikeli, le fabricant d’un proto de digesteur plastique que Sikeli contacté avec notre dossier de recherches et de plans. Il a démarré la fabrication d’un digesteur flottant (pas le modèle qu’on préfère mais tellement plus pratique à transporter.) Elle a expédié un petit rapport. On est loin encore d’un outil finalisé et donc à des années lumières de pouvoir en acheter un, semble t’il, mais une collaboration se dessine entre le fabricant, sikeli et elle pour fignoler les fittings etc.. Elle a en tête de revenir à Tuvalu en septembre maintenant -décalage de quelques mois c’est pas la mort mais je vois toujours mal comment ce pourra être possible… Le matos n’est donc toujours pas décidé, a fortiori non commandé, et encore moins expédié… Rien que ça prendra 3 mois… Et même si ça arrivait à l’heure… comme à priori elle reprend ses cours en octobre… je vois mal. Parmi ses incohérences financières (pour quelqu’un qui sait, dit elle manager) quand elle envisage de faire venir 2 étudiants stagiaires pour suivre le projet pendant 1 an « juste en payant leur nourriture et leur logement », oubliant que multiplié par 365 jours ça chiffre.. A peu près 5000 euros pas inclus dans le budget (comme n’était pas inclus dans le budget un deuxième voyage pour elle… voyages que GEF ne prend pas en compte). Sandrine elle calcule plutôt bien… et à priori… plutôt tout.

Contente quand même qu’elle et l’équipe soit reparties aussi, contente de retrouver la maison, de me retrouver.. Heureuse de reprendre mon rythme et de pouvoir dormir un peu plus que 4h par nuit. J’ai pu quand même répondre à quelques mails qui me semblaient urgents cette semaine comme celui de Jacqueline, la n° 2 de l’ambassade de France qui propose un budget pour assister Tuvalu à se faire mieux entendre en prenant en charge salaires et dépenses d’un expert junior.

*** Sem qui me disait qu’il pensait que tel projet serait mieux si « tu lui as dit ? » : « tu me connais, tu sais que je suis timide, qu’il faut venir me chercher quinze fois pour que je m’avance, j’suis pas pushy comme Sandrine », avec un sourire…

Sem, au cours de sa première conversation avec Sandrine mercredi soir, a d’abord voulu lui exprimer combien il se sentait mal à mon égard et voulait mon pardon… Alors qu’elle avait été remontée contre lui tous ces derniers mois, elle m’a demandé d’aller le voir. Je n’y suis pas allée. Perso je n’ai exprimé ni rancune ni froideur, juste pas abordé les sujets qui fâchent avec Sem, j’ai rien fait de plus… Et je l’ai mentionné dans mes présentations comme un pilier du projet. J’ai peut-être souri un peu plus. Mais c’est plus sûrement la bière qui l’a détendu ce soir là. Il m’a avoué hier quand je disais être réveillée tous les matins par les cris du bébé « eh Gilliane, il faut que je te dise que je viens dormir quelquefois ici dans le jardin… T’as raison le bébé braille ».

Samedi 1er mai

A Tuvalu c’est la fête du sport tous les jours depuis une semaine et fête tout court le soir. La capitale est packed, les rues sont crowded de motorbikes dont on ne trouve plus une à louer. La ville résonne de musiques, de cris de joie émanant de toute l’île, depuis qu’ont commencé les jeux inter-îles de Tuvalu et qu’a débarqué un demi-millier de résidents de plus qui vivent dans les maisons communautaires, dans les écoles, dans de la famille. Les jeux ont eu 1 journée de retard et les cérémonies de résultats n’ont eu lieu qu’aujourd’hui, les bateaux ne partiront donc pour ramener tout le monde chez soi que dans quelques jours, puis ils reviendront dans quelques jours pour emporter 1 autre fournée de 2 autres îliens.. et encore 2 et encore…

Saini, l’avocate qui vit en face de chez Grace, m’a dit que pour célébrer la fin de la semaine de workshop Biodiversity, ils avaient fait un saut au Matagigali, ou y’avait tellement de monde que personne ne pouvait plus entrer. Du jamais vu. Hmm moi je suis bien chez moi… et contente d’être enfin… seule.. pour quelques jours.

Rendu la bicyclette à Grace. Rien à payer mais le « vieux » qui s’est approprié la bicyclette de Leota veut l’emporter à Nanumea pour aller aux cochons.. Nous ne l’aurons donc pas quand l’équipe reviendra. La bonne nouvelle c’est qu’alors il y aura à nouveau des mob à louer… La nôtre, l’électrique, m’a lâchée, en sortant de chez Cat tout à l’heure. Elle était tombée, un monsieur l’a remontée… mais 1/2h plus tard elle n’a pas voulu repartir et je l’ai poussé jusqu’à chez Alpha/John en face. J’espère que ce ne sera rien comme quand elle a déjà eu ces symptômes à mon arrivée, après une chute… En attendant et par bonheur car demain c’est dimanche, comme l’équipe de Sardine est partie, j’ai le vélo rouge.

Aux ¾ du voyage, si je suis encore dans le flou, j’ai accepté comme un fait l’immensité de la tâche en y renonçant partiellement, en n’en faisant plus une priorité. Si j’ai envie de rentrer à la maison plus que d’habitude depuis un moment, ça s’estompe et voyant le mois de juin arriver, je ne suis plus si sûre… Mais, particulièrement les 2 premiers mois du séjour, les informations/rumeurs/constats de problèmes à expliquer/régler si on veut atteindre notre but ont été tellement nombreuses que ça m’a submergée et que j’ai été prête souvent à abandonner. Le tout fut particulièrement éprouvant, déprimant. Ensuite ça s’est calmé. Tout n’était pas rose, mais il me fallait l’accepter comme un paramètre de plus. Tuvalu allait peut être à sa perte mais je n’étais pas atlas pour porter leurs malheurs ni Sisyphe pour me remettre à la tâche continuellement. Voilà... Et oui on pouvait arrêter Amatuku. Leur chaos nous y autorise. En revanche, j’ai aussi constaté que si on pouvait aller plus loin avec la biodiversité, je continuerai à m’en occuper sans doute avec plaisir, according to what I saw the last days.. Je n’étais pas vraiment prête à ne plus revenir à Tuvalu et l’idée du potentiel prochain film m’a aidée à en avoir envie. Posé quelques notes ce soir qui m’ont ramenée à ce blog.



16 / 05 / 10 - 16 : 37

Presque barré toutes les lignes du week end. Piggarep, une lettre de 2 pages et un résumé de 6 ( !) sont prêts à partir ; Envoyé un mot en amont à ceux de l’undp que je mettrai en copie pour les prévenir. Répondu aux Brésiliens qui s’étonnaient comme beaucoup de devoir payer des droits pour diffuser des images que nous ne voulons plus diffuser… Les sensationnelles… En revanche, nous sommes obligés de rappeler à chaque fois que toutes les autres images et particulièrement celles des solutions sont mises à disposition gratuitement.

J’vais pas tarder à expédier à Fanny les réponses à ses mails et récaps de la semaine. Me reste Chris qui suit les affaires du matos pour le gazogène et d’autres trucs et à qui je dois une mise à jour de la situation, particulièrement sur la mission de Gilles…

La semaine s’annonce rude… Lundi c’est le début de la workshop de NBSAP et le lancement des jeux olympiques de Tuvalu… Je ferai un saut à l’un et déclarerai probablement forfait pour l’autre. Pas trop bon souvenir de la chaleur y’a deux ans… Sandrine et le photographe arrivent mardi. Mercredi présentation du projet et de NZ Aid à NBSAP workshop et départ de Sarah. Jeudi arrivée de Dani, la compteuse de poissons et présentation par sandrine et elle du projet.. J’espère que Sandrine comprendra l’intérêt de tout faire le mercredi, devant une grande audience qu’en comité restreint (en gros l’équipe de 4 ou 5 tuvaluens qui feront le voyage et l’étude avec elles)… Pour le moment elle veut présenter le jeudi et parler de méthodologie le lendemain… Connaissant Tuvalu, et sachant que ces deux étapes vont prendre max 1h chacune, quand on a les gens sous la main on fait tout… D’autant que la plupart doivent aussi participer à la NBSAP..

Un plaisir le soir de la soirée indienne, Paeniu, un des fisheries qui sera du voyage, nous a rejoint à la table. Il était un peu bourré. Suffisamment pour lui donner le courage de s’exprimer mais pas trop. Il a donc clairement expliqué à Sarah le projet qu’il s’était approprié. Pourquoi les îles les plus éloignées, pourquoi le comptage des espèces et du nombre de poissons par espèce etc. Ne lui manquait que le bouquin... Pourtant il n’avait pas assisté aux réunions de l’an dernier. Tupu a donc bien transmis les informations et il a bien retenu ce que nous avions résumé Fanny et moi lors de notre passage dans leur bureau pour essayer d’apporter des réponses précises aux questions de Sandrine. Ça m’a fait grand plaisir d’entendre tout ça, comme ça… Je disais ma satisfaction à Nickie sans intervenir une fois dans le discours de Paeniu.

PS du 26/4 : J'ai déplacé ce soir le bureau de « la chambre de Fanny, coté lagon », dans le salon... Maintenant le téléphone et le modem trônent sur un vrai bureau à taille humaine et l'imprimante est juste à côté sur le petit pouffe... J'aurais dû y penser avant :). Ça n’a pas été trop facile de faire passer ce gros bureau dans une porte trop petite mais ça l’a fait. Sarah qui m’a dit en arrivant « t’aurais du me le dire, je t’aurais aidée » n’a reproposé son aide le soir en m’entendant de sa chambre tirer, pousser, déménager sofas et étagères depuis une heure que quand elle a été sure qu’il n’y avait plus rien à bouger ! Mdr.


16 / 05 / 10 - 16 : 36

Surprise du jour en récupérant mon passeport.
Ça me semblait traîner un peu (alors que sarah l’avait eu dans la foulée), ça traînait tellement quand je suis passée ce matin avant l’avion que je commençais à me raconter des histoires et à me dire que ça me ferait bien plaisir qu’ils me fassent des ennuis pour n’avoir pas mis à jour ma situation dans les temps (j’ai près de 3 mois de retard… Et l’année dernière, j’avais même rien fait du tout).. Si je pouvais être obligée de partir pour ce genre de raison, je ne ferais agir personne et je m’envolerai avant la fin de la mission de Sandrine… Comme il y a une dizaine d’années quand un ras-le-bol de L.A. m’avait envahie… Et que j’ai furieusement eu envie d’aller jusqu’au bout de la procédure un peu débile subie à l’aéroport parce que j’avais dit que je n’avais pas 50 dollars en liquide pour qu’ils tamponnent mon visa de travail.. 5 heures sur le gril dans les bureaux de l’immigration… Il m’avait fallu acheter un billet de retour immédiatement etc jusqu’à la 135e question où ils ont compris que je dirigeais une (petite) entreprise, que j’avais une maison etc… « Mais pourquoi vous ne nous l’avez pas dit ? » « vous ne me l’avez pas demandé »… Puis me conseillant d’épouser Chris pour n’avoir plus jamais cette situation…. J’en avais marre de L.A. et si c’était eux qui me renvoyaient c’était mieux… Fatalisme plutôt que décision… Aujourd’hui un peu manque de bol mais sympathique surprise quand même : « Gilliane » me dit l’officier d’immigration, en me montrant un visa qui ne ressemblait pas au tampons habituels, avec une mention manuscrite sous le cachet.. « Tu travailles pour Alofa Tuvalu donc on t’a fait un visa de travail, mais seulement pour Alofa Tuvalu, si ta situation change, tu nous préviens. » J’ai désormais un droit de séjour d’un an. Sans coût. Jamais il ne m’était arrivée aux US d’être exemptée de tout frais y compris de tampon (qui coûte aux professeurs palagis travaillant ici pour l’école religieuse pas loin de 200 dollars il me semble).

Autre satisfaction du jour : d’avoir pu exprimer mon opinion et ressenti dans l’oreille très amicale de Falesa, le Ministre de l’Education et celle de Polao, du comité d’investigation sur la mutinerie TMTI. Je l’avais loupé hier et pas vu de la journée, c’est lui au retour de la réunion du comité d’investigation qui est venu me trouver. Je ne sais pas ce qu’ils en retiendront et ce qu’ils en feront mais en tout cas, ils ont entendu et avec Polao on a élargi aux problèmes plus généraux de Tuvalu. Ce qui m’embête dans cette affaire c’est que je me mets dans le camp des opposants à Leota… Il semble porter les revendications avec le chief officer (qui se révèle violent avec Lee) alors que je serai ravie qu’il devienne capitaine si c’était possible. Sinon il ne serait que acting capitaine et peut être même pas puisque ça reviendrait à Puga le chief officer. Je regrette que Leota ne nous ait pas informé de leurs intentions et surtout qu’ils aient attendu que le capitaine soit dans l’avion pour sortir du bois... Sous tendu, sous-entendu et clairement exprimé dans une douzaine de récriminations, une guerre contre Lee, le comptable et notre biogaz en chef depuis qu’on a viré l’alcolo l’an dernier. Lee est beaucoup plus détendu depuis qu’on a parlé hier. Il avait l’impression qu’il avait tout le monde contre lui et n’osait parler à personne… En tout cas, il a une maîtrise incroyable et j’espère que ça va durer malgré les provocations quotidiennes qu’il a à subir à Amatuku (cf Puga qui veut le poursuivre en justice pour avoir coupé, après qu’Utala lui ait dit que c’était du leftover, un bout de grillage)… Je ne sais pas si je suis claire mais la réaction de Sarah l’est : « s’ils font ça, nous on poursuivra Utala pour vol et sabotage ». Ambiance !

L’arrivée des étudiantes journalistes en provenance de Norvège s’est passée en douceur. L’une est blonde, l’autre brune. Elles sont sympathiques, mais n’avaient pas réservé de chambre… Et comptaient en trouver à 30 dollars dans une des « nombreuses loges », tout comme un neuneu blond atterri de je ne sais quel pays qui n’avait pas réservé non plus et est venu me demander une chambre à 30 $... Le hide away c’est loin, si vous trouvez un taxi, après faut un transport quotidien comme une bicyclette ou une mob… J’ai emmené les filles. Vase puis Penni leur ont fait une chambre double au 1/3 du prix… Vase m’a confié qu’ils ne prenaient plus personne because problème d’eau... Le neuneu nous a rejoint et à l’annonce du prix normal a commencé à sortir ces papiers… Ressortant le hide away. A Penni qui lui redisait qu’il lui fallait un transport… Est-ce qu’il voulait qu’on lui trouve un taxi ? « et une voiture ? ». « 40 $ par jour ». Penni a été gentille et lui a donné la dernière chambre à la moitié du prix sans climat’. En fait elle devrait faire l’inverse, des chambres un peu moins chères et un forfait aircon à un tarif élevé. Je les ai laissés là car le neuneu me tapait vraiment sur les nerfs et j’avais autre chose à faire.

A l’aéroport croisé la moitié de la ville comme d’hab dont Salilo, la femme de Enele, Maatia, l’ex PM à qui j’ai forwardé cet aprem l’info seacology-cruise ship à Nanumea. Il est avec Willy, élu de cette île... Tala de la croix rouge qui essaie de m’apprendre un mot tuvaluen à chaque rencontre, Vasa ex office du Premier ministre qui venait de rentrer après 1 an à Fidji, Sem à qui je ne dis rien… juste échanges de sourires.. Mettre la pression ne sert à rien ici… Donc j’attends qu’il passe comme il le dit tous les jours à Sarah sans qu’on lui demande rien. Vu les filles du service social qui passeront, elles, samedi pour leur première leçon de montage. Peut-être…

Les Norvégiennes elles sont passées ce soir. Elles ne restent qu’une semaine et je voulais d’emblée leur montrer les king tides, et leur donner quelques pistes comme le fait que les tuvaluens répondent toujours par oui à une question qui comporte une formule négative, leur rappeler que c’était payday, de faire attention aux pochetrons… Je leur avais déjà indiqué qu’il valait mieux ne pas se baigner en maillots de bain... Bref je pensais en avoir pour une demi-heure et avoir fait ma BA auprès de la fille de UNDP qui me les avait envoyées.. En fait ça s’est terminé en interview fleuve mais sympathique … Elles m’avaient demandé si j’étais d’accord qu’elles enregistrent en audio et qu’elles en utilisent des extraits… Au cas où elles trouveraient où placer leur article. Quand elles ont demandé à prendre une photo, je leur ai montré l’angle pour le coucher de soleil… Non, c’était mon portrait qu’elle voulait « mais pour quoi faire » « pour notre reportage ? » « J’espère que vous trouverez mieux comme illustr ». Elles ont demandé si elles pouvaient avoir une BD. « Oui, à condition que vous la traduisiez ? » « Avec plaisir... ». Le Norvégien manque à la collection. Le mail de ce matin de Taiwan Environmental protection Union encensant la bd reçue à Copenhague et demandant s’ils pouvaient faire la traduction était sympathique aussi... On leur enverra la première trad faite par William, l’ex de l’ambassade à Funafuti. C’est super d’avoir encore une relecture dans un langage qu’on ne maîtrise pas du tout… Et quelqu’un qui imprime et utilise.

Y’a donc eu un tas de petites sympathiques nouvelles ce jeudi, veille d’un Nième vendredi férié (bomb day, du jour où les japonais ont envoyé un obus sur l’église). La dernière : Nous avons enfin une lampe extérieure digne de ce nom sur la terrasse, compacte mais lumineuse, un peu trop même. Et Henri/Enele, l’homme à tout réparer de l’hôtel m’a dit que les 30 dollars que je lui tendais c’était beaucoup trop. Il est venu 3 ou 4 fois et va aussi installer une petite planche dans le « dressing » pour que j’ai deux étagères et pas seulement une… je rêvais depuis 4 ans de pouvoir ranger mes affaires correctement. J’ai commencé à rêver d’installer la chambre/bureau côté lagon, mais là faut créer le placard.. En angle : 3 hautes planches, un manche à balai d’un côté pour suspendre, quelques étagères de l’autre… Pas compliqué, mais trop pour m’assurer que ca sera fait pour l’an prochain, d’autant que je ne suis pas sûre d’avoir envie de revenir après 2011.. Et puis un lit de camp pour plusieurs mois, ça ne le fait pas pour moi qui ai besoin d’aises, il faut donc un grand lit.

Dernier plaisir : Fong m’a confié que ses 3 plus grandes filles (de 7 à 15 ans) me trouvaient toujours bien mise... Mes tenues plus que décontractées plaisent donc aux ados… De quoi faire bisquer Sandrine qui avait regardé un jour l’an dernier d’un air dégoûté une jupe achetée à Fiji y’a quelques années… Me trouvait mal fagotée « ah ben oui ça se voit que ça date »… Bien sûr je m’en fous, s’il y a bien un endroit où je ne me pose pas ce genre de questions c’est bien ici… Une seule question en fait : trouver un modèle de robe traditionnelle qui ne fasse pas trop bécassine. D’autant que le tissu doit, traditionnellement, comporter des fleurs… Ça tasse !

Au lit… bientôt Minuit… Je termine mon dernier Canard. Si nous annulons la mission de gilles because tensions à tmti, je n’aurai pas ma cargaison de canards en retard... Et j’en suis à la 520ième page du Douglas Adams « the hitchhiker guide to the galaxy » qui en fait 764… À déguster avec modération…. J’ai commencé à me fatiguer avant la 500ième mais par petites touches, on retrouve le plaisir de la créativité déliée et la satire des sociétés humaines. Ce livre est tellement riche que je réalise combien est grande mon ignorance de l’Anglais et je m’étonne de réussir à m’exprimer sans connaître tous ces termes. Sans doute beaucoup de paraphrases. Comme en français d’ailleurs.

Fakasoa de retour de je ne sais quel voyage rencontré au centre des femmes : « t’as vu l’article de business news pacific ? « tu veux dire celui que tu nous as envoyé y’a un mois ou deux ? » celui où pour seule illustration figurait sa photo….. « euh , je ne sais pas mais à l’aéroport y’a des gens qui sont venus me voir en me demandant si c’était moi sur la photo. » Il était, bien sûr, ravi, confirmant une nouvelle fois combien tout le monde est avide de gloire.

La thèse de Nickie : « Tiens » me dit elle « Regarde j’ai fait comme toi en 2004, je me suis postée à l’aéroport à chaque avion pour faire un sondage sur le nombre, non pas de touristes, mais de représentants d’institutions ». Son papier, « power, participation & development : a case study of theoritical doctrines & international agency practice in Tuvalu », un résumé ou un extrait de la thèse qu’elle a en tête depuis 2004, indique qu’en 3 semaines, au moins 34 personnes d’au moins 25 institutions de développement ont débarqué à Funafuti… Sa conclusion : proportionnellement c’est comme si 2 millions de personnes débarquaient à Canberra (capitale australienne) pour discuter d’affaires de développement… Et, bien entendu, les maigres ressources humaines de Tuvalu ne peuvent suivre. Ceci ayant un impact négatif majeur sur leur capacité à faire leur boulot.

Un restau indien qui va ouvrir nous dit-on bientôt fait une semi-ouverture ce vendredi soir à l’hôtel. A priori nous devons y retrouver Nickie et Cat, si tant est qu’il ne fallait pas réserver 3 jours à l’avance. Quoi qu’il en soit, je doute que ce soit un indien comme on en trouve à fidji avec lentilles, épinards etc mais comme ici toutes les viandes cuites au curry et riz…

A l’aéroport, alors que je vérifie comme à chaque avion si les femmes ont réalisé de nouveaux colliers que nous n’aurions pas dans notre collection, une des femmes m’a dit « t’as vu j’ai des éventails Alofa »… J’en ai mis un de côté bien que les couleurs laissent à désirer.

La bicyclette : un plaisir depuis que John l’a huilée, en quelques coups de pédales je suis là où je veux être… Auparavant, malgré la main autoproclamée spécialiste de sarah, je commençais à m’inquiéter de ma capacité à pédaler, avec l’impression que Tuvalu était un pays de montagne..

Tous les enfants tuvaluens sont arrivés sur la capitale des 8 îles lointaines, les uns parce que c’est les vacances, les autres pour participer à la compétition sportive inter-îles qui a lieu tous les deux ans… Bruit assuré du matin au soir. Ce matin, à 7 h, un groupe d’une vingtaine d’étudiants s’ébattait dans le lagon au son d’un sifflet strident… Encore une incompréhension de la société tuvaluenne qui ne prend pas en compte le respect des voisins. Il faut dire que vivre dans la même pièce habitue l’oubli des bruits alentour dès la plus tendre enfance… C’est vrai pour la musique, le bruit ambiant, mais c’est la même chose pour les déchets. Euh… « Tuvalu we love it or we leave it » pourrait me dire le gouvernement s’il ressemblait un peu à notre président.

La chaleur depuis quelques jours est difficilement supportable. Respiration malaisée, transpiration même sous le ventilateur. Ca m’a rassurée que Sarah, de retour de l’hôtel où elle va déjeuner tous les jours, me dise avoir des difficultés à respirer elle aussi. Pour tout arranger, nos voisins brûlent les déchets qui s’accumulent en un monticule... Ça pue. Et nous on fait pareil (avec beaucoup moins de déchets puisqu’on composte, on conserve tous les conteneurs et rapportons toujours les recyclables et toxiques dans nos valises).



16 / 05 / 10 - 16 : 35

20-4-2010 Je pense oui annuler la mission de Gilles

Entre le bordel à TMTI, celui créé par le volcan et les vols capricieux d’air pacific… je le sens mal. Tout comme je n’y vois toujours pas très clair dans le départ de Sarah. A priori elle peut quitter Funcity jeudi... Je lui ai conseillé, m’étonnant qu’elle n’y pense pas, de s’arrêter une journée à Suva pour voir Sikeli qui a répondu au mail que j’avais préparé pour elle, - elle est censée être chargée du projet -, et qu’elle a mis 4 jours à envoyer*… A la question « Any news des plastic manufacturers que tu devais voir avec les modèles qu’on t’avais donnés », Sikeli nous informait qu’il y avait maintenant un fabricant de digesteur plastique à fiji et que ça coûtait 800$ soit quoi ? 300 euros pièce…. On est loin des 2000 livres et plus en UK sans parler des 2500 euros de transport par unité… Ça vaut la peine de s’arrêter non ? C’est un peu le mystère sur le comment et quand elle va pouvoir rentrer sur Londres… *En revanche ce soir, c’est elle qui m’a poussée au cul pour que la lettre à Solomone/Piggarep soit finalisée… Elle sait que je peine sur ces merdes surtout que je veux mettre UNDP et GEF en copie.. L’autre jour elle m’avait dit « mais envoie le comme ça, c’est bon ». J’avais expliqué qu’il fallait que chaque mot soit posé… Ce soir elle m’a dit « tu veux me donner ton truc à revoir ce soir »… J’ai repris sans trop de haut-le-coeur en digitalisant une heure et lui ai passé… Ça fait 2 heures qu’elle est dessus ou… qu’elle dort..

En revanche dans la famille voyage, la mère wheeler dont le silence m’inspirait un petit malaise quant à la disponibilité d’un siège suva/funcity, sauve la mise. C’est toujours compliqué d’assurer un vol vers Funafuti, depuis qu’Air Pacific a repris les activités d’Air Fiji. Et de plus en plus puisque nos actions à tous conjuguées attirent de plus en plus de monde. Même si le flot des touristes est modeste, il est de plus en plus régulier, jusqu’à la quinzaine de japonais d’une maison de retraite...

Dans l’affaire TMTI je lobbye sec. Aujourd’hui avec Diana des média et Willy (qui m’avait appelée pour qu’on parle de Seacology, un projet de replantation de mangroves à Nanumea sur lequel Fanny avait vu passer un article et nous l’avait transmis. Il m’a demandé mon avis sur tout, aussi bien si je pense qu’il faut faire des élections parallèles pour remplacer italeli ou si tuvalu doit créer des relations diplomatiques avec l’Iran… Et entre les deux tout le reste)... La nomination du GG, t’en penses quoi ? « Peu à dire sauf qu’Italeli semble un peu jeune pour prendre une telle retraite », mais dans le genre rumeurs de la rue j’en ai mis un paquet sur TMTI et Utala.. Je remets ça demain. Je vois Polao (du comité d’investigation) pour lui faire un compte-rendu de notre vécu là-bas et celui de Sarah à Nanumea... Bizarrement, à chaque fois que je commence, en disant « je ne dirai pas qui », ils pensent que l’alcolo malveillant c’est Favea… Comme quoi l’équipe de TMTI a déjà fait son boulot de sape.. Car derrière Usu, c’est Lee qu’ils visent...

En fait je me rends compte qu’une partie de ma déprime des derniers mois est due au fait que tout le monde me parle, j’entends tout, je sais tout ce qui se passe, plus que chaque tuvaluen pris individuellement… Et surtout beaucoup plus que les années précédentes.. C’est ça aussi faire partie de la famille de chacun...

À la réunion d’aujourd’hui, je suis intervenue c’est sûr, mais je me mordais les lèvres pour ne pas l’ouvrir trop car je trouve cette initiative imbécile. Eliala en fait a pris tous les thèmes/activités faites (ou prévues) ces dernières années, y compris l’artisanat, le concert, et bien sur le fashion show à partir de waste.. C’est pour ça que j’ai proposé à la place la vidéo de l’an dernier, histoire d’éviter un boulot de fou à tout le monde. Elle a sauté « ah super, on passe la vidéo l’après midi et on fait le show le soir… » « Euh... en ce cas, gardons la vidéo pour la journée de l’environnement… »

Sur ma revendication de payer Kaio un peu quand on le met sur des trucs, dans la mesure où contrairement a tous les autres autour de la table, il n’est payé nulle part… Plutôt qu’un premier prix pour le concours de mon cul sur la commode à 500 euros, on baisse le prix et on rétribue Kaio. Alofa s’est proposée pour les prix du concours de jardins et paiera Kaio…. Ca a laissé la plupart sans voix.. sauf Soseala (qui m’a dit l’autre jour qu’il était membre depuis l’an dernier mais n’était pas sur nos listes… Maintenant il y est), qui m’a regardé comme si j’étais un ange...

Saufatu, lui, rencontré à l’aéroport, m’a expliqué que s’il n’avait pas été nommé GG (alors que le gouvernement, comme on lui avait dit, l’avait en tête) c’est à cause d’un blocus de l’opposition qui proposait Tofiga, le President de l’Eglise… On l’a échappé belle.

Parmi les autres petites nouvelles : après la réunion avec eliala et sem sur le bouquin qui s’est bien passée et on avance bien que Eli fasse toujours 3 pas en avant pendant les discussions puis 2 en arrière en conclusion.. (sem n’avait pas l’air dans son assiette… les yeux bouffis.. sa démission le mine et la mère Annie n’a pas l’air de l’aider et par exemple lui interdit de partir avec ses data…. ) … Après la réunion de ce matin où il était aussi, arrivé en retard, Sarah l’a rencontré à Tango où elle essayait de voir Taukiei pour avoir un retour sur les dossiers préliminaires envoyés sur le biogaz... Il était assis, m’a-t’elle dit, la tête entre les mains et lui a dit qu’il passerait à 6h… J’avais du coup réouvert son contrat… En bon Tuvaluen, il n’est pas venu…



16 / 05 / 10 - 16 : 34

21 avril 2010 - Le festin

La grande, l’excellente surprise du jour : une livraison de légumes dans la petite boutique dont on m’avait dit, à mon arrivée, qu’ils en importaient. Rien depuis 3 mois. Et puis ce soir en passant devant, j’ai vu des cartons devant la porte. J’ai vu des sacs de carottes. « vous avez quoi d’autres ? « des tomates » déjà je sautais de joie. J’allais pouvoir confectionner pour le dîner (prévu avec Cat son époux, semese et qui s’est terminé sans son époux ni semese mais avec John… une vraie salade de tomates avec la mozzarelle transportée depuis L.A. et le basilic de Pati… Ce soir, alleluia je n’aurais pas à ouvrir une boite de petits pois et de mais pour faire comme ci avec la mozzarelle et le basilic ! Enfin, bon, quand ils ont ouvert le carton, j’ai cru que c’était des prunes jaunes, tellement elles n’étaient pas mûres et tellement elles étaient petites… « et quoi d’autres » « chou, concombres, gingembre… » et dans le frigo je vois du raisin, des oranges, des pommes, des poires… Du raisin, du type que j’achète pas à Paris, à gros grains pleins de pépins et sans goût, mais même pas bon, la consistance trimballe sa nostalgie.. Toute la tablée (d’origine britannique) a adoré et ne fait pas la différence entre une bonne tomate et une qui s’est baladée des mois et pourra durer encore deux, sans goût, et ne connaît bien sûr pas le muscat..

J’avais donné des sous à Cat pour acheter le thon à une des femmes le long de la route. C’est elle qui avait pensé y’a des semaines a essayer de cuisiner un poisson, à la tuvaluenne. Tala son époux s’était proposé pour le nettoyer.. Elle est arrivé avec les filets… les a fait mariner dans le chili et le citron vert que j’avais récupéré à l’hôtel. J’avais sorti la purée du freezer et Sarah l’a allongée au beurre et garlic… John est arrivé avec le vin.

Ah oui, j’ai dû abandonner la lutte passive et nettoyer la paillasse de l’évier des déchets de Sarah… 10 jours… rien n’y a fait… Elle ne voit pas, elle n’entend pas, elle ne bouge pas. En fait c’est un mode de vie, il suffit de voir sa chambre. Idem pour la vaisselle du dîner… comme d’hab, la même préposée : cosette. Elle justifie son inaction post dînatoire parce qu’elle a coupé une gousse d’ail avant..

Dans l’après-midi, retrouvé Lee par hasard à l’hôtel, alors que je voulais déposer des pain killers à Yoka qui m’avait cueilli les derniers citrons verts de l’arbre de l’hôtel.. Il avait clairement envie de s’épancher et m’a traduit la lettre de complainte du staff contre le captain et contre lui et m’a montré sa réponse en anglais.. C’est d’une petitesse à faire pleurer. Il est passé prendre les dvd de nuages (longue version pour voir Amatuku en 2003), du sujet de FR5 en français et de nos dvd biogas et biodiesel… 3 copies : une pour Utala, une autre pour Léota, s’il veut quand même leur faire plaisir. Pour lui et sa femme un petit modèle de parfum. Il a dit son soulagement qu’on le soutienne.

Continuer le lobbying. Sarah a déjeuné avec Nala et Apisai et a fait le tour de la question y compris d’Utala.. J’ai fait la même chose hier avec Willy, idem demain avec Polao et faut que j’aille voir Falesa le ministre de l’éducation, dont dépend TMTI, pour lui dire mon sentiment.

26 / 04 / 10 - 07 : 21

20 avril 2010 : Un mystère résolu !

Je nage encore en pleine incompréhension sur le comment du pourquoi les tuvaluens réagissent, agissent, pensent comme ils le font. La dernier acte de TMTI confirme cette impression : très courageusement, l’équipe qui a déposé une plainte contre le capitaine dès qu’il a eu mis le pied dans l’avion, a envoyé aujourd’hui le N° 2 pour passer le message qu’ils ne veulent pas le voir sur l’îlot à son retour. C’est sûr qu’ils n’avaient pas réalisé qu’ils auraient à lui faire face à son retour. Courageux mais pas téméraires.

Mais au moins, l’autre soir, en rentrant du mariage, nous avons découvert d’où venait le bruit sec répété de 9h à Minuit, comme un bout de bois qu’on coupe à la hache.. En fait passant devant une hutte du voisinage, on a entendu le même bruit : un groupe qui jouait aux dominos et qui écrasait pesamment leur domino sur le sol en bois…

Après des discussions avec Eliala hier soir, sa mère à déjeuner, eliala again et semese cet aprèm puis Polao qui se trouve faire partie du comité d’investigation sur le cas du capitaine (je repasserai demain pour lui dire un ou deux trucs) cat et john ce soir, je suis de plus en plus convaincue que Tuvalu est sur une autre planète, hors réalité, des aliens, comme une comédie science fictionnelle live. De plus en plus envie d’envoyer Amatuku balader. Surtout depuis la mutinerie couarde… Je regrette que John ne fasse pas une communication de ce qu’il me dit, à savoir, que l’éducation de l’école est lamentable et que de toute façon, son agence et l’autre sur l’île ne recrute plus parmi les trainees sortis de l’institut, et tournent avec un pool régulier.. D’autant que les recrutements sont plus rares et les Tuvaluens pas toujours bien notés… 11 débarqués depuis le début de l’année.. A peu près 10% des marins employés… Alors reviendrai je ou pas à Tuvalu ? Oui, sans doute, mais plus pour les aider comme nous avons commencé à le faire je ne crois pas… Trop d’énergie, trop de frustrations, trop entrer dans le jeu de l’assistance, qui fait qu’eux ne font rien mais attendent qu’on fasse pour eux… Je reviendrai sans doute pour faire le film dont je ne dirais rien dans ce blog et sans doute pour affiner un livre comique mais plutôt gentil sur notre expérience. Hier j’en étais encore à préparer un réquisitoire, mes observations de ce qui foire et à le délivrer au conseil des ministres l’an prochain… Décidément je vais mieux…

Deuxième découverte de la journée : à ma liste déjà longue de responsables probables de mes piqûres et rougeurs, soleil, transpiration et insectes variés, je peux ajouter les puces des 3 chats d’Elega… Si mes bras on retrouvé leur apparence presque sans tache, les parasites se sont concentrés sur mes jambes ces dernières semaines. Des rougeurs par petits paquets, en ligne ou en carré, c’est selon l’humeur de la puce…

Ma revanche : dans la nuit, dans le faisceau de lumière de ma torche, découvert un gecko avec, dans la gueule, un gros insecte pas piqueur, genre gros cockroach de 5 ou 6 cm, happé assez bruyamment pour que je me lève pour voir ce que c’était.

Je me suis affublée aujourd’hui d’un nouveau surnom : Cosette. Je remplis les bouteilles d’eau bouillie, Sarah les vide. Je vide les cendriers elle les remplit.. Je fais la vaisselle, elle la salit… Si je ne lui demande pas d’emporter son verre qui traîne depuis 24h, elle ne le prendra pas… Depuis une semaine, j’ai laissé sur la paillasse de l’évier le sac de cornflakes et la boite de milo vidés par ses soins et laissés là sous le prétexte que ça peut servir.. Certes… une fois nettoyés et rangés… Ce qui n’est toujours pas le cas.

Je ne parlerai pas ce soir de la frustration continue sur l’histoire du changement de billets qui aujourd’hui va nous coûter quelques bonbons ou plus simplement parce que c’est plus dans les délais… enfin si un peu, mais c’est tout.

26 / 04 / 10 - 07 : 19

Dimanche 18 Avril : privées d’internet. Abonnement non renouvelé à l’heure sans relance.

Ravies toutes les deux de la soirée Mariage… Je vais décidément mieux. Non seulement dans cette variété de bouffe, comme la veille, j’ai trouvé de quoi satisfaire mes goûts mais j’ai pris plaisir à filmer la plupart des scènes du mariage comme la traditionnelle décoration des mariés en chapeau, jupe faits de billets ou les défilés de cousines d’abord, puis cousins de l’un et l’autre des époux… Ca fait donc 4 défilés. Mais le clou de la soirée, ce fut les danses de 4 des « transexuels » de l’île. Il a fallu quelques secondes au public pour réaliser qui était sur scène (bon pas de scène mais au centre de la maneapa). J’ai reconnu tout de suite notre pote Tala de la croix rouge et celle/celui qui avait participé au fashion show robe de soirée de l’an dernier, jetant un froid et coupant la chique au MC pourtant loquace).. Je n’avais jamais rencontré les 2 autres. Remarquables dans leur féminité, tellement plus que les nanas (la plupart ici danse sans un sourire, comme contrainte, quelquefois mâchant du chewing gum). Une des Transexuelles de l’île transportée par la musique et cette scène surprenante est allée rejoindre les « filles » jouant, elle les mecs… Ca en a fait rire certains, moins d’autres et une des aspergeuses de parfum aux danseurs, l’entraîne par le bras…


26 / 04 / 10 - 07 : 18

19 avril 2010

Well jeudi se termine sur 3 lapins qui me ravissent car je n’ai pas l’énergie ce soir de
1-donner un premier cours de montage (enfin logging et digit.. pour commencer) à Halo notre stagiaire et Betti du service social qui voulait se joindre à nous… 2 et 3 j’aurais pu faire, indiquer à Henri l’homme de maintenance où installer l’applique extérieure ou donner à Lee la poignée de DVD préparée pour lui (nuages en version 73 mn pour qu’il voit Amatuku en 2003, réfugiés de FR5, Biogas 2006-2009 et 3 copies des biofuels 2009)… Mais bon c’est Tuvalu ! Je suis contente de ma récré et ai l’impression ce soir d’être veille de week end.

Présentation au DCC ce matin (en fait je ne sais pas à quoi l’acronyme correspond, un des C doit signifier coordination puisqu’il s’agit d’une réunion mensuelle des secrétaires permanents et directeurs de département.). Background et survol de nos activités ici et overseas pour commencer, Sarah a enchaîné avec la restitution de l’étude (overwhelming même pour moi, alors les pauvres fonctionnaires de l’éducation, des ressources humaines, de la santé ou des finances étaient, c’est certain dépassés mais ils auront sans doute retenu quelques bribes. J’ai conclu sur la dernière diapo pour rappeler que le CC n’était pas un mythe, que le jour de l’alerte au tsunami, en France, une grande vague surprise faisait 29 morts…

Tuvalu doit penser rapidement à son futur : on reste ici ou on cherche une autre terre où les traditions et culture de Tuvalu pourraient perdurer.. pour petits enfants et au delà... Insisté aussi que, comme dieu qui t’aidera si tu t’aides, les tax payers d’overseas continueront à s’intéresser à Tuvalu si Tuvalu montre qu’il agit aussi, comme avec les énergies renouvelables et qu’il a un plan. Parti un peu en live, tout ça n’était pas prévu. Je dois dire que j’ai rarement été plus décontractée avant une présentation. Animée d’aucuns sentiments, ni appréhension, ni peur de trébucher, ni regrets de n’avoir pas assez préparé. Ca m’était égal.

Avant ca ? comme maintenant chaque semaine, je dois faire un effort pour lire dans le passé.

Lundi c’était l’inauguration de l’aquarium FORAM, j’en ai parlé ailleurs. Workshop sur le thon et une autre de la red cross… Et la télé Taiwanese est passée le soir pour voir les king tides. Longs blabla ou je me suis laissée un peu trop aller au pessimisme et j’ai dit « cette année je suis de mauvaise humeur »… Ils sont revenus 2 jours plus tard avec en cadeau, un thé d’un des nombreux dieu de taiwan qui rend de bonne humeur. ☺

Mardi : l’avion a été annulé, reporté au lendemain. S’y trouvait Eliala, qui dirige le programme NBSAP à qui j’ai parlé immédiatement de regrouper les deux livres (biodiversité terrestre et marine) en un. Nous avons un budget d’impression assez conséquent. Ils ont une partie du contenu et des contacts co-partenaires comme Randy Thaman (chair of education and culture usp fiji) dont j’ai lu les échanges avec Eliala et qui propose son aide et sera à Tuvalu le 6 mai.

Sandrine aura débarqué mais aussitôt réembarqué sur le bateau des pêches (enfin c’est son planning… expédié il y a quelques jours et retouché par rapport au dernier… d’aucun dirait « mon planning idéal », pas sandrine, elle essaie toujours de faire entrer la réalité des autres dans ses désirs. Et qui a, par exemple, refusé de tenir compte des commentaires de Tupu qui proposait la 2e ou 3e semaine de Mai, en toute fin de la période des cyclones. Je sais que la cohabitation risque de faire des étincelles). Je saurai me tenir et à priori c’est pour quelques jours au début, et un gros paquet à la fin d’une donne douzaine de jours. 3 dans leur équipe plus Gilles et moi.. Ca ne le fait pas en terme de place. Je m’étais dit que le jeune photographe pouvait peut être s’installer chez Semese ou que je pouvais aller à l’hôtel, ou mettre Gilles s’ils acceptent de faire à Gilles les tarifs expat et tuvaluens, comme à moi. D’autant que Risasi risque de n’être plus là. Le poste était à repourvoir et il y a plusieurs candidats dont un qui pourrait être soutenu par Enele le secrétaire permanent. La décision devait tomber le 13 mais enele est parti pour une quinzaine de jours et n’a pas traité ce dossier avant son départ.

Mercredi, hier, avion donc arrivait aussi Anare, ex SOPAC, IUCN venu pour l’inauguration du programme solaire à Vaitupu financé par l’Italie. Il a essayé de me convaincre de faire le voyage. Départ cet après-midi retour samedi. Théoriquement. Il est 6 heures et le bateau qui devait partir à 4h n’est pas de retour au port après un voyage AR à Vaitupu. Anyway je suis ravie d’avoir écarté l’idée, si je m’étais mis dans la tête de partir, je deviendrais folle d’attendre. Déjà, juste pour l’info et pour Anare je suis allée vérifier 4 fois si le Moana folao était au port… depuis que risasi m’a fait remarquer vers 13h qu’il n’y était pas…

Hier soir Fiafia night prévue avec Anare. Il n’arrivera que bien tard, ayant attendu le mec de tec qui devait le prendre à son motel au bout de la piste… Mais comble de bonheur Cat & Tala y faisait leur sortie hebdomadaire. Semese lui est resté au bar, avec une poignée d’autres, Annie sa bientôt ex boss puisqu’il m’avait dit démissionner lundi prochain était attablée avec son mari et Steve un palagi du ministère des finances marié à une tuvaluenne, une table recevait 4 autres palagis, d’un truc de tourisme, un institut ou deux des filles de l’hôtel avait fait un scholarship (cf Yoka racontant le directeur de l’institut lui demandant combien d’étoiles l’hôtel de Funafuti ou leur nuit a apprendre comment fonctionnait la machine à cappucino parce que le prof avait suggéré que tous les étudiants présents savaient faire un capuccino). Et, délice, une longue table était réservée aux 16 vieux, très vieux japonais descendus eux aussi de l’avion du jour.. Une maison de retraite à n’en pas douter. Avec eux, un accompagnateur et la nouvelle jeune recrue de tuvalu overview, japonaise elle aussi.. Bien sûr, tous ou presque ont tout filmé depuis leur descente d’avion, la plupart survolant tout au hasard de leurs panos parkinsoniens. Ils sont repartis aujourd’hui, jeudi, 24 heures plus tard. Même si l’avion du mardi n’avait pas eu 24 h de retard, en 48 heures qu’auraient ils pu faire ? Pas de bus pour ce nombre, impossible vu leur âge de les monter dans une barque ou de faire trempette… Ce fut donc parfait.. un dîner pas si mauvais, un fiafia des filles de l’hôtel, une belle vue de leur chambre… et un magnifique coucher de soleil que j’ai admiré quelques secondes. Inhabituel, aux reflets orangers très haut dans le ciel comme pour dépasser les petits nuages noirs..

Deuxième fiafia night des 2 mois et demi que je suis là.. Même la variété de la bouffe ne m’attirait plus. Hier je me suis régalée d’un potage de mais. Il faut que je sache qui l’a confectionné. Et miracle… de la purée.. après ça poisson, porc, poulet, taro comme d’hab.

Il n’y a à nouveau plus de papates sur l’île après nos 4 kgs trouvés dans un des 3 magasins de l’île qui avait pu en décharger du Mona Roy, un petit cargo kiribatien qui ne sert qu’à ces 3 magasins. Tous les autres se ravitaillent, en même temps que l’importateur principal, TCS et tout arrive sur le Southern Pacific de Pacific direct Lines.. Le prochain bateau ? le mois prochain. Pourquoi ? Ca fait 2 mois que ce cargo n’a pas fait le voyage… « peut être que tcs ne peux pas payer.. » Ou peut être que TCS veut faire crever les petits concurrents souvent mieux achalandés que la coopérative. Et depuis 2 mois, toujours des carottes. Toujours pas de beurre non plus. La margarine touche à sa fin et y’a plus de beurre en conserve depuis longtemps (j’ai jamais essayé encore mais John m’a convaincue que c’était meilleur que la margarine.. peut être le mois prochain)… . En revanche le Mona roy a déchargé de la farine et pour le moment y’a du pain… faut que je fasse une réserve.

Que dit le planning des autres rendez vous de la semaine passée ?

Ah oui, on a vu le directeur de Tuvalu Electricity pour essayer de régler le problème piggarep. Bien sûr il renvoie sur Solomone, Sprep mais nous assure qu’on est prévu dans le workplan de l’année pour demo biodiesel et gazo, le programme de 2008 ! Quand Solomone écrivait que les projets/actions ne peuvent pas avoir commencé avant un OK officiel du Comité piggarep… Préparé sous le coup de l’émotion un mot à Sprep que je vais reprendre ce week end.

Contrairement à l’affaire piggarep, le rapport a été expédié à l’ambassade américaine, provoquant une réaction plus que sympathique de Norman, le responsable qui suit le fonds qu’ils avaient attribué au projet: « What a fantastic activity! Thank you for the excellent project report of your activity ». Ca fait du bien au réveil.

Ce qui fait moins du bien au coucher avant hier, c’est de lire le montant des honoraires « consultants » prévus sur le programme d’adaptation financé par le gef (fonds mondial pour l’environnement, Plus du tiers. Si on y ajoute les salaires de l’équipe de management et ceux qui seraient censé faire le travail terrain, je ne vois pas où sera le concret : quelques mangroves ? Un autre aspect qui ne met pas de bonne humeur, c’est que soudain les honoraires tarif tuvaluen s’envolent. 6 fois plus qu’une instit, 3 fois plus que le premier ministre, pour des pseudo experts de pseudo champs d’expertise comme (ça c’est attribué à un palagi) : knowledge management. Encore un domaine, le monétaire « social », qui n’avait pas besoin de cette nouvelle fracture entre des nouveaux riches (merci le réchauffement climatique) et les pauvres comme ailleurs de plus en plus pauvres… Sans parler des jalousies, des envies que ça va provoquer.. Une vrai déséquilibre, une réelle injustice au niveau national.
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Je ne suis bien entendu pas contre que des tuvaluens gagnent plus d’argent (en plus c’est toujours toujours moins que la moitié d’un expert palagi) mais c’est indécent, l’un comme l’autre sont indécents..

Autre sujet de mécontentement d’hier soir : Usu, le capitaine, pas toujours très pro actif c’est vrai, avait à peine décollé la semaine dernière que le personnel déposait une plainte auprès du bureau du Premier ministre et du cabinet. D’après John qui m’a donné l’info, ce serait basé sur des petits trucs du genre « il n’a pas dit bonjour à ma femme » ou « il nous a demandé de mieux nous occuper de nos cochons »… Tout semble dirigé contre Lee, notre biogasman, qu’ils accusent d’influencer le capitaine… Si je suis d’accord qu’il faut un capitaine avec plus de poigne pour redresser l’institut, la manière dont c’est fait et les raisons invoquées sont à pleurer.. Je me demande qui est derrière cette action et ne peux m’empêcher de penser que le poivrot que l’équipe s’obstine à protéger tout en en faisant la risée de l’école est encore une fois derrière.

Une bonne partie de la semaine a été consacrée, donc, à la suite du dépôt US embassy, GEF/repro biogaz et préparation du powerpoint pour la présentation de ce matin.

Sarah qui avait prévu y’a trois semaines de repartir plus tôt pour aller voir le fabricant de biodigesteur plastique directement avant de commander a fait tellement traîner l’histoire, il a fallu tellement que je la pousse pour aller changer son billet, qu’elle me dit ce soir qu’il n’y a plus de place jusqu’à mi mai.. Son projet est déjà sérieusement en danger par rapport aux deadlines, mais si elle ne part pas maintenant, le matos ne sera pas livré cet été et elle risque encore une fois de venir pour rien ou presque… Ces cours reprennent en septembre… Elle invoque « je veux le jouer à l’urgence, leur dire qu’il faut que je parte… » sous entendant qu’il y a trois semaines y’avait déjà plus de place sans doute…

Je me suis souvent mordu la langue cette semaine, ce soir encore j’ai préféré aller faire un tour sur la terrasse voir si le Moana Folao, qu’attendait Anare, était arrivé… Ce matin déjà j’ai fait un gros gros effort « t’es allée à l’agence » « oui ils m’ont dit qu’il n’y avait pas de place la semaine prochaine » « et la semaine suivante ? » « j’ai pas demandé »…. Me plaçant déjà le coup de l’urgence… Ceci dit et encore une fois, elle a aussi de bons côtés : son bon caractère et sa bonne humeur. Son côté (trop) positif et (trop) ssuré je m’en passerai volontiers, c’et vrai… Hier j’ai arrêté la conversation, tellement j’en avais marre d’entendtre « yaka »… ou « si »…. Quand je parlais de la fracture sociale due à cette augmentation phénoménale des rémunérations des consultats locaux et de mon trouble quant à la situation générale de Tuvalu qui sombre… , « oui mais si le gouvernement décidait de… ça rétablirait la situation.. » . Certes. Elle est tout de même convenue que l’esprit communautaire et la vie traditionnelle, car c’est sur cette ancré-là que reposera le remise à l’équilibre, ne pourrait reprendre pied qu’une fois le fond touché …

Quelques jolis moments de la semaine : A la recherche de patates, à un croisement, j’entends piailler en l’air… des piapiatements d’oiseaux que je ne reconnaissais pas. Je lève la tête et là dans un frangipanier, une famille : un petit cop, une poule, et un tas de poussins… Ca m’a rappelé les chèvres dans les arganiers de la région d’Essaouira. J’avais déjà vu devant nos fenêtres des poules dans un de nos arbres mais pas toute une famille.

Les deux petits voisins de 2 ou 3 ans, rapportant chacun dans ses bras les deux petits chats d’Elega… (qu’elle a tendance a oublier dans la maison quand elle part quelquefois toute une après midi et en retour eux s’oublient souvent, l’autre jour le rdc sentait vraiment très mauvais. Je lui ai réexpliqué, montré aussi comment « leur mettre le nez dedans » puis dehors.. )

Tous les petits, des tout petits comme plus haut aux plus grands de 7 ou 8 ans, sont encore un plaisir même si quelquefois quand c’est sur le chemin du départ, je regrette de ne pas pouvoir me laver les mains après une série d’une dizaine de « hi5 ».

J’en oublie beaucoup de ces moments où je regrette d’avoir perdu l’habitude/l’envie de transporter un 3e œil. Ces moments qui font que je suis encore ici. Un autre élément important m’a permis de passer de la mauvaise humeur genre déprime à un genre fatalisme amusé : le livre que m’a filé Cat et dont elle et Sarah parlait comme d’un classic… Une folie à la britannique, en effet… Douglas Adams.. The guide qui mène nos héros d’une planète à l’autre à observer les habitudes surprenantes, inconnues des habitants.. Je fais comme eux j’observe, j’enregistre, je digère et finalement suis moins émotionnelle… Et puis le fait de pouvoir suivre cette année l’actualité française et internationale me fait c’est sûr relativiser. On n’est vraiment pas mieux gouvernés ailleurs. Pire : on est manipulé à grand échelle par toutes les grandes institutions international du FMI à la FAO.. Et les pays plus développés que Tuvalu sont plus perméables à l’intoxication des dirigeants de la planète via les média qu’ils utilisent comme des marionnetistes.

Ah oui, me revient ce qui m’a comme éblouie ce matin : j’observais les petits poissons. Ceux du soir au nord, sont d’assez bonne taille et transparents, ceux du matin au sud sont en général noir, ce matin ils étaient au rendez vous mais avec eux se baladait une colonie de ces petits poissons bleus/verts lagon et tout à coup, une petite raie juste là, au pied de la maison.

Sarah rentre d’une réunion de cours de premier secours à la croix rouge. Elle a décidé que ma méthode pour recharger la bike pendant la nuit en la couvrant d’un grand imper et en recouvrant batterie et plug électrique d’un plastique était dangereuse pour la batterie. Sa méthode c’est de couvrir d’un seul imper et si elle entend la pluie d’éteindre la charge. Ce soir elle décide de laisser la bike toute la nuit, recouverte seulement du grand couvre tout qui ne descend pas jusqu’à la batterie… « t’es sure qu’elle ne sera pas mouillée ? » bein si la pluie est plus importante qu’un crachin et si y a du vent, on ne sait jamais ». «kess qu’est le plus dangereux pour la mob que le chargeur de batterie soit mouillé ou qu’il ait un peu chaud ? ». « Ca peut exploser d’une manière ou d’une autre » « sauf que recouverte d’une 2e couche, elle a survécu 1 mois et demi.. et que je ne voudrai pas prendre le risque de la voir exploser sous la pluie… » Ca a porté… un peu, elle est redescendue et a poser deux pierres je ne sais où mais sans autre plastique… Je l’ai remerciée…. « mais s’il pleut fort ou qu’il vente, réveille moi » dit elle…. « Euh… il pleut toutes les nuits très fort… non seulement je l’entends souvent mais en plus la terrasse est pleine d’eau le matin » « ca c’est la condensation de l’eau du toit dans la gouttière qui goutte… « Je n’ai rien ajouté.. je ne sais pas..

En revanche, hier j’ai tenu un peu sur le thème des SDF. Pour elle, qui vit à la campagne mais pense pour la ville, tous sont là par choix, genre hippies des années 60…. D’ailleurs, y’a eu une étude…. « faite par qui ? » « par un étudiant y’a une dizaine d’années »…… Moi j’ai fait des sujets sur les SDF de L.A. et discuté beaucoup avec les français et je préfère croire ce que j’ai entendu d’eux que ton étudiant qui de Tuvalu dirait « personne à tuvalu ne croit aux changements climatiques parce que dieu a dit ». Si l’étudiant en question enquête aussi sérieusement qu’elle (sur sa dernière étude, pour des enuculeuses comme Fanny et moi, c’est choquant souvent… Extrapolations, extension, manipulation, tout ça par manque de sens du travail bien fait et par paresse.)…

Vendredi c’était aujourd’hui. Au lever pas de flaque de pluie sur la terrasse. Petite humidité sous les deux fuites de la gouttière.

Dossier terminé avec l’ambassade américaine et la courtoisie et l’enthousiasme des relations e-epistolaires sont réconfortantes.

Ce matin, impression et scan, visite à Risasi pour lui remettre son parfum que je traînais dans mon sac depuis plusieurs jours, puis à Eliala pour convenir d’un rendez vous pour parler du livre biodiv. J’ai dû m’y prendre à 3 fois, occupée qu’elle était à répondre à une loooongue interview de la radio locale par la productrice de l’antenne.

Pince-fesses cet après midi à l’occasion de l’intronisation » du nouveau GG qui soulève des controverses liées à son âge trop vert ((42 ans)* enquête faite, il a 55 ans)) pour mériter ce titre, comme avait fait jaser dans le chaumières le « renvoi » du précédent atteint par la limite d’âge. Pas invitée officiellement mais par Nala et les copines. Rencontré hier une fille des affaires étrangères à qui j’avais demandé si c’était normal de n’être pas sur leur liste. « non, justement on est en train de mettre à jour les palagis. » « « merci de t’en occuper »… Aucune invit n’a été déposée (comme c’est la tradition ici, on dépose des papiers, oui… puisqu’il n’y a pas de distribution postale). Ce n’est pas grave je suis de tous les évènements quand je choisis d’y être. Juste une question de principes. Dans la manapea, je tombe bien sûr sur la même fille des affaires étrangères. « Tu m’as oubliée ? » « Non je l’ai dit mais on n’a pas voulu ». « C’est qui « on » ».. « pas Pasuna, (le acting directeur) s’emprsse t’elle de répondre, la fille à l’ordi, elle dit qu’elle a pris la liste de Solofa. »… A la fin de la cérémonie, Solofa m’a comme à son habitude dit combien il avait apprécié que je sois là… « encore une fois Solofa c’est pas par la liste officielle… » « Ou est corina, (la fille des A E).. » elle était juste là… « assures toi stp que gilliane soit sur toutes les listes »… On va voir ce que son ordre donne. Je suis allée le remercier et lui dire qu’il était un des meilleurs de l’île… Je le pense sincèrement honnête et gentil. Et membre de longue date d’Alofa.

Il a été un des rares orateurs (4 y compris la prière)… Je n’écoutais pas vraiment mais mes oreilles ont accroché sur les 2 mots en anglais « climate change »… Y repensant j’espère que ma petite envolée d’hier au DCC et l’urgence à décider du futur des petits enfants y aura été pour quelque chose et qu’il est allé au-delà des constats automatiques pour institutions et palagis..

Sarah me dit aujourd’hui qu’elle n’est réservée sur aucun vol même à la date de son billet. Elle devait repasser aujourd’hui avant 3 heures mais a zappé. J’en reste sans voix.

Vendredi s’est terminée sur un Fatele, le plus long jamais vu ici. C’est vrai que l’occasion étant l’intronisation du GG ça n’est pas si fréquent. 1 fois tous les 4 ans je pense. Pour ça j’ai un peu regretté que les 2 cam tombent en rade de batteries avant même les agapes alimentaires préparées par la communauté de Nui (avec légumes importés des potagers individuels auxquels nous avons contribués avec nos graines ou plutôt celle de la ferme Ste Marthe et Kokopelli)… Lobster pas trop cuite et caramel mou de kaleve et crème de coco entre autres délices. En revanche, j’ai remercié les cieux de cette panne de batteries au fil des fatele qui s’enchaînaient entre la communauté de Vaitupu et celle de Nanumea qui officiaient ce soir encore. Réalisé que c’était la première fois que j’étais assise pour ce genre de spectacle. D’habitude je cours d’un côté à l’autre avec la caméra. Et à vrai dire je crois qu’on a assez de fatele en boite cette année pour faire l’impasse sur tous les prochains (dont la soirée King Tides à 4 caméras, s’il vous plait)..

Ce soir, samedi 17 Avril, invitation au mariage de la famille de Seinati et Willy. Je viens de faire un saut au Filamona pour demander à Eliala si on pouvait reporter notre réunion à demain. No problem. She keeps saying avec un sourire « I’m married but available » signifiant que sa famille étant restée à Suva, où elle habite après avoir épousé un Fijien, à Tuvalu, pendant toute la durée du contrat qui la lie à NBSAP, elle est libre comme l’air. C’est en plus, comme Cat, une apprentie workoholic. La nuit dernière elle m’a expédiée la liste des poissons de tuvalu établi par Randy Thurman à partir de laquelle Semese était parti pour son rapport en devenir pour Unesco, celui qui est dû depuis 2005 je crois. Avec les noms tuvaluens quand ils ont été retrouvés et les noms scientifiques et communs anglais.

Déposé des Aleve à Sue qui semble souffrir de sciatique et à Luisa qui elle semble victime d’un coincement de nerf dans le dos. En échange Sue m’a donné une boite d’ananas en tranches et Luisa avait eu la gentillesse de me déposer hier soir au retour du Fatele. J’avais envie d’être à l’unisson de la fête en portant une jupe.. Or c’est impossible avec la bicyclette -j’ai déjà essayé : une fois sur deux la jupe se coince dans les rayons … Il était trop tard pour y aller à pied. Alors, nous avions, Sarah et moi, pour la deuxième fois, opté pour une « ride » à deux. Tout doucement, en vérifiant la suspension tout du long. Je ne sais pas combien elle pèse mais pas loin des 100… Je pèse mon poids aussi… et si la mob est de bonne composition il ne faut quand même pas trop pousser la mécanique qui commence à rouiller… Y’a deux ans, une mob s’est écrasée sous le poids de Sarah seule… J’avais donc accepté la proposition de Luisa et Popo (Bob sauf qu’il n’y a pas de B dans l’alphabet tuvaluen).

Sur le planning du week end : l’activité qui me fait vomir depuis maintenant près de 3 ans: un énième récap au project manager de Piggarep pour essayer de dénouer les nœuds dans notre dossier… Nœuds qui a lié lui-même après une année et demi d’euphorie sur nos projets, tant qu’il en a eu besoin. Nos co-funders sont inscrits dans les documents d’origine, notre budget aussi.. et tout à coup on s’est évaporés… D’abord sous des prétextes d’incompatibilité de nos deux boites… sont intervenus alors Sarah et Chris… jusqu’à il y a quelques mois des mails « effacés » de sa boite qui me prévient automatiquement gentiment. C’est un vrai dossier caca car basée sur la roublardise et sans doute l’appât du gain d’un ou deux mecs dont le manager. Je sais que j’ai tendance à dramatiser, mais il n’y a pas d’explication logique à la situation. On a déjà passé en revue le millier de documents du dossier pour faire des chronologies, des résumés etc que personne ne lit… A chaque fois une énorme prise de tête. Et je préfèrerais n’avoir rien à faire (ce qui pour une workoholique est difficile) qu’avoir à me taper CA.

Essayer de préparer l’AG pour la tenir avant le départ de Sarah si possible.. et peut être quand Susie est de retour… la semaine prochaine semble t’il. Idéalement, il faut que Sarah soit partie le 27 à l’arrivée de l’équipe Biodiv marine.

Réfléchir un peu au livre. Dommage que je n’aie pas ici les quelques exemples du type de livres que nous voulons faire.. En plus gros, en plus épais, en plus complets, en plus humains… Comme celui que Douglas de l’Unesco a fait sur le Vanuatu ? Si tout se passe bien cette union de connaissances, d’expertises, de finances, d’une partie du Pacifique et les nôtres, le résultat devrait tous nous satisfaire. Pour montrer/expliquer à Eliala, j’ai trouvé : le dictionnaire Tuvaluen/anglais à la couverture très rigide en format US letter. En A4, un ouvrage publié avec l’Ademe « the new waver » par je ne sais plus qui mais dont le découpage photo s’apparente à ce que je vois. Et enfin un petit bouquin publié par l’afd sur les « fish stock », pas du tout le format mais dans le sujet.

26 / 04 / 10 - 07 : 16

Gruyère de souvenirs de la semaine passée (10 avril)

Je viens de voir sur mon cahier en remontant les pages de listes de « à faire » que j’avais noté la visite surprise de Siuila dimanche dernier, échange de cadeaux. Elle venait nous offrir les sacs que Island Care a fait confectionner pour le projet tortues. Elle est repartie avec un Tshirt Alofa et, comme tous les ans, 2 parfums et des graines, cette année non bio, rapportées dans les bagages de Sarah.

Hier soir avant que nous ne partions rejoindre Lee et John à l’Hotel, c’est Tetele qui s’est annoncé. Je lui avais dit de passer quand il allait au Fagogo pour prendre le dvd que Fanny avait pu faire à partir du master de la soirée fagogo farewell 2005, trouvée sur mon disk dur.

Aujourd’hui, Samedi 10 Avril, nous avons eu la visite programmée de Cat et informalisée mais prévue de Martha, la jeune étudiante néerlandaise venue elle aussi prendre un dvd, celui de Trouble qu’elle n’avait pas encore vu.

Entre ces jours de visite, y’a eu quoi ?

Avant hier soir, à 21h, invitation surprise déposée par Kaio, à participer à la workshop de la red cross sur le climat, la vulnérabilité, à 8h30 le lendemain matin… Sarah y fut à l’heure moi bien sûr pas, d’abord c’est pas des heures pour moi surtout prévenue la veille au soir… D’autant que… ça me revient.. cette semaine a été principalement consacrée à rédiger et ficeler les rapports dus à Tango/GEF et à l’ambassade américaine à Suva. L’idée étant de cliquer le premier vendredi comme demandé par Tango et le 2e avant la fin du week end.

L’atelier de la Croix Rouge se poursuivait aujourd’hui, j’ai passé mon tour, et se termine lundi. Je ne pourrai pas y être non plus because invitation reçue celle-là de longue date, de JICA pour l’inauguration de leur aquarium FORAM. En revanche j’ai particpé activement à l’atelier assessment ou des equipes de 3 ou 4 avaient a lister les impacts du cc dans tel ou tel thème. Le nôtre : la maison. Bien sur on a fait un tour complet y compris du jardin et du lagon : des infrastructures aux énergies aux déchets en passant par l’érosion sans oublier de mentionner bien sûr l’impact humain, l’ile artificielle etc

Fardeau de devoir pousser Sarah à faire les choses qu’elle doit faire, qu’elle dit qu’elle va faire et reporte à l’envie. A l’instant, parlant de l’aquarium, je me suis souvenue qu’en partant ce matin, ou hier soir, elle m’avait dit quelle passerait confirmer le RV avec le PM organisée par Nala. Le PM voudrait en effet faire pousser du riz à Tuvalu. Une idée, à ne pas trop creuser va t’elle lui dire, mais sans doute née pour répondre aux questions de ravitaillement de riz à Tuvalu. Le riz est devenu l’aliment principal sur la capitale et capital aussi sur les îles lointaines, mais quand même… quelle idée. Anyway, y repensant ce soir, j’interpelle Sarah qui joue au solitaire dans sa chambre « Kess kelle a dit Nala ? ». « Euh je passerai demain… ». Sarah a eu mes derniers éléments jeudi soir et il était décidé qu’elle enverrait vendredi, deadline pour Tango/Gef un dossier sans les justifs encore et avec quelques trous de dates… Ni elle ni moi n’avions accusé réception de sa demande de la semaine précédente adressée à Sarah. C’était la moindre des choses d’être réglo. D’accord avait elle dit… Il a fallu bien sûr que je relance. Et bien entendu ça n’était toujours pas fait, alors que les bureaux étaient maintenant fermés depuis une paire d’heures… Elle a cliqué à 20h et, quand j’ai ouvert ce matin, elle n’avait pas rempli les 4 lignes financières en entrée de doc.

Moi j’avançais pour lundi en achetant un carnet de reçus, pour faire signer lee, kaio et autres justificatifs de paiement nécessaires. D’où le diner avec Lee et John d’hier soir à l’hotel. RV avait été pris avec Lee pour signer et diner/blablater de TMTI, de Tuvalu, du monde… avec John qui a suivi de près ces derniers jours le sort de TMTI et particulièrement des travaux de simulateurs de mise à l’eau du bateau de sauvetage, inscrits dans le cadre du contrat de soft prêt d’ADB qui n’en finit pas d’en finir. A tel point qu’ADB a fini par jeter l’éponge y’a quelques semaines après la visite d’Alain, qui a remplacé Sirpa a la direction des opérations de la banque à Fiji et région. Personne pour l’accueillir, le ministre était à un truc de sport avec la fifa avec la secrétaire permanente, Oli, présidente du board de TMTI était à Vaitupu… La décision de stopper le dernier paiement a remué un peu la fourmillière endormie au point que Loto a demandé à John un rapport d’une page sur son point de vue de la saga TMTI/Rénovations.

Autre bonne nouvelle requalifiée de mauvaise : john avait appris que l’équipe venue pour finir l’appareillage pour le bateau de sauvetage (pour formation des marins) devait aussi faire, enfin, les derniers travaux qui permettraient aux étudiants de dormir dans un dortoir (plutôt chambrette genre cabine dans laquelle pour le moment ils ne peuvent pas s’allonger car trop courte). Ils dorment donc depuis deux ans sous la manéapa.. C’est aussi là qu’ils étudient puisque le 2e gros problème des rénovations c’est que la poutre maîtresse du petit bâtiment d’un étage destiné aux salles de classes, est trop faible (ou même inexistante) d’où danger. Je ne vais pas entrer dans les détails des problèmes objets d’une action en justice contre le maître-d’œuvre (enfin un truc comme ça), un australien installé à Fiji qui compte bien faire agir ses assurances pour indemniser ses bévues diverses. TMTI a lassé trainer depuis le début, à la tuvaluenne, s’est fait avoir par un entrepreneur indélicat et depuis ils relaissent trainer aussi peut être pour attendre les résultats de l’ hypothétique procès.. Ca peut donc durer des décennies…C’est donc une triste et longue histoire que celle de ce prêt et des rénovations et de TMTI… En plus de ça (et en partie responsable de) un management transparent, indolent, la peur de déplaire aux pairs/concitoyens ou con-iles a fait perdre toute la tenue de l’école, discipline et entretien en premier chef. Lee n° 2 administratif de TMTI comme nous tous souhaiterait un leadership plus à poigne, qui prend des décisions et ne laissent pas tout pourrir, comme l’histoire d’Utala qui devrait être viré depuis bien longtemps avant qu’on nous l’ait mis dans les pattes pour le biogaz. Il a certainement des connaissances et, quelque part une bonne volonté, mais son alcoolisme dévoile aussi un être méprisable et méchant. A part les sabotages qui ne peuvent être attribués qu’à lui (comme couper nos tuyaux d’alimentation du gaz au foyer)… Sa dernière frasque alcoolisée : exiger parce qu’il ne trouvait pas d’alcool sur l’île, que le bateau inter-îles quitte plus tôt Nanumea, sans avoir fait ce qu’il était venu y faire, c’est à dire une pré sélection de candidats étudiants, en s’étant mis toute la population de l’île à dos, qui avait préparé l’événement pour le lendemain. A Niutao, il était sûr d’avoir un stock de Kao, l’alcool local. Un personnage comme ça fait du tort à tous, à l’école, à nous, à Tuvalu.. Leur manière de s’en débarrasser, avec le même raisonnement que quand ils ont nommé l’ambassadeur à NY en 2006, est d’essayer de l’envoyer en formation à Suva 18 mois, tous frais payés ! Comme il avait été promu au lieu de démis quand nous avions dû le remplacer pour les opérations biogaz.

Et 11 marins tuvaluens ont été démis depuis le début de l’année. 2 x 4, soit 8 d’entre eux se remplissaient la panse sur le freight : de l’éthanol… Les 3 autres également pour des histoires d’alcool.

J’ai l’impression de vivre dans le livre que je lis en ce moment où tout est burlesque, anachronique, caricatural, tout permis.. ou dans la vieille série « le fugitif » enfermé dans une bulle, enfin une île dont il ne peut pas s’échapper, poursuivi par cette énorme ballon/bulle mais où tous les habitants/marionnettes ne voient que la vie en rose. J’ai toujours beaucoup de mal à exprimer, verbaliser les sentiments de découragement qui m’étreignent depuis plus de 2 mois.. Trop à « rénover » Partout… En plus, j’ai l’impression que plus je connais Tuvalu moins je connais les Tuvaluens … Et plus je comprends ceux qui sont partis, comme les 2 titos, un ancien capitaine de TMTI justement et celui qui travaillait pour le bureau du 1er Ministre, envolé avant que je n’arrive pour de bon semble t’il.

Je reviendrai sur tout ça c’est sûr, j’ai entamé une liste de domaines où ça déconne, pour être honnête je ne vois pas un domaine qui marche à part l’énergie communautaire quand il se passe un événement, comme la mort aujourd’hui d’une jeune femme retrouvée pendue. Il semblerait qu’elle aurait bu elle aussi et qu’un des mobiles de son geste ait été que sa belle mère ait emporté son deuxième enfant, un bébé de quelques mois, avec elle à Fidji. Nous parlions y’a pas longtemps de cette espèce de tradition qui fait que tout le monde peut demander à adopter ou prendre (quand la mère y est opposée) un ou deux enfants d’une famille pour le transplanter dans une autre. Quand l’accord date d’avant la naissance, l’enfant ne verra pas la différence et aura l’avantage d’avoir 4 parents, souvent ça se passe bien après. Comme le petit fils un peu dérangé (et j’imagine le désarroi) adopté à 4 ou 5 ans. Ou comme la fille de Fong, la plus âgée, emportée par sa sœur, à 13 ans. L’enfant semblait consentante mais quand même. On est venu lui voler son enfant.. C’est donc très répandu.

Mais bon, récré terminée pour ce soir. Un œil sur la présentation à faire aux Secrétaires Permanents mardi, si Solofa confirme… J’avais zappé qu’il était de « parlement » y’a une dizaine de jours quand j’ai envoyé ma requête (dont nous avions parlée y’a quelques semaines). Le Parlement est terminé depuis hier. Un week-end pour qu’il se remette et je vais le voir lundi..


26 / 04 / 10 - 07 : 04

Mes bubons (10 avril ?)

J’sais pas comment les appeler, ces abcès énormes qui purulent et pullulent ici.. A côté de ce que je vois, j’entends, mes petites piqures un peu partout mais à peine visibles, c’est de la gnognotte.

Il y a quelques semaines Seinati notre proprio n’osait plus sortir parce qu’elle ne pouvait plus porter de soutien-gorge à cause de cette pustulence de la taille d’une quetsche. C’était pas beau à voir. Sarah dit que c’est lié au diabète. J’ai rassuré Seinati quant au peu d’incidence visuelle d’un manque de soutien gorge sous ses robes traditionnelles ou même sous un Tshirt… Go without it ! 2 jours plus tard elle assistait à la cérémonie officielle de je ne sais plus quoi et se sentait très bien sans soutien gorge mais le bubon était toujours là… 1 mois plus tard à son retour de NY, il avait disparu.

L’expérience de Sarah avec les bubons se mesure en taille d’orange, de poing… C’est ce qu’elle a vu sous le genou de Teu, à Nanumea. Par bonheur Sarah avait ses antibiotiques et les a partagés (et j’en ai renvoyé au bateau suivant). Elle l’a charcuté un peu, moins que moi l’an dernier. Teu n’avait pas envie d’un coup de couteau dans le pus. Il a été partiellement vidé à l’aiguille de seringue que Sarah transporte partout aussi. Un lobby de plus : s’assurer que les cliniques des outer islands sont approvisionnées en antibiotiques. Non wonder le nombre de gens que j’ai vu monter dans l’avion en brancard et l’avion ne pas partir parce qu’ils étaient morts à peine installés dans la carlingue… ou alors ils meurent à l’arrivée à Suva…

La semaine dernière, m’étonnant que Elega n’aille pas à sa workshop artisanat du soir, elle m’a montré un petit truc vert… Une plaie me suis je dit recouvert d’une feuille médicinale. « On regardera tout à l’heure avec Sarah ». J’ai pas vu quand sarah l’a examinée et administré des antibiotiques mais 2 jours plus tard, Elega se promenait sans pansement et j’ai vu la taille : une belle cerise..

La petite fille de Fong, elle démarre un furoncle tsunami du côté du nez.

Et ce matin, j’ai réalisé à quoi j’avais échappé (je croise les doigts) : chickenpox, rubeole ? Loia, responsable du plan PACC et femme de Molipi (le lazy et pas si bien attentionné fonctionnaire de l’énergie, on leave depuis plus d’un mois) se frottait les yeux comme la semaine dernière avant que le lui donne du sérum. « ca va pas mieux ? », « maintenant c’est les deux yeux… et puis surtout tu vois pas ?… » Non, j’avais pas remarqué, de loin, les boutons de rubéole… Je ne sais pas combien de temps c’est contagieux, ni comment, mais je n’ai pas eu envie de lui serrer la main ce matin… Et j’ai assisté à quelques réunions près d’elle toute la semaine.

Tout ça pour dire que j’ai pas à me plaindre.


26 / 04 / 10 - 07 : 01

Pâques 2010

Les moustiquons… J’en ai observé un sur la page du « Krach écologique » que je lis depuis avoir tourné la dernière page du Obama….. Dans le faisceau de lumière de ma torche… aussi petits que des moucherons en moins visibles puisque pas noirs. Sans ces traîtres résistants à la B1, maintenant que la maison est alimentée en eau à nouveau, que ma chambre est éclairée, que les grands vents ont cessé et que je ne tousse plus, ma vie serait plutôt agréable. On ne les sent pas se poser sauf quand ils piquent et le temps qu’on regarde ils ont disparu, on ne les entend que quand ils sont dans l’oreille, mais ils laissent un souvenir piquant de chacun de leur passage…

Vendredi de Pâques youkee voit sa fin. Je ne suis pas sortie de la maison. J’ai pu avancer sur le rapport à l’ambassade américaine tout en commençant à digitaliser les trente heures de bandes du King Tides festival. Gros travail en amont pour ne pas me planter plus tard, de numérotation et de marquage des bandes. Apprécié de voir la différence entre l’étiquetage des bandes de Nia et Atabi, qui ont eu les bases d’une formation et déjà approché le montage et le bordel que ça provoque quand les bandes sont mal étiquetées, ou pire pas étiquetées du tout. J’avais dit à tous la nécessité de marquer aussi bien le boîtier que la bande. Eux l’ont fait et sans faute. Inscrivant la tranche du bon coté. Ce ne fut pas le cas d’Halo dont c’était les premiers pas ni même de Fanny qui persiste à inscrire ses étiquettes de tranche à l’envers.

Le rapport des activités de l’an dernier sur lequel nous avions décidé (faute de temps) de ne pas communiquer à mon retour ne peut pas être adossé à un quelconque texte. J’ai pourtant l’impression d’avoir écrit mille fois cette histoire, mais non, à part le blog et le document « from symbol to example », pas grand chose à se mettre sous la dent. Je l’ai donc démarré de manière empirique. En partant de ce que j’avais. Loin d’être terminé mais ça avance doucement. J’en suis à intégrer/ traduire quelques extraits du rapport de Gilles.

Avant, hier, et la semaine passée, sans avoir à réfléchir trop, je me souviens de la dernière journée NAPA mardi et de l’atelier JICA/Foram-création de sable mercredi après midi. Y’a eu un dîner Melton. Jeudi, un peu partout, y compris à la maison où nous recevions Saufatu que Sarah aide à faire un rapport (4 millions à la clé) et 2 des chercheurs japonais qui venaient creuser un peu l’histoire de leur caméra sur la terrasse. Un projet qui me gênait et j’en avais parlé à tout le monde, pour son invasion de la vie privée des gens. S’ils s’en tiennent à saisir une image une fois par semaine, no problem. Je vais devoir faire le tour à nouveau pour faire part de mon point de vue modifié à tous.

Le parlement est en session. Encore un vote de non confidence enfantin. J’espère qu’un jour ils parleront de l’avenir et pas de leurs meurtrissures du passé (particulièrement celles d’égo désappointé d’avoir perdu). Saufatu a le même sentiment. On a parlé du vote de non confidence qu’il a essuyé lui. Son Frère Enele et Taukelina m’ont invitée à partager le déjeuner de la pause parlement . J’ai décliné « je ne fais pas partie de votre réunion, merci. » et suis passée voir Penny qui prenait des notes, comme à chaque session, pour en parler avec Nala et leurs maris.

La cohabitation a retrouvé un équilibre, après une discussion pour percer les abcès et quelques jours à réapprendre à ranger et partager les tâches.. Aujourd’hui, j’ai demandé si je pouvais mettre dans la cuisine les 2 bouteilles plastiques qui traînaient devant la porte de Sarah depuis son retour la semaine dernière. Tout est presque rentré dans l’ordre et on n’est pas loin d’avoir un devis même deux pour le transport du matériel biogas depuis la Grande Bretagne. Sarah avait l’intention de repartir plus tôt pour revenir cet été, le décès de sa grande tante qui remet en question l’équilibre de sa famille et d’un de ses cousins fragiles dont elle s’est occupé confirme cette décision et avance un peu le retour. Sans doute vers la mi avril après notre présentation DCC (secrétaires permanents). J’espère aussi après l’AG, réunion biogaz, RV Mafalu et expo photos hôtel. Mais c’est pas gagné.

Ca facilite l’attribution de logement des 3 « biodiv » sandrine, dani et le jeune photographe dont je ne peux retenir le nom.

23 / 04 / 10 - 13 : 48

Melton’s dinner - 30 mars 2010

Napa au petit matin, avant l’avion. De moins en moins d’invités. Je ne sais même plus de quoi on a parlé, ou plutôt écouté parler. Mais je ne me suis pas ennuyée et je suis allée féliciter Gabor de l’UNDP qui a montré tout du long de ces journées cœur et professionnalisme.

Melton a prévenu en arrivant qu’il avait bu…… que Fong était furieuse.. Ne répondait plus à ses appels. Pendant que Sarah faisait ses pâtes. J’ai passé ¼ d’heure avec Fong au téléphone « mais, Fong, c’est un homme….. » et en rigolant elle a accepté de lui parler. Je passe la voir demain. Et on dîne tous les 4 samedi je pense.

Puis il s’est lancé : « on peut aller droit au but ? » Sur ta question d’hier « j’aimerais qu’on parle du futur d’Alofa à Tuvalu »… en global, « Alofa has to go on in Tuvalu. I want to say that I was very happy to see you sitting there and of our intervention at the napa workshop. I’m very proud to be general secretary. »

In general he kept saying for the Future of Alofa, You do a lot, so much for our country… jusqu’à Copenhagen….

GiGi : « What I loved was the unity and togetherness ». Ensuite, j’ai précisé ma pensée « it seems that each 2 years I ask myself the question « Am I doing the right thing ? should I put my energy, time, money elsewhere ? When I came back with the plan small is beautiful, many told me they needed my motivation… I do need yours too.. »

Melmel : Dans le détail, oui y’a des gens qui essaient de crédibiliser, de mettre des bâtons dans les roues. Faut que je sois honnête. Souvent pour des raisons politiques (Nala) mais aussi parce que lui, elle (parlant d’Annie de Tango), moi… la plupart du temps des gens qui ne font rien, sont jaloux que vous fassiez avancer les choses…. They want the credit… You have the credit.

« je m’en fous du credit, if anyone can take ideas or knowledge it is the goal of our action here.. Take the credit… But tell me How can we do better… What do we do wrong ?

« I can be your mentor when you do things out of social rules, I’ll knock on the table.. Mais y’a des choses que je veux dire à Sarah, devant Sarah. »

Sarah, d’abord il parle « en général » en la regardant puis « je vais regarder Gilliane mais je te parle à toi aussi ».

J’ai saisi bien que ce soit dit en terme général et a priori pas dirigé qu’il fallait que je lâche un peu du mou dans mes moments d’émotion, à savoir que j’insiste moins (par exemple avec le tourisme me semble t’il), puis, direct : une des choses qu’on peut te reprocher c’est que Tu vas trop vite !

J’essaie de me corriger mais je suis workoholic.. Et si je m’arrête, si je passe à autre chose, I’m gone.. Comment je peux faire ?

Avant que j’oublie : Piggarep, Mafalu.. on va lui rentrer dedans. T’es contre ?

Ca l’a amusé. Non..

Episode sur sprep où il a envie de déposer à nouveau son dossier au second de solomone.

Pas au courant de tout était l’une de ses premières réclamations, le matin où rv fut pris… Pas revenu ce soir là mais l’ai mis au courant de la biodiversité et parlé des financements Ademe, total, et sur la région, piggarep un jour peut être..

Faut qu’alofa continue et prospère a t’il ajouté. Vous êtes complémentaires du département de l’environnement. Ils ont besoin de vous et on peut tous vous aider à trouver de l’argent.

Ayant de plus en plus de mal à contrôler ses yeux. « Faudrait que je rentre… Vous avez d’autres questions ? »

D’abord promets que tu ne va pas voir Fong dans cet état.. Et puis 2 questions oui : qui on met comme président (puisque Susie est d’accord pour être remplacée) ? Et là il est parti sur risasi dont il espérait qu’elle serait virée de l’hôtel car l’hôtel était mort… La politique etc etc et on a oublié la présidente..

Et toi si tu es fier d’être secrétaire général, tu peux pas nous représenter quand on n’est pas là, aux réunions de Tucan par exemple ?

Si…

J’en oublie un tas bien sûr, mais il a su me remotiver… un peu. Pas dans ses arguments car finalement y’avait peu de fonds et peu de réponse à mes questions mais par l’expression de sa volonté d’aider, consistant à conserver coûte que coûte sa dignité et les yeux ouverts.

Je suis descendue devant lui dans l’escalier pour être sûr qu’il ne tombe pas. Il marchait droit, mais l’escalier est raide et les marches petites. Je suis contente de l’avoir vu un peu pompette et tel qu’il est : gentil et honnête sur lui même, manquant d’assurance d’où le coté macho. Au début, il n’arrêtait pas de dévaloriser ce qu’ils font tous, les responsables de programme GEF, « nous on ne fait que des rapports, vous vous mettez en place… »

Une des meilleures nouvelles de la journée, et je ne l’attendais plus c’est, qu’alleluia, l’eau coule à nouveau au 1er étage… plus besoin de bassines… pour le moment. En rentrant d’un de mes déplacements de fin d’après-midi, j’ai tourné machinalement le robinet, un réflexe et là s’est produit le miracle… PWD était passé pendant mon absence, malheureusement Sarah a oublié de descendre pour voir ce qu’ils faisaient. Next time ☺



23 / 04 / 10 - 13 : 47

Earth Hour - Samedi 27/3-15h

Un autre truc qui me plombe le moral, c’est que je n’apprécie pas trop la façon, désormais tout à fait familière, dont je suis « traitée » par quelques uns. J’ai parlé de Melton*, de sa manière de me réveiller aux aurores parce qu’il a besoin de scotch double face. Hier, il me demande alors que je quittais la pré-dernière réception napa d’aller lui chercher un paquet de cigarettes d’un coup de bike, « chez nico, y’en a plus que chez lui ». J’ai appris ainsi le shortage de cigarettes après celui de la farine et c’est sans la moindre arrière pensée que j’aurais fait le voyage si le ton ne m’avait pas semblé ressembler à un « t’es assez bête pour en faire autant pour nous... ». D’un côté c’est que je fais vraiment partie de la famille mais mon ressenti de base n’étant pas si rose, je ne l’ai pas pris comme ça. Tout semble expected. Sans doute ma faute, comme avec des enfants qu’on rend capricieux. Ou un mec qu’on rend de plus en plus exigeant.*

Pas mal rayé de lignes ce matin… parmi les mails en retard, une réponse au mails de janvier et février de Marc Beaulieu, un ethnomusicologue, rencontré en 2006 et candidat idéal pour les activités « old songs » sur le festival. Il était en contact avec Alamai, la responsable culturelle, qui était tout à fait pour, mais (voir plus haut) n’a pas mis les pieds à Funafuti, ni donné signe de vie depuis début décembre.. Répondu aussi à ceux du mois de Mars de Stephen, notre contact juriste australien, rencontré à Copenhague qui suit l’histoire du patrimoine mondial et veut nous inviter en juin à un colloque litigation. A Jenny qui avait eu la courtoisie de m’envoyer son commentaire pour relecture. Un mot aussi au syndic de l’immeuble de la colline et un autre à l’ingénieur de Tec à qui j’avais promis le lien de la video earth day de l’an dernier.

Les petites cameras sont quasi prêtes pour le tournage de ce soir, appris à effacer des files sur la petite HD pour faire de la place, mis une bande neuve sur l’autre. Les batteries sont en cours de chargement. La mob, elle, est pleine.

Bien sûr je me suis battue avec la pompe à eau pour prendre une douche… Descendu les escaliers 3 fois… en laissant, en haut, un robinet ouvert au-dessus d’une bassine comme test. Après quelques tapes de plus en plus vigoureuses, la pompe repartait…. Pour une durée de plus en plus courte… la dernière fois, même pas le temps pour moi de remonter les marches. La fille d’Elega m’a proposé d’aller taper.. Caricatural.. mais cette comédie l’air de rien pourrit la vie et ne peut pas être acceptable quand nous serons à nouveau 2 et plus tard 4 ou 5 ! J’ai peur qu’il faille à nouveau changer la pompe défectueuse, payée par le proprio. La seule disponible sur l’île, dont les plombiers connaissent le problème. A Tuvalu, il n’y a pas de garantie. Willy et Seinati risquent de faire la grimace. Direction PWD dès lundi matin pour avoir leur opinion… ou peut être Henri qui a l’air de s’y connaître en électricité. J’ai l’impression que boîtier est scellé, c’est sans doute ça le vrai souci, on ne peut pas accéder…

La tuile du jour : alors que je venais de m’allonger avec l’idée de lire un peu, les paupières lourdes, sentant bien que je pourrai, oui, dormir un peu, le téléphone a sonné : c’était kaio pour m’annoncer que Sarah et lui étaient presqu’au port. Je les attendais demain !

En contrepartie, la bonne nouvelle c’est que Sarah peut aller filmer à ma place. C’est son rêve de faire des bouts de film. Mais comme pour le reste elle met les charrues avant les bœufs et achète 3 cameras avant d’avoir appris ou même de savoir ce qu’elle veut faire. En tout cas en 3 ans, elle a compris, elle, les 10’’ stables. Elle sait aussi éviter les mouvements, genre pano interminables… A priori si tout ça se termine par un montage de l’ensemble de ce qui aura été filmé et pas seulement le turn off power à envoyer cette nuit, y’aura de quoi faire, avec ou sans les plans « mouette ».

*Au sujet de melton, je n’ai pas relaté que pendant notre discussion sur earth day, il était le seul à insister sur le fait que l’hôpital soit coupé aussi… refusant de comprendre qu’ils avaient sans doute des frigos, peut être des gens sous oxygène ou autre appareil qui nécessite une alimentation électrique.. Que le port reste allumé comme l’an dernier me semble plus grave, ai-je tenté… Rien n’y a fait ! Il a décidé d’aller convaincre le directeur de l’hôpital.. Il est probable qu’il n’a pas fait le voyage mais c’est dire son entêtement…

Earth Hour 2010

Sarah a été OK pour filmer à ma place, avec Kaio…. Hmmm pas sur la mob à 2… Donc, nous sommes partis, sarah et moi sur la bike, Kaio sur le vélo, pour un dîner rapide à l’hôtel avant la réunion de 19h30.. Là, l’équipe Tafue, Tataua, Melton et Semese, munis des Talkies walkies de la croix rouge, s’affairait…. « qui doit filmer chez tec ? » me demande Tafue. « Taukiei, you said ». « He is drunk »… « OK Sarah will do it as she did last year »… Nos plans se trouvant modifiés, d’office, vue l’urgence, je me suis préposée à l’enregistrement de scènes de vie… Avant de partir sur la seule mob autorisée cette nuit, j’ai mis en mémoire Semese s’harnachant pour escalader la tour des telecom. Lui ai filé ma lampe frontale bien plus pratique que la torche qui pesait 5 kg.. Elle m’a manquée plus tard pour filmer (en particuler la foule sur le runway) mais elle lui était bien plus utile.. Il était tellement anxieux (quasiment tout l’après-midi m’a t’il dit) qu’il a profité que je cherchais un technicien de telecom, pour démarrer son escalade sans témoin… en quelques secondes il était à mi parcours… Aussi assuré, au cas où, l’extinction du building du gouvernement (tec avait du mal à éteindre, poireauté 20 mn n’osant pas couper pour immortaliser le moment solennel (pour eux)..

J’ai tenté d’expliquer à l’équipe que s’ils tenaient à expédier une séquence aussitôt, il fallait qu’elle soit la plus légère possible et donc la plus courte possible. Cette notion a eu du mal à entrer… Sem m’a répondu « oui tu m’as dit il faut rester au moins 6 secondes sur une image.. ». A Tafue « pour expédier, ils t’ont (les organisateurs) dit exactement comment faire ? » « Non, ils n’ont pas répondu à mon mail »… Ca m’a permis une stance sur ces organisations internationales qui te harcèlent quand ils veulent quelque chose et t’ignorent dès qu’ils ont obtenu ce qu’il le fallait, en oubliant de remercier… La télé des nations unies est la dernières en date.

Parmi les scènes sympathiques : Une famille en face de l’hôtel jouait avec un groupe d’enfants. Apercevant sans doute le rouge de la petite caméra derrière leurs vitres horizontales « ah c’est gilliane… », ils se sont mis à poser. « do as if I was not here ». Ils ont repris leur jeux en se tapant dans les mains en chantant. Un groupe d’adolescents jouaient aux cartes à la lumière de l’ordi portable qui diffusait leur musique préférée, les flics arrêtaient les quelques mobs qui tentaient une sortie. Au moment où je demandais aux flics s’ils avaient stoppé beaucoup de mobs, la lumière est revenue et la vie avec… Des gens aux balcons, devant leur pas de porte, à tous les coins de rue. Alors que je roulais à deux à l’heure prête à m’arrêter pour filmer ci ou ça, de 3 endroits différents j’ai entendu mon nom sans localiser d’où et surtout de qui ça venait : le premier était tetele, l’ancien du Fagogo, reparti à Nui.. la deuxième Patipati et le 3e le plombier.

Zoom à la tour pour voir où en était Sem.. Il descendait lentement… arrivé en bas, le sourire jusqu’aux oreilles : « ça fait du bien de marcher sur la terre ferme » Il était fier de lui et il y avait de quoi.. Il a disparu rapidement et s’en est excusé plus tard « j’avais envie de pisser »..

Retrouvé les autres garçons, toujours à jouer avec leurs talkies walkies pour commander le repas… Ils se prenaient tous tellement au sérieux avec leur « apha 2 a alpha 3 ». Tout ça pour un poulet au riz.

Sarah a pris notre bike, moi j’ai sauté sur celle de Tatua et on a retrouvé tout le monde auTake away, le resto crapoteux près de la maison, fermé à cette heure là mais ils nous ont passé les plats et, finalement les mecs ont mangé sur le « parking » du fusi et nous on a bu un coca...

Tataua a voulu qu’on regarde, lui et moi, les images de sem pour voir ce qu’on envoyait aux organisateurs…. Une fois sur sa tour Sem a oublié les consignes du 6’’ et sans zoom, en bougeant tout le temps (en plus y’avait du vent m’a t’il dit) : rien d’utilisable sur l’extinction… La bonne nouvelle c’est que Tatau a réalisé qu’à Funafuti où rien n’est illuminé, filmer de loin ne paie pas (évident l’an dernier à partir du patrouilleur dans le lagon)… Et, en pouffant il m’a raconté son propre déboire « Y’avait cette scène fantastique à l’hôpital (qui avait éteint les lumières mais conservé tout le reste alimenté) : un groupe de malades chantait ».. Tafue m’avait communiqué l’information reçue par talkies walkies bien sûr… Il n’arrêtait pas de se dire que c’était drôlement sombre dans son viseur… et même les bougies il ne les voyait pas… Il a fini par s’apercevoir à la fin de la chanson qu’il avait oublié d’enlever le capuchon de l’objectif… « pas grave je lui dis au moins t’as la chanson, on pourra l’utiliser en fond musical ».. « ah non, je n’ai pris que des petits morceaux… »

En rentrant, au cas où y’aurait rien d’autre, j’ai ressorti l’image d’extinction de l’an dernier du montage 2009 et tenté de digitaliser l’extinction filmée ce soir. J’ai pu sans problème logger les séquences mais impossible de les capturer à partir de la petite Sony.. pas paramétrée pour. La « grande », que j’utilise habituellement et que je devais tester pour numériser les enregistrements de l’année, n’a rien voulu savoir Ou plutôt si, elle faisait tout comme, la bande avançait, reculait, mais ce qui se digitalisait était ma propre image filmée par la wabcam du mac ! Donc ce plan là ne sera pas pour ce soir mais j’utiliserai la cam du service social.

Long blablabla avec Sarah où comme avant son départ, j’avais vraiment envie de la laisser parler toute seule tellement si on ne dit pas exactement comme elle, elle se fait fort de nous convaincre du bien fondé de ses connaissances et opinions contraires. Mais ce fut plutôt sympa même s’il est de plus en plus clair qu’elle n’a, malgré ses dires, aucune notion de l’organisation du travail. Quand je lui dis que puisqu’elle était revenue, elle pouvait suivre et répondre au dernier mail de son fournisseur favori, le britannique, avec qui j’ai correspondu en son absence, elle a répondu « si tu veux, mais je me disais que j’allais repartir un peu plus tôt que prévu, que j’irai les voir pour m’assurer de tout ». Ce qu’elle aurait dû faire avant de partir puisque nous avions décidé qu’elle ne ferait le voyage que si le matos était en route… « euh, tu ne partiras pas d’ici tant qu’on n’a pas une estimation du coût du transport et qu’on puise soumettre une facture pro forma au GEF… Et je te donnerai les coordonnées de nos contacts à Fiji. Ils peuvent aider et donner des pistes à ton fournisseur. »

Blabla sur mes troubles quant à la viabilité du projet, surtout après qu’elle m’a dit que le conseil des vieux, contre toute la population et le kaupule, avait, y’a quelques mois, voté contre la mise en place d’enclos à cochons, préférant les laisser gambader sur l’île. (A raison d’une douzaine de cochons par maisonnée/famille, ça fait du monde !) Elle ne voit pas du tout où est le problème et évidemment je ne suis pas assez spécifique et ne mets pas encore les points sur les i.

Endormie à 3h sur le bouquin d’Obama sans parvenir à pousser jusqu’au bout des 30 pages qui restaient.. Ce dimanche, réveillée à 9 heures par les voix du lagoon. Un peu courte la nuit mais l’interruption intervenant dans un cycle, ça le fait. Sarah elle s’est réveillée à 11h. A 11h30 elle a demandé, en préparant son petit déjeuner après deux épisodes infructueux avec la pompe à eau, si on allait déjeuner à l’hôtel. Tandis que je faisais les dernières corrections au contrat de Sandrine, elle s’est recouchée. 12h30 : elle dort. 13h30 : elle se dirige vers l’hôtel. 15h30, elle en revient après avoir regardé un match de rugby. 16h30 : elle dort. Il est maintenant bientôt 18h. J’ai pas tout rayé de ma liste, ce serait trop beau, mais j’en suis pas loin (Sandrine et contrats, annie wheeler et workshop de fin avril, Chris réponse du mois, Fanny réponse de la semaine, blog des derniers jours et démarré sur rapport ambassade US). J’ai mérité une douche tiède chez John. Après 2 ou 3 mails perso et pré press release earth hour.

L’histoire du press release et les responsables désignés de la communication.
Contente d’avoir pu leur envoyer ce soir là à tous un premier draft de press release, j’ai été douchée le matin par un mail de Tataua me disant en substance que Tafue et Melton avaient été désignés, à ce meeting où je n’avais pas été conviée, responsables de la communication. Je lisais entre ces lignes que je n’avais pas à me mêler de ça. « Désolée, n’en tenez pas compte ou utilisez le draft comme vous l’entendez. »
Dans le même temps, Semese, Taukiei, et d’autres me renvoyaient leurs suggestions de corrections ou leur OK…
Aperçu Tataua le jour même à l’hôtel. « Désolée… Juste dis moi quand tu as besoin de moi ». « Euh, on attend la réponse de Tafue et on corrige »… Dans la foulée, un peu remontée, un saut chez Melton « faut qu’on se voit pour parler de l’avenir d’Alofa »… « Mardi soir ? » « OK »… Au retour, je croise Tafue « j’ai pas eu le temps de lire… ». Depuis je me tiens à distance, heureuse de pouvoir occuper mon temps à autre chose, attendant qu’ils se réveillent..
Update : Alors que la nuit précédente, je m’interrogeais : avaient ils après la montée d’adrénaline et l’urgence d’envoyer en quasi direct leurs images, décidé de laisser tout tomber ?… le matin du lundi de Pâques, surprise, un message de Tataua me demandait si j’avais corrigé et quand on pouvait envoyer mes séquences de l’extinction …

23 / 04 / 10 - 13 : 45

NAPA Fin- Vendredi 22h22 Comment ça va me demandais-je à moi même puisque je suis toute seule ?

Pas pire. En fait, il est clair que je trimballe avec moi depuis l’arrivée mes questionnements d’avant le départ, comme il y a 2 ou 3 ans : est ce que ça sert à quelque chose tout ça, sommes nous vraiment les bienvenus, sommes nous vraiment soutenus ici ? suis-je heureuse de le faire ? Donc quand on me lève du mauvais pied, je ne vois que les trucs que je veux voir, les négatifs. Ceux qui me feront pencher du côté « j’abandonne ».

L’atelier NAPA (National Adaptation Plan) s’est finalement terminé (enfin c’est ce que je croyais) en fin d’aprem, avec une vraie journée de retard. Je comprends mal comment ils ont pu imaginer un seul instant être capables d’analyser autant de données et obtenir l’assentiment des participants sur 50 pages en deux jours et sans avoir fait passer les documents avant.

Une de mes contrariétés de la première journée de l’atelier, c’est que personne du Ministère des Home Affairs ne soit présent. Ca commençait à faire beaucoup d’absence importante, la première étant le festival culturel des King Tides.. (Rencontré Alamai de retour de Vaitupu après 2 mois « ca y est t’as fini de te cacher ? » lui ai je demandé en plaisantant…) En fait ce ministère me semble ne rien faire et son ministre, proprio et a priori ami, toujours en voyage, pas beaucoup plus. Depuis il a été représenté par Lopati qui a fait une présentation assez pathétique des activités (ou du manque d’activités) des kaupule, puis par, comme je le disais hier, le jeune buveur de notre gin qui n’a pas dit un mot et aujourd’hui, près de moi, une Saini, qui représentait l’assemblée des femmes. Sympathique.

SEVE PAENIU*, émigré au Sprep depuis que le gouvernement l’a ousté de son poste de Haut Commissaire à Fidji, dirigeait la présentation au galop. Sautant des pages et demandant à GABOR, undp Thailande, de reprendre les docs sur le champ, prévenant à l’avance aujourd’hui « il nous reste 10 pages et 10 minutes… » A la limite de l’absurde. *En 2004, Seve fut celui qui m’a le plus prévenue « on est avec toi mais on a besoin de ta motivation ».

Est ce que j’ai appris des choses ces derniers 3 jours, certainement. Mais ce qui m’est apparu clairement c’est que même si je devenais experte es-langage institutionnel et dans ce cas GEF-jargon, ça ne m’amuserait pas de formater nos projets dans ces mots. Après tant d’années, je demeure hermétique à leur vocabulaire. On perd le fil du projet et de ses objectifs tellement c’est décortiqué et phrasé comme pour rendre opaque. Ca me conforte dans l’envie d’arrêter si on ne trouve pas quelqu’un qui s’intéresse à ça et ne fasse que ça.

C’était indispensable que je sois assise avec tout le monde. Ce fut une reconnaissance certaine par tous les participants et l’undp du rôle d’Alofa. Je ne nous ai placés que dans les soutiens techniques en communication, j’ai hésité sur les poissons, mais s’ils n’y avaient pas pensé eux-mêmes… J’avais ouvert ma gueule à plusieurs reprises déjà aujourd’hui, plus que la plupart des participants. Sans doute ferais-je un rajout dans la version finale qu’ils doivent nous faire parvenir.. si je la reçois.

Gabor a fait quelques interviews sur son portable, il a poursuivi Fong et moi pour nous avoir ensemble… Notre point de vue des effets du climat ici.. des programmes d’adaptation… Là j’ai avoué que, plus radicale que Fong (qui parlait du programme japonais sensé recréer du sable à partir du corail mangé par le starfish….et inclus now dans le NAPA), j’attendais NAPA II ou NAPA III pour commencer à étudier les solutions sérieuses à long terme.

Après le pot de fin d’aprem (le Nième avec nourriture bien sûr que j’ai décidé d’ignorer), tous, ou presque, s’apprêtaient à se retrouver au Mataligali où la communauté de Nukufetau organisait un fund raising. Ce sera sans moi.

Parmi les douceurs de la journée :
Oyda, une adhérente des débuts, de retour d’un séjour overseas : « qui t’aide ici ? Si t’as besoin de n’importe quoi, tu me demandes. »

Une femme du ministère des finances, jamais rencontrée, qui participait a l’atelier NAPA : je voulais te remercier pour la video des funérailles de mon père, celle que tu as donnée à Eti et ma mère… en 2006 ou 2007. Je n’étais pas là et ça nous touche d’avoir des copies.

Emma de UNDP qui a renouvelé sa volonté d’aider à y voir clair dans nos cacas piggarep.
Et Gabor qui a insisté pour faire un tour de l’Alofa Bike en nous congratulant pour ce qu’on fait, même s’il n’a eu qu’un aperçu succinct et n’en retiendra que la bike.

Lama* qui se trouvait chez Grace quand je suis passée pour mon problème de phare, l’a réglé sans même regarder la mob. Un de ses collègues commençait à démonter le parephare.. « et le switch ? », moi fanfaronne, « oui il me semble que ça peut venir du swiitch puisque les 2 phares sont nazes ».. Il parlait d’un autre switch, que je n’avais jamais utilisé mais que sans doute les enfants avaient touché. Et hop, la lumière fut.

Ca me rassure pour demain soir Earth Hour mais je ne suis quand même toujours pas très fière de devoir affronter seule les meutes de chiens errants que j’entends hurler le soir (en tout cas hier soir). S’ils ont fait un ramassage des chiens y’a pas longtemps, dans les cages on a vu quelques chiens à colliers et quelqu’un, peut être sarah, m’a dit que bien sûr ils n’avaient pas envie d’attraper les chiens les plus agressifs qui continuent donc à traîner dans les rues). *Lama… le nom s’était posé sur les lèvres de Jenny, elle l’avait interviewé, le fils de Kamuta… Ca ne me disait pas grand chose mais un peu. Quand j’ai acheté les bouteilles de vin pour Nanumea, mises dans le paquet bateau pour sarah, c’est aussi lui qu’il fallait que je voie pour un reçu. J’ai pensé que ce pouvait être le mécanicien que je voyais les années précédentes. Il m’a semble l’apercevoir sur une mob un jour mais la personne à côté de moi à qui j’ai posé la question m’a dit que ce n’était pas lui. En fait si, je ne lui ai pas directement posé la question à lui, à mon long time no see, il a répondu qu’il était overseas. Pensait il à émigrer ? Sourire… « Ton pays a besoin de toi.. ». En tout cas merci pour la lumière… Update : finalement ce n’était pas Lama que j’ai rencontré plus tard (et qui avait participé à l’atelier biomass de sarah en2003) et à qui, bien sûr, j’ai tenu le même discours.

Dernière gâterie de la journée : Henri , l’homme de la maintenance de l’hôtel, est passé voir la situation de mon néon et l’a réglée. Et la lumière fut une seconde fois aujourd’hui. Il en a profité pour jeter un œil sur les 2 néons du rez de chaussée qui ont rendu l’âme y’a longtemps et reviendra poser 2 longues consos à la place.

Parmi les (rares) contrariétés, d’ailleurs je n’en retiens qu’une : Qu’Eliala tienne une réunion biodiv, à deux pas du dernier pot GEF avec sem et les fisheries, sans m’avoir conviée alors que je me tape toutes ses autres réunions.. Le matin, elle m’avait donné le programme pour ses ateliers de fin avril où elle nous laisse effectivement une journée complète pour que Sandrine présente le programme de la mission et qu’Annie Wheeler restitue les findings de ses missions « cetaces » et nous donne aussi le cas échéant, les photos de poissons qu’elle disait avoir.

Update du soir : j’allais envoyer ces lignes à Fanny quand dans ma boite y’avait un message de Eliala à une série de gens… à la recherche de financement pour les bouquins biodiversité y inclus le nôtre ou elle dit texto « je mets gilliane et semese en copie car ils travaillent ensemble sur un livre sur les poissons.. ». J’imagine qu’ils en ont parlé à leur réunion de fin d’aprem et que tout est OK avec sem… (que j’avais inclus bien sûr, ainsi que Tupu dans la micro présentation du projet à Napa…. En leur demandant à la fin si j’avais oublié quelque chose…)

That’s it for today. Ah mince, j’ai oublié Cat j’avais promis de passer la voir sur le chemin du retour. A la place j’ai passé quelques minutes à donner quelques notions de video à Fong qui veut faire un clip d’une chanson gospel qu’elle interprète avec 4 autres personnes.

23 / 04 / 10 - 13 : 42


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