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Le soleil brille, le ciel est bleu, pas un nuage. Lee passe d’un coup de moto s’assurer qu’on a remarqué et que bien entendu, la sortie sur l’îlot est confirmée. On a crû à une sortie groupée avec des japonais. En fait, deux départs de bateaux de la petite jetée d’Alpha, l’un pour Tepuka, l’autre pour un îlot que nous ne connaissions pas encore. Lee nous embarque.



Semese conduit une troisième barque avec à bord Simon des pêcheries, un yachteur australien féru de pêche sous-marine et un autre gars. Evidemment puisque la pêche sera sous-marine, oublions l’idée de les filmer. La caméra est restée à la maison. On a laissé l’appareil photo avec Kaio et Sikeli pour qu’ils rapportent des images de la reproduction de biogaz. Notre équipement est donc réduit au strict minimum : la petite caméra avec son heure de batterie et pas une seconde de rabe et nos yeux grands ouverts. Lee nous pose sur un îlot, près d’un des passages entre le lagon et l’océan, le dernier avant Funafala. Deux barques de pêche sont amarrées à l’autre bout. Lee et la barque de Sem repartent pour pêcher. L’îlot est magnifique : le décor de carte postale. Sable blanc, gris ou roches volcaniques selon où on se place, une végétation très dense et d’un vert rassurant, des noix, des fruits d’arbre à pain et des pandanus qui forment des grappes que les enfants du quartier suçotent, des myriades d’oiseaux qui tournoient, pêchent. Bref, un délice qui sonne comme une récompense en cette fin de mission réussie.





Nous n’avons pas l’heure, mais nos estomacs commencent à grogner, et le soleil nous confirme qu’il est bien plus de midi. La première barque s’en va. Toujours personne… on partage une bière et quelques chips, sacrilège sur une île si mirifiquement déserte. La seconde barque s’en va. Seconde bière et un tour de l’île pour voir si on ne voit pas nos amis pêcheurs. La luminosité commence à baisser, au loin des nuages se forment. Gilliane se dit qu’ils ont peut-être fait halte à Tepuka avec les japonais, qu’ils y déjeunent. J’écris un SOS sur le sable. Et on commence à envisager l’environnement autour pour le cas où nous devrions y passer la nuit, en plaisantant tout en espérant que ça n’allait pas arriver. Finalement les deux barques sont de retour, pleines de poissons. Semese s’excuse de nous avoir fait attendre si longtemps. Lee s’active autour du feu. En deux temps trois mouvements, le barbecue de « grands voyageurs » est prêt: un tapis de feuilles et branches sèches posées sur la roche, les poissons, recouche de feuilles sèches et merci Gilliane de n’avoir pas arrêté complètement de fumer, il fallait quand même un briquet pour que le feu fut. Lee, d’une lame de branche, fait une spatule. Un autre ouvre un poisson à manger cru. Une fois cuits, les « voyageurs » sont lavés-salés dans l’eau de mer. Un jet de citron vert, un bout de pain. Lee attrape une noix de coco, la première et la seule qu’on mangera sur ce voyage, la sécheresse des neuf derniers mois a fait des dégâts sur les arbres. On croit tomber parterre tellement c’est délicieux. On repart assez vite car le temps va tourner et la lumière tomber. Pour équilibrer les bateaux, Simon des pêcheries saute dans la barque de Lee. Il est tout fier de dire quelques mots en français. Il a grandi en Calédonie et parle sans accent.

Lee nous dépose à la maison, pour attraper caméra et téléphone (dernier outil disponible pour prendre des photos) et retour à la petite jetée d’Alpha pour immortaliser l’une des plus belles prises des garçons : un énorme « traveli ». Dans le fond du bateau il y avait aussi un requin de belle taille. Semese a dit qu’ils en avaient croisé de très gros côté océan. Quand je lui ai demandé ce qu’ils faisaient dans ces cas là, il a répondu en riant, « on leur dit bonjour ». Les mots étaient bien faibles pour remercier Lee et Sem pour cette journée.

On a récupéré la mob laissée chez Alpha et avant de rentrer, sommes passées, toujours trempées, voir Nala, notre Présidente d’honneur, une des grandes amies de Gilliane arrivée l’avant veille de Nouvelle Zélande. Nous savions que nos voyages n’allaient que peu se chevaucher, et Gilliane se sentait mal de n’avoir eu que le temps de la saluer à sa descente d’avion. Elle était sereine et savait qu’on passerait. Rendez-vous fut pris pour déjeuner le lendemain.

27 / 01 / 12 - 17 : 39

La bonne nouvelle du jour, c’est qu’en dépit d’une pluie battante, Sikeli, Kaio et le jeune planner du Kaupule sont partis vers Nanumea sur le Manu Folau avec les équipements.





Nous qui filmions depuis leur arrivée au port et le chargement des équipements, étions bien entendu trempées jusqu’aux os, lorsque l’assistant de Kausea (Ministre de l’Energie) qui devait nous rappeler depuis 3 jours, a appelé pour annoncer que le Ministre nous recevait « tout de suite ». On voulait lui faire une mise à jour sur toutes nos actions puisque la plupart sont sous son ministère et que nous n’avions pas eu le temps de lui en parler encore.

On enfourche la mob’, direction l’immeuble du gouvernement sans prendre le temps d’enfiler des vêtements secs, de toute façon il pleut moins, mais toujours. Dans le bureau de Kausea, la clim nous fait claquer des dents, mais on a aussi envie de claquer des mains quand il nous dit que le travail qu’on fait depuis 10 ans a porté, et qu’il énumère les projets qui doivent conduire 3 des îles à l’indépendance énergétique. Il reconfirme son intérêt pour les biofuels d’huile de coprah produits localement. Il a assisté à toutes les démonstrations publiques faites avec Gilles en 2008 et 2009. Gilliane lui parle du projet de scooter électrique sur lequel Anare (UICN) voudrait donner un coup de main. L’idée lui plait, il oriente vers l’assistant du secrétariat. Et puis il est content de l’initiative de Nielu, son officier, de vouloir faire des formations biofuel sur les iles lointaines avec le fuelpod importé en 2009… Bref ça valait le coup de claquer des dents.

On est parties se changer pour ne pas attraper la crève, avant de revenir déjeuner à l’hôtel où il était convenu, depuis notre arrivée, avec Semese et Lee que nous organiserions, avant notre départ, une sortie sur un îlot si la météo le permettait. Nous l’avons déjà écrit, l’eau trouble du lagon dissuade de s’y baigner au point que Gilliane n’a pas mis les pieds dans l’eau depuis 4 ans ! Semese manque à l’appel. Il n’a pas prévenu Lee du rendez-vous, mais Lee nous rejoint quand même et rendez vous est pris pour le lendemain à 9h, pour équiper le bateau d’Eti, avec le moteur de Lee, et prendre le fuel. Nous apporterons nous citrons verts et pain et, à quelques boissons et poissons près, le tour était joué.

On a profité de l’après-midi à la maison pour commencer à organiser la fermeture de la maison et nos bagages. Et le soir, Panapasi (Numéro 2 du gouvernement, exceptionnellement en vacances) et Laima (acting pour son mari et secrétaire permanent à l’éducation) nous invitaient à diner. La première fois qu’on arrivait à se poser avec eux. Gilliane était déjà très amie avec Panapasi avant qu’il ne soit nommé Ambassadeur de Tuvalu à Bruxelles. Ils ont un grand respect l’un pour l’autre, de la confiance et de l’estime. Ils partagent il me semble le sens du bien commun qui fait d’eux de bons visionnaires. L’assistance qu’on a apportée pendant deux ans à cette nouvelle Ambassade et les fréquentes visites des uns aux autres et vice versa ont renforcé les liens. « Quand tu déprimes faut m’en parler, faut pas rester avec ça » a-t’il réagi quand elle a parlé de son malaise pendant les guerres intestines, pour ne pas dire fratricides, de la campagne électorale, guerres qui ont duré bien au-delà des élections et durent encore à renfort de tribunaux pour savoir qui a volé quoi, quand et si c’était vrai, alors que le pays aurait besoin du pouvoir d’avancer… ; à entendre ses amies se déboulonner les unes les autres dans son oreille ; à voir le staff de l’institut maritime partir en guerre contre le capitaine et le comptable, gelant toute activité pendant des mois ; à croire que nous avions fait beaucoup de choses pour trop peu d’effet. La prise de distance a fait du bien, le voyage aussi, nous en reparlerons probablement plus tard, mais il est évident qu’il est déterminant pour Alofa Tuvalu. Nous avons terminé le diner, comme nous terminons la mission, en parlant d’avenir…

Avant de se coucher, un mail de Semese qui s’excuse de son absence au déjeuner et confirme qu’il sera là pour la sortie sur l’îlot. Super.

27 / 01 / 12 - 17 : 31

Jour arrosé (encore) et jour d’arrivée de Sikeli, notre spécialiste biogaz. L’avion tournoiera un moment en l’air avant d’atterrir, deux approches infructueuses, la pluie était si dense que le pilote ne voyait rien.

Le voyage du vaisseau tuvaluen, le Manu Folau, reporté de jour en jour est annoncé au départ demain/vendredi matin nous dit Kaio qui nous a rejointes à l’aéroport. Il nous prend de concrétiser l’idée un peu folle qu’au lieu de prendre le bateau pour Nanumea le 17, ils pourraient bien prendre celui-ci. Gilliane ou moi aurions détesté devoir se préparer à un départ si rapide. Mais pour eux, un départ précipité ne semblait pas les stresser une seconde. Kaio avait déjà commencé à laver son linge et faire son sac avant. Après un déjeuner briefing avec Sikeli, le changement des billets a été rapide. Le seul hic c’est que Sikeli perd sa cabine et doit voyager lui aussi sur le pont… Ils partent ensuite acheter ce qu’il restait à prendre (gouttières, tuyaux et un stock de bouffe, avec la bouteille de gaz qui manque dans l’île lointaine), tandis que Gilliane s’est mise la tête dans le budget, sorties de liquide et préparation de chèques pour assurer qu’ils aient ce qu’il fallait pour se loger, manger et vivre, mais aussi organiser des ateliers de sensibilisation. Sikeli est parti dans une bonne sieste, pendant qu’on corrigeait le mémo biogaz qu’il avait amendé avec les digesteurs plastiques de Nanumea, la nouveauté de ce projet de reproduction– à Amatuku, le digesteur est en brique. Sikeli a remis une patte dessus et ils sont partis avec une quinzaine de copies du document repris en langage simple et une paire de tapis sous le bras.

Le soir, dîner avec l’équipe de TMTI, l’Institut Maritime, Iefata le nouveau capitaine, Leota, le chef ingénieur et Sailoto, l’un des ingénieurs formés par Gilles, notre spécialiste biofuels. Pas la voie du capitaine, ils ont confirmé leur souhait de relancer les formations à la biomasse et de les intégrer au cursus des étudiants marins. Le capitaine a dit qu’il allait prendre soin du gazogène au point d’envisager dormir avec. Sailoto qui avait animé lui-même la démonstration publique du gazogène en 2009, lui a à peine laissé finir sa phrase « tu ne peux pas, il est à moi ». Ils ont confirmé aussi que l’école allait acheter des cochons pour réanimer la porcherie et on a proposé avec son accord que Sikeli vienne les aider à remettre le digesteur en route quand ils seraient prêts.



Il est évident que le nouveau staff de l’école est pro-actif, un vrai plaisir de voir que les graines semées depuis 2006 commencent à pousser. Après le mauvais climat qui régnait sur l’école en 2010, c’est une vraie bonne surprise.

27 / 01 / 12 - 16 : 58

Il pleut comme vache… Manu Folau et Nivaga, les deux bateaux inter-îles sont dans le lagon, temps trop mauvais pour qu’ils restent arrimés au port, dans l’attente de la levée de l’alerte météo. Sikeli, qui arrive demain, et Kaio qui l’accompagne à Nanumea vont finir par pouvoir monter sur le bateau sans attendre celui du 17, ce qui serait une bonne nouvelle pour nous qui avons à ranger un paquet de trucs avant de décoller… dans une semaine…

Fin de l’installation de l’expo avec Kaio et Gilliane. Avant de partir de l’hôtel, on a pris soin de coller les panneaux qui prient de bien vouloir patienter jusqu’à lundi avant que chacun ne vienne décrocher ses photos puisque, c’est le principe.



Passage ou plutôt détour à IWRM, la branche « eau » du programme d’adaptation, un fond australien, installée aux Travaux Publics, pour demander des nouvelles de la jambe de Sakaio le chef plombier… Il est rentré chez lui nous dit son collègue, clairement surpris de notre empathie. Le reste des locaux est désert… Confirmation quelques minutes plus tard : tous les représentants de IWRM sont overseas depuis notre arrivée, en vacances… La dernière, représentante de l’organisation, Ivy, également coordinatrice de la compétition de jardins de 2010, que Gilliane monte toutes les nuits depuis deux semaines, est partie elle aussi hier, pour de bon, nous dit Oyda. Ivy a juste oublié de nous prévenir… tout comme sa mère que Gilliane a croisé hier. Quand elle lui a parlé du petit film qu’au moins, elle verrait puisqu’on le remettrait à sa fille, la vieille dame était ravie mais n’a rien dit non plus du départ de sa fille.

Oyda qui a oublié de venir confirmer l’autre jour, espère toujours qu’on se fasse un diner : « vous êtes ma priorité jusqu’à votre départ ».. Une bise à Penni : « j’ai une citrouille pour vous ». Là non plus, on ne pourra pas la prendre : nous devons vider le frigo et on n’aura plus le temps de confectionner une courge.

27 / 01 / 12 - 16 : 52

Suite et fin du feuilleton de la lettre officielle. Apisai n’est pas dans son bureau quand nous passons. Direction celui de Pasuna : du fond de son fauteuil il nous indique le ministre n’a pas encore signé et qu’il est en réunion.

En sortant, on passe directement en face au bureau du Ministre : « tu as eu la lettre, je l’ai signée ce matin ». heu… Gilliane reste discuter avec Apisai, je repars chez Pasuna. Son bureau est fermé. J’insiste auprès de son assistante « c’est le ministre qui m’envoie ». Elle finit par l’appeler … dans son bureau. Le verrou s’ouvre, il sort avec la lettre. Apisai jette un dernier œil avant de la donner à Gilliane : elle n’est pas tamponnée. Retour chez Pasuna. Son assistante sort l’encrier et tamponne. Tapugao, le numéro 2 des Affaires étrangères qui passait par là, et qui lui aussi cherchait Pasuna désespérément, attrape la lettre et me la tend avec toutes ses félicitations pour la nomination de Gilliane. Apisai a suggéré qu’on prenne la photo sous la tête du père noël « Merry Christmas » !



Avec les Ministres, puisque la plupart repartait en meeting à l’étranger ce mardi, Julie (USP) a enfin pu partir.., après une semaine et non deux jours sur place et quelques idées pour remplacer le maillon défaillant.

Et nous avons pu retourner à nos moutons et accrocher à l’hôtel une partie de l’exposition des photos de la mission précédente. Un nouveau moment sympathique avec nos gamins du quartier, qui sont venus prêter mains fortes. Kaio, le fidèle actif, était là aussi. Josh (media), fidèle lui aussi est venu donner un coup de main. L’un coupait des bouts de scotch, l’autre les fixait en rond, le troisième les collait au dos des photos, le quatrième les portait au mur. Deux équipes, 600 photos collées. Le reste fut renvoyé au lendemain. Mais plusieurs centaines seront mises de côté, faute de place aux murs.



Balai des fidèles suite, Oyda, une adhérente de longue date, aimerait nous inviter à diner, elle amènerait la bouffe, nous le vin. « je passerai ce soir pour confirmer que je viendrai » ☺… On va essayer, mais les jours commencent à être comptés sur ce séjour plus court que d’habitude qui surprend un peu tout le monde. D’ailleurs quand Gilliane a prévenu Tafue (Président d’EKT et feu Président de TuCan remplacé par Pula) qu’elle voulait faire une interview de lui avant notre départ. Il a répondu : « Vous partez, eh pourquoi ça ? »

27 / 01 / 12 - 16 : 31

Pasuna, le chef du protocole, nous a baladées toute la journée, comme il nous balade depuis une semaine, et depuis des mois du reste.., au sujet de la lettre qu’il doit émettre et qui confirme officiellement ma nomination en juin 2009 en tant qu’Ambassadeur de l’Environnement. Le titre est honorifique bien sûr ; il exprime avant tout la reconnaissance du pays pour mon investissement. La confirmation en soi n’est pas nécessaire, puisque le Premier Ministre d’alors, Apisai, m’avait informée par email de cette décision à l’unanimité du cabinet des Ministres. Un vote suffisamment unanime pour ne pas nécessiter de courrier. Apisai (aujourd’hui Ministre des Affaires Etrangères et de l’environnement) y tient en tout cas et c’est vrai que ça peut être utile à l’extérieur. Pasuna lui tient à tout faire pour ne pas nous la remettre avant son départ overseas le lendemain matin. Il nous promène donc d’heure en heure avec toujours une bonne excuse pour ne pas l’avoir encore tapée. « Reviens dans une heure », « dans deux heures, c’est fait », « reviens demain », « la semaine prochaine sans faute », « il me manque le titre exact » (qu’on lui transmet) etc. Aujourd’hui encore, et en dépit de la pression que lui met le Ministre pour s’exécuter, il veut nous faire croire qu’il a remis la lettre à l’assistante personnelle dudit Ministre. Mensonge again : après enquête, l’assistante est absente pour la journée.. Retour vers lui : « comment tu peux donner une lettre à quelqu’un qui n’est pas là ? » heu…, « je l’ai là » (sans montrer le supposé courrier). « OK, Pasuna, tu est protocolaire, je suis tout l’inverse… donne moi la lettre j’irai la faire signer par Apisai chez lui »…. Sacrilège… « non, non, je m’en occupe. Reviens demain matin avant l’avion ».

Tout n’est pas perdu, sortant du bureau de Pasuna, on trouve Paulson, le responsable de l’équipe de foot de Tuvalu. On avait demandé à une équipe télé néerlandaise qu’on avait aidée à faire un sujet sur l’entraineur de l’équipe de foot, des copies de leur reportage à distribuer aux intéressés. Ellen, la journaliste nous a fait parvenir les copies avant de partir, les voilà transmises à qui de droit.

Dans notre série des voyages au port, nous sommes allé payer pour le transport sur le Manu Folau (l’un des deux bateaux inter-île) des petits water tanks et des 3 cartons d’équipement pour le biogaz à Nanumea. Par la même occasion, nous apprenons que le départ du bateau, prévu pour le lendemain, est reporté de 24h à cause du mauvais temps. Décidément…

On passe déposer le chèque du loyer mensuel à notre propriétaire, Seinati, aujourd’hui première dame. Les ministres sont en réunion à la résidence, l’internet de l’immeuble du gouvernement étant en rade. Willy (PM) demande des nouvelles de la lettre officielle. « Pasuna continue de nous mener en bateau ». Apisai qui s’activait sur l’ordinateur lève la tête : « Viens à mon bureau demain avant 10h, j’en fais mon affaire », avant d’attraper l’avion pour NewYork.

Nous sommes la 9e visite du jour pour Seinati, réputée pour son franc parler, qui aimerait bien pouvoir faire ses valises, elle qui décolle le lendemain aussi avec son PM de mari pour Abou Dabi. On ne s’éternisera pas. Juste le temps de l’entendre nous raconter une histoire à dormir assise (pour amortir le coût) d’une coiffure à 500 dollars. Elle a promis de ne plus se laisser prendre par les bons mots des coiffeurs d’hôtels lorsqu’elle suit son mari pour tel ou tel meeting.

27 / 01 / 12 - 16 : 29

De piètre humeur toute la matinée à la perspective de devoir sortir de la maison pour aller “interviewer” les enfants…. Je m’impose trop souvent des choses et comme je ne suis pas tuvaluenne, je n’annule jamais…

En sortant, les enfants de notre jardin avaient démantelé le fale, il y avait des tôles, des cloisons, des cartons sur toute la péninsule. Coup de bol, les garcons étaient dans un pick up quand nous sommes sorties du chemin. Je leur ai demandé de bien vouloir soit refaire un falé soit tout ranger… sans être sure qu’ils avaient compris ou bien sûr, s’ils en avaient envie. “I count on you”.

Arrivées chez Sina, elle a réveille Walter. Il faudra aussi sortir Kaio (qui s’était proposé de venir aussi) des bras de Morphée. Christopher était au lieu dit mais David, celui qui m’intéresse le plus parce qu’élevé dans une ile lointaine et qui repart demain par le bateau à Vaitupu, avait disparu. Angoissé à l’idée qu’il se fait d’une interview, il est parti se planquer au bout de l’île….



J’ai donc posé quelques questions aux 2 présents, mais 1-je n’ai pas pu faire mon plan d’intro à 3, comme prévu et 2-il faudra peut être tout refaire car nous étions convenus de faire ça devant la “plage”, et le bruit des vagues était un peu rough… J’ai entendu tout le long du chemin la voix de Chris “tu vois, t’aurais dû prendre un casque”…. Le soleil était couvert, j’ai donc opté, contrairement à mon idée de la veille de filmer en fonction du soleil dans la direction de la “ville”, aujoud’hui, j’ai privilégié le fond ’ocean’… j’en avais profité hier pour expliquer le role du soleil pour filmer des visages… et bien… je me suis fait avoir la aussi. Après avoir interrogé Walter, j’ai dû demander à Christopher de changer de place car le soleil avait montré son nez. Kaio était là pour traduire, mais Christopher tenait à répondre avec les quelques mots d’anglais qu’il connaît, du coup forcément, les réponses étaient moins étoffées et comme son frère lui soufflait la plupart des réponses, on risque de devoir trier au montage. Walter a ressorti le truc de l’église sur Dieu qui a promis qu’il n’y aurait pas de nouveau déluge, et décrit avec force son attachement à son île. « Si Tuvalu disparaît, je disparais avec elle ». Tous les deux sont très attachés à la mer avec laquelle ils ont grandi. Walter espère un métier en lien avec la mer. Christopher lui, comme tous les enfants du monde à son âge, voudrait être policier…



Au retour, merveilleuse vision de tous les mômes, filles comprises, affairés à balayer le jardin, à consolider leur toiture de pierres… Tout était nickel (enfin relativement). Je les ai chaudement félicités et applaudis en remettant à plus tard une discussion sur l’inutilité de balayer le jardin. C’est tellement ancré dans la culture tuvaluenne qu’il m’avait fallu 2 séjours pleins à entendre Elega balayer sous mes fenêtres pour parvenir à lui expliquer qu’on pouvait juste ramasser les déchets non organiques, que les feuilles, le sable, le peu de terre, pouvaient rester sur place, en fait on avait fait un tas puis un containeur de compost… Ce fut plus facile à comprendre.

Et puis un violent vent d’ouest a frappé l’ile… Leur toiture allait elle tenir ? Juste donné le conseil de pousser un peu plus l’auvent qu’ils venaient d’installer et qui faisait sérieusement prise au vent…

Le vent violent, comme un ouragan bruyant m’a interrompue dans le montage de ce foutu concours de jardin qui me bouffe un temps fou. 2h de rushes de visites de plus d’une trentaine de jardins, le tout en tuvaluen, avec peu de plans de coupes… Monter ce genre de truc exige une concentration et une oreille que je n’avais plus... J’ai décidé d’aller déterrer les casques son des cartons du rez de chaussée.

Des coups à la porte… J’attends un peu, je sais que ce sont les enfants qui pourtant s’aventurent rarement jusqu’à la porte et n’y ont jamais frappé… J’ouvre rapidement pour les surprendre. C’est un des plus grands, Elega, celui à qui j’avais confié la mission du nettoyage et une des petites qui dès qu’on entre ou sort essaie de rentrer… Elle passe la tête dans l’embrasure… J’explique au grand que j’ai besoin de travailler, qu’ils doivent rentrer chez eux… “travail ?”… Comment leur faire comprendre, je sais que même les adultes ne saisissent pas ce que signifie “monter” même avec des gestes des doigts montrant l’action de couper. J’essaie : “computer” “tu tapes des lettres” “je coupe des video”. L’œil exprime toujours l’incompréhension… Le front plissé pourtant il essaie. “je te promets qu’avant de partir je te montrerai” “Taeaio ?” “Non demain, on va se croiser, c’est sûr, mais je te montrerai ce que je fais avant de partir”…. Il a compris je pense, peut être aurais je dû dire “prendre l’avion”… La porte est à peine fermée qu’on y frappe à nouveau. Je l’entrouvre “stop”, le plus grand engueule la petite “tapu… interdit” et l’emmène avec un grand sourire.

Depuis : montage avec casque, diner de sashimi, et de deux soupes chinoises à 50 centimes.. Scrabble à deux pour remplacer le repose-tête que constitue d’habitude un bon livre… comme je l’ai déjà écrit, ici pour des raisons de poids je n’ai emporté que les numéros spéciaux de l’année et 1 seul roman avalé depuis longtemps… Merci le scrabble et la demi douzaine de films qui ont permis de faire le vide une bonne heure, en moyenne par jour depuis notre arrivée.

Ce dimanche, on a aussi trié une partie du gros millier de photos des activités de la mission précédente pour l’exposition traditionnelle à l’hôtel. Et on a fini le dernier kiwi et la dernière tomate du frigo. Ils auront tenu un mois, et les tomates auront rougi dans le frigo. Tuvalu est l’un des rares endroits où on s’incline devant les OGM et autres légumes pesticidés…

24 / 01 / 12 - 00 : 48

Enfin une accalmie dans une météo très très humide. Nous sautons dessus pour faire feu de tous nos déchets brulables : cartons, papiers, paquets de chips.
L’activité dans le jardin attire notre club des jeunes du quartier. Pendant que les déchets brûlent, on discute de tout, de rien, et beaucoup des déchets. Pour illustrer ce qu’on dit, rien de mieux que la BD en tuvaluen. On descend deux exemplaires. Depuis la lecture de passages à voix haute, la rédaction de promesses et les dessins, les enfants, entre ceux qui regardaient (nombreux) et ceux qui faisaient (les plus grands, Maeli, Stella, Toluafe et Elega, le neveu de notre gardienne du foyer décédée l’an dernier), auront bien passé 4 heures dessus. On a évidemment mitraillé de photos et filmé en longueur.





A 15h, on file pour le rendez-vous pris avec Walter, David et Christopher pour les interviewer sur leur perception des changements climatiques. Si les deux derniers sont là, Walter qui a terminé sa nuit à l’unique night club de l’archipel, dort encore… Qu’à cela ne tienne… on reporte… Enfin, sur le moment, je veux dire…, parce qu’une interview le dimanche matin, je sais d’avance que ça va me gonfler. Kaio m’a dit plus tard qu’il était arrivé en avance et repassé…

Nous avons acheté un thon frais à Diana. Eti qui la veille avait proposé de le découper n’est pas dans le coin, Kaio qui nous a dit pouvoir le faire, n’est pas non plus dans les parages, nous passons, poisson à la main chez Eti. Anita sa fille, coupe l’animal méthodiquement, rince les filets dans l’eau (« non bouillie », pesterons nos intestins) et nous les donne pour mise au congélateur rapide après qu’ils auront séché un peu. Un coup de désinfectant et pansement sur une petite plaie pour Christopher et nous repartons.

Entre deux allers et retours avec le poisson nous croisons Julie, une fille d’USP Fidji venu évaluer la composante tuvaluenne d’un projet d’inventaire et d’analyse des projets d’adaptation dans le Pacifique mené sur 3 ans et financé par l’Union Européenne. En 10 mois, ils n’ont reçu aucun rapport. Julie qui cherche à voir Gilliane depuis qu’elle est arrivée (mardi) et qu’on n’a croisée qu’en coup de vent, propose un verre à l’hôtel. Set. On pose le poisson au freezer et on la rejoint.

Leur point focal, d’ordinaire efficace, semble fatiguer, il faut le remplacer ou l’épauler. Julie ne devait rester que deux jours. Chance pour elle, son avion de retour a été annulé à plusieurs reprises, elle ne partira que le lundi, durée plus cohérente pour avoir une vision plus claire de la situation et discuter des possibilités de remplacement avec Gilliane dont elle sollicite le conseil, et avec Sarah qu’USP vient d’embaucher à Fiji pour chapeauter le projet. Gilliane avait rencontrée Julie en 2005 quand elle travaillait pour l’Union européenne. Une femme drôle et chaleureuse. Le verre s’est prolongé en diner de sashimis, et la discussion est partie un peu dans tous les sens, incluant une mise à jour sur nos actions, sympathique.

24 / 01 / 12 - 00 : 47

- La meilleure : la localisation des cartons d’équipements pour le biogaz, dans une pièce des entrailles du Nivaga… Nito, le chef de cabine s’est souvenu de quelques caisses qui traînaient là où il avait repéré le gazogène quelques jours auparavant. Banco ! Un peu destroy lesdits cartons, surtout un bien mouillé qu’il a fallu refaire, occasionnant un nouvel aller et retour port-maison. Mais ouf !

On passe une tête au département de l’énergie, Nielu, l’officier, qui assurait un atelier sur les énergies solaires et éoliennes au chapiteau « A l’eau, la terre » en 2010 nous accueille d’un grand sourire. Après une mise à jour sur les projets énergie, ie livraison d’un gazogène, des pièces de rechange pour le biodiesel et la belle motivation de l’école maritime pour relancer les formations, il nous fait lui l’immense plaisir de vouloir utiliser l’unité de production de biodiesel importée en 2009, pour des démonstrations dans les îles lointaines. Sure ! Les graines commencent à sortir de terre.
On lui remet un DVD de la compétition de Fatele entre Vaitupu et Nanumanga pendant le festival des grandes marées et on repassera plus tard dans la semaine avec une copie du chapiteau.

On cherchait Marica depuis notre arrivée pour lui remettre sa carte de presse, elle ne travaille plus au bureau philatélique,.. Retraitée à 50 ans… On la croise dans l’immeuble du gouvernement avec sa fille. Ca aussi c’est fait.

Et puis 17h30… Internet est coupé alors qu’on a payé le renouvèlement deux jours plus tôt… Le bureau des télécom est déjà fermé… « Qui est le Ministre ? » dit Gilliane qui se dit que si on veut une chance d’avoir internet ce weekend il faut agir au sommet. Quid de l’autre bureau que je dis ? Bureau d’internet en question… fermé aussi, mais les gars boivent un verre dehors. Internet ON again. Ca s’appelle de la chance.

Autre très bonne surprise, retrouver Semese, à la soirée qu’Eti (VicePdt d’Alofa et numéro 2 d’Alpha) organise/improvise chez Alpha. Sem a fait une dépression de plusieurs mois, pas mal d’alcool, il refait surface. Gilliane a retrouvé le regard doux qu’elle lui connaît et que nous avions perdu depuis 3 ans…
Petit groupe de musique (un peu country sympathique). Parmi les invités palagis, la marine australienne et des yachters. Côté locaux, les fils d’Eti, Lee, Levi un gars qu’on a croisé souvent dans le bureau de Loia (gestion de l’eau) et pour cause il rédige le rapport sur le PACC (Pacific Adaptation to Climate Change) sans y connaître trop grand chose qu’il dit et Loia encore moins qu’il dit aussi.
Apparition de Sina, la femme d’Eti, qui ne se montre jamais à une partie. Elle se réjouissait de cette fête pour Eti. L’onde de gaité qui l’anime perdure, c’est super. Lorsqu’elle est partie, Gilliane a discuté climat et environnement avec ses fils et planifié une interview pour le lendemain. Semese lui, prévenu du dépôt du rapport sur la biodiversité marine à son intention au kaupule, a promis de le lire.

On avait promis nous, à l’hilarante Diana (media) de venir au bingo… nourrissant le secret espoir de retomber sur la voleuse des tongs havaiana silver de Gilliane!! En second mobile : parfaire notre apprentissage des chiffres en Tuvaluen et en 3 bien sûr, l’envie de plonger dans l’ambiance insolite de cette activité récréato-addictive qui « scotche » une majorité des femmes et quelques hommes tous les soirs qu’il pleuve, vente ou … pas. C’est vite vu : l’espoir d’empocher 300 dollars avec un « bloc » complet et plus... Pour Diana qui ne pratique aucun sport, c’est une activité qui lui permet de retrouver ses copines, ses deux heures de liberté. Comme quelques-uns de nos amis, elle cumule plusieurs activités : lorsqu’elle quitte le bureau des médias, elle va vendre le poisson pêché par son mari. Le salaire local des journalistes est loin des salaires de ceux qui sont payés par les institutions pour piloter la mise en place de projets, pour une bonne partie d’entre lesquels, on a toujours du mal à voir la concrétisation au-delà de quelques panneaux sponsors.



Pas de Diana en vue. On observe de l’extérieur. A l’annonce des chiffres on s’exerce... Et alors qu’on espionne par dessus l’épaule d’une joueuse pour voir si « on a bon », elle nous invite à entrer « je vous aiderai ». Et elle nous a effectivement aidées tout du long, bienvenu quand le débit de « l’annonceuse » allait trop vite, le reste du temps on s’accrochait plutôt. A part de repartir la tête résonnante de tolu sefulu lua, faa tasi, fitu te napa.., on n’a rien gagné, mais on s’est bien marrées et on s’est fait une nouvelle amie.

24 / 01 / 12 - 00 : 46

C’est le jour où nous avons remis aux deux écoles primaires, la donation de 500 Aus$ que l’association française Hunamar nous avait chargés de convoyer de la part des élèves de deux écoles primaires de Marseille.

Touchés par une présentation sur Tuvalu et la bande dessinée « A l’eau, la Terre », 254 élèves français ont décidé de faire leur part et entrepris une collecte de bouteilles plastique (15000 en 3 mois !), qui ont ensuite été vendues à une compagnie de recyclage. Ils ont choisi de faire bénéficier deux écoles primaires de Tuvalu du fruit de l’opération : Nauti and Seventh Day Adventist.

La seule chose que les petits français attendaient en retour était une photo des enfants. Repartant avant la rentrée des classes, il nous fallait ruser. Temu la directrice tout juste retraitée de l’école de Nauti avait proposé de rassembler des enfants en uniforme à l’école. Avec la complicité de deux gamines du quartier que nous avions embarquées et les deux que Temu avaient recrutées, nous avons fait le tour des maisons du voisinage de l’école, sortant quelques bambins des bras de morphée pour arriver au bout d’une paire d’heures à une vingtaine d’élèves en uniforme, bien plus que nous ne l’aurions espéré.

Mission accomplie à Nauti en fin de matinée.



L’après-midi, Tine, la directrice de l’école primaire du 7e jour avait elle rassemblé une vingtaine d’enfants. La distribution s’est faite dans une classe. Deuxième photo ! A Nauti, nous avons également remis un exemplaire de l’opération Ka lofia te paneta (équivalent tuvaluen de nos actions pédagogiques « A l’eau, la Terre » en France et ailleurs) réalisée pendant le festival des grandes marées en 2010 avec les élèves de l’école. Et aux deux écoles, un DVD d’interventions d’enfants sur les changements climatiques, toujours pendant le festival.



On croise Jeff, le nouveau capitaine de TMTI, qui nous invite à diner la semaine prochaine au rainbow café pour discuter de la reprise des formations ENR à TMTI. « On a lu le MoU avec le board, y a beaucoup de nouveaux membres, il fallait qu’on leur explique ». On lui donne les videos des formations de 2006 à 2009. Il est ravi et nous aussi, puisque l’invitation veut aussi dire que Leota a tenu sa promesse de briefer et impliquer le capitaine.

On arrive tout juste à la maison, « Gilliaaaaane » ! c’est Teveia, le gentil vieux de Niutao, qui vient prendre un petit cours de français. Sur un calepin, il a noté des mots « homme, femme, garçons, filles… » il demande à Gilliane les traductions au singulier et pluriel. Il note consciencieusement tout en nous racontant son rêve d’être LE linguiste du Pacifique, qu’il sait parler 6 langues, tiens par exemple et il se met à débiter une dizaine d’expression en cantonais. Bien sûr on a déjà entendu au moins trois fois chacune de ses histoires...



24 / 01 / 12 - 00 : 45

Gilliane a eu envie de me scalper parce que j’ai dit à Apisai que tout c’était bien passé dans notre recherche des équipements en son absence – d’une semaine pour rhume. Cet Apisai-là travaille pour la TCS la compagnie de transport, que nous pensions être le représensant de l’agent de fret de Fiji. En réalité, le Nivaga appartenant au gouvernement, il dépend de la marine. Dans tous les cas lui dire que tout c’était bien passé était une ânerie, puisque nous n’avons toujours pas trouvé les équipements.

Après quelques nouveaux allers et retours sous la pluie du port à l’immeuble du gouvernement : sur suggestion de Panapasi qui passait par là, Gilliane a obtenu de voir la liste des équipements chargés à Suva, nos équipements y étaient, puis confirmation que les 4 water tanks de taille moyenne qui avaient été débarqués sur le port avec deux plus petits, était les nôtres. et les petits étaient pour l’équipage. Restent à trouver les 3 cartons qui contiennent les réchauds, les gants et autres petites fournitures demandées par les résidents de Nanumea. Vasa (Marine) nous a dit qu’il restait des cartons à bord. Croisons les doigts.



Notre pompe à eau est de nouveau en rade. Sakaio, l’efficace chef plombier est intervenu dans les deux heures, pourtant blessé à la jambe : il s’est pris de l’acide de batterie, la blessure qu’il nous a montrée pour qu’on voit si on n’avait pas quelque chose en complément du pas grand chose fourni par l’hôpital, n’était pas très jolie. Ils lui ont donné des antibio, pour le coup c’est ce qu’il fallait. On lui a donné des anti-douleurs et conseillé de nettoyer sa jambe avec de l’eau bouillie et non pas la stagnante des watertank avec laquelle on se douche.

Diner intimiste à la résidence du PM. Gilliane et Willy se sont éloignés pour discuter gouvernance et priorités, entre autres sujets qui rapprochent ces deux amis de longue date. On a parlé cuisine et traditions avec Seinati, tandis que je surveillais les gravages de DVD pour Willy.

24 / 01 / 12 - 00 : 44

Au port, nous serions capables de nous déplacer dans les montagnes de colis du hangar les yeux fermés tant nous l’avons scruté. Toujours pas de traces des équipements. La marine dit qu’il reste des colis à débarquer. Eti (notre Vice-prés’) attend aussi des paquets. Armons-nous de patience..
Un jeune s’approche. Tiira-willy, il est de Vaitupu, il vient de terminer ses études. Spécialisé dans les moteurs, il très intéressé par les biofuels, produire local consommer local c’est lui qui le dit. Les démonstrations publiques avec Gilles (Vaitilligom, notre spécialiste des agrocarburants) ont porté. « Si vous avez besoin d’aide, de transport ou de creuser, je suis votre homme ». Il donne son mail et demande à être tenu au courant des activités. Puatei, le jeune planner du Kaupule de Nanumea est là aussi. Il lui semble une bonne idée que Kaio* accompagne Sikeli (notre spécialiste biogaz) à Nanumea pour faciliter l’échange avec les communautés.
Un passage sur le bateau : l’école maritime n’est pas passée chercher le gazogène encore, mais Nito, le chef de cabine, suit le dossier.
* (membre actif d’Alofa, il est originaire de Nanumea, l’un des meilleurs marins sortis de TMTI, il a accompagné Sarah dans le cadre du projet, entre autres, et suit toutes nos actions sur place)

Pour ce premier jour ouvrable à Tuvalu, j’ai (Gilliane speaking) rayé une bonne partie des tasks :

- Réservé le billet de Sikeli sur le Manu Folau pour son voyage à Nanumea. Restera à prendre celui de Kaio qui aime voyager sur le pont à condition d’avoir un repas de cabine, plus copieux et élaboré.

- Passée voir Oli, secrétaire permanent à l’énergie : 2 personnes seulement sont désormais disponibles dans le bureau de l’énergie, 3 sont à l’étranger. Reste l’employée aux écritures et un officier, Nielu.. celui qui, pour notre chapiteau “A l’eau la terre” local avait le stand solaire et éolien…

- Passée à l’hôtel voir Risasi pour caler des dates pour l’expo. Déjeuner de poisson… Une japonaise fraîchement débarquée avec probablement son japonais de mari, terrorisée par le petit chat qui traine toujours entre les tables à l’hôtel. Pensant qu’elle avait besoin d’aide, Eti s’est approché, mais quand il a vu que c’était à cause du chat qu’elle se tenait à 3 mètres de la table, il a explosé de rire et est reparti vers le bar. Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle s’attende à voir plein de chats, plein de chiens, plein de cochons et plein de cafards, ceux que Fanny compare à des écrevisses. Ils ont quitté la table avant de terminer le repas.

- Passé un collier aux cous du couple d’Allemands à l’aéroport. Ils avaient déjà enregistré le sac de déchets quand je suis arrivée avec le panneau traduit par Penni, pas grave ils ont expliqué le contenu du sac à tous ceux qu’ils ont croisés.
Petesa, la fille de Risasi est de retour, après 4 mois de cours à Fiji sur ses congés. Son frère, Sam, venu l’accueillir m’a saluée d’un « t’es de retour ». Chaque jour de “nouvelles” têtes m’interpellent. En 5 min, après Sam, une femme qui tient une boutique que je ne connais pas, le “patron” du restaurant qui était à la mode en 2010 et où je suis allée 3 fois, etc. Et le jardin derrière chez nous qui grouille d’enfants avec leurs « Giwann », aussi imposant qu’une colonie de vacances.

- Discuté deux minutes avec Tafue et Tataua. Tafue est arrivé en se marrant, disant à Tataua « heureusement que je suis venu sinon on n’aurait raté notre meeting ha ». On apprend que Tafue n’estt plus President de TuCan (remplacé par Pula qui n’a sans doute jamais prononcé le mot climat) et que Tataua ferait sans doute une application avec le bureau régional pour l’appel de fonds australien que je leur ai transmis à tous.

- Un parfum et une robette à Dina, la fille de Sina et Eti, rentrée à Funafuti pour les fêtes et dont le mari est obligé de rester à Fiji, l’hôpital de l’île n’étant pas équipé pour faire des dialyses..

- Passage aux médias : j’ai enfin pu raconter à Fong, journaliste et membre, la rencontre émouvante avec sa mère, sur la tombe de sa fille décédée d’une leucémie il y a 2 ans. J’avais insisté auprès de la grand-mère de la petite sur la justesse avec laquelle Fong élevait ses enfants. Ca lui a fait plaisir.
Diana, journaliste aussi et comique (elle a même un programme d’histoires drôles à la radio) était déchainée, on est sortie avec des crampes d’estomac. Ca fait 3 ans qu’ils n’ont pas eu leur prime de fin d’année, alors elles imaginaient dire à la radio qu’elles étaient désolées, mais allaient suspendre les émissions et se mettre en grève. Elle a aussi raconté qu’au bingo ses yeux sont tombés sur les tongs qui m’avaient été piquées en sortant du mariage jeudi… « hey où as-tu eu ça? » l’autre : « dans un des magasins chinois » « non non non je sais à qui appartiennent ces tongs, la police est à leur recherche, donnes les moi ». L’autre continue sur l’origine des havaianas - qu’on ne trouve nulle part ici et surtout pas dans les boutiques chinoises dont tout le monde commence à relever le manque de qualité des produits, les éponges qui partent en miettes dès la première utilisation, les bouilloires et autres grille-pains à usage quasi unique et ne parlons pas des jouets en plastique qui atterrissent dans la décharge en une demi-journée… Diana a dit à cette fille qu’elle allait faire le tour des magasins chinois vérifier ses dires. Après elle a probablement oublié, mais ça nous a bien fait rire.

- Discuté à la demande du Ministre, avec le secrétaire permanent des affaires étrangères, des media pour la visite de Kate et William. Apisai (Ministre) a rappelé à Pasuna (chef du protocole) qu’il attendait toujours la lettre officielle de ma nomination honorifique en juin 2010 par le cabinet des Ministres en tant qu’ambassadrice de Tuvalu pour l’environnement. Rendez-vous pris pour le lendemain pour récupérer la lettre.

- Vu Solomona, (fils de Penni, il travaille au bureau de l’Environnement) qui a contracté hépatites B et C.., et promis de lui donner des infos et les moyens de prévenir toute transmission des virus à ses enfants entre autres. Département de l’environnement toujours, nous avons congratulé Mataio, le directeur, pour le spectacle dont il nous a tous gratifié vendredi soir à la partie...

- Déposé le rapport de synthèse de l’étude sur la biodiversité marine dans les mains de Sam, le patron des fisheries…. Et passé chez Tupu le croyant de retour… Le réseau sans fil du cocotier comme ils disent ici, le landernau si vous préférez, nous avait induites en erreur, il est toujours overseas… et ce pour 2 ans !

- Enfin et ça n’est pas la moindre des tâches de cette journée pour le moins remplie : diner avec Léota, le chef ingénieur de TMTI (l’institut maritime situé sur l’îlot d’Amatuku, au nord de l’ile capitale) avec l’active contribution duquel nous avons fait toutes les formations aux agrocarburants issus du cocotier (biodiesel, éthanol) et gazification. Je cherchais à le voir depuis notre arrivée et lui semblait nous éviter. Leota a été un alofien convaincu jusqu’à ce que j’ai appelé la « mutinerie douce » où tous les ingénieurs, lui inclus, se sont ligués contre le capitaine auquel il reprochait de ne prendre aucune décision sans consulter son comptable, lequel n’avait pas que des admirateurs sur l’îlot. Ils ont obtenu gain de cause avec le départ du comptable (Lee qui s’occupait aussi de notre digesteur..) et plus récemment du capitaine, et la nomination non moins récente d’un nouveau capitaine. Leota s’est laissé convaincre pour un diner en toute amitié. C’était comme s’il avait attendu ce moment depuis 18 mois. « Tu sais si je n’ai pas répondu à tes emails c’est que je voulais qu’on se voit, je voulais t’expliquer ce qui s’est passé à Amatuku et puis j’étais mal à l’aise, le scooter électrique d’Alofa que tu m’avais autorisé à transporter à Amatuku ne fonctionnait pas bien, la batterie lâche très vite, je ne savais pas comment te le dire. » etc etc En retour je lui ai expliqué mon absence, ma déprime devant les guerres locales, les alertes santé, mon incompréhension devant son silence etc. La paix est faite, on s’est retrouvés, comme de vieux amis. Leota a demandé qu’on ressorte le MoU signé avec l’école maritime en 2006 et qu’on relance les activités de formations suspendues par le soulèvement du printemps 2010. « Je fais mon affaire du capitaine qui nous soutient déjà ce sera facile. Et si je présente le MoU aux ingénieurs et à leurs familles, ils comprendront que nos activités, notre partenariat est on ne peut plus officiel. » Il a dit que ça avait été mal vu qu’on paie un responsable des installations, qu’il vaut mieux que l’école achète des cochons et que les étudiants marins s’occupent des installations, les entretiennent et s’en servent. Sur les agrocarburants, il a remis sur le haut de la pile l’intégration des formations au cursus des étudiants. Avec les pièces détachées achetées par Gilles, notre spécialiste français des agrocarburants, il va remettre l’unité de biodiesel en route. Il est content de la livraison du gazogène qui a été emporté par les étudiants dans l’après-midi. Je lui a parlé du guide des bons gestes en mer que Kaio (membre actif d’alofa, et le meilleur marin de sa promo, un excellent ingénieur) a rédigé. Il propose d’y intégrer une présentation qu’il a rédigé « avec plein d’annexes », sur la pollution générée par les cargos en mer : rejet dans l’air, gaz à effet de serre, en insistant que la contribution non négligeable du transport maritime aux changements climatiques, produits chimiques etc. Bref le Leota qu’on connaît, proactif, gentil, amical. Il a répété à plusieurs reprises parlant de TMTI, on est partenaires, pour lui l’école tout entière est membre. Je lui ai parlé de la proposition d’Anare (UICN Fiji) d’aider sur un projet de scooters électriques. Grace, la femme de Leota, tient un magasin de location de mob’, il va lui en parler.
Quittant le restaurant, il a proposé de nous emmener faire un tour de l’île avant de nous déposer, une manière de nous assurer de toute son amitié, si nous ne l’avions déjà compris. J’ai préféré avancer un (tout petit) peu sur le montage. Il nous a déposées directement.

La journée s’est terminée sur un nouveau mail de Willy (PM) nous invitant à diner le lendemain. Set !

Cette nuit, la pluie tombe tellement drue que le son du montage ne me parvient plus et que je ne m’entends plus penser… Et je regrette de n’avoir pas pris plus de romans à la place des dossiers spéciaux du Canard de l’année 2011 qui me tiennent trop dans la réalité de cette France et ce monde qui me navrent. Besoin de me changer la tête plus qu’entretenir des frustrations… Le Scrabble de Fanny est idéal pour ça.

24 / 01 / 12 - 00 : 43

La journée s’annonce pluvieuse. Willy (PM) a demandé un coup de main pour graver des dvd perso. Il écrit de venir après la pluie, autrement dit ça n’est pas urgent au point de devoir la braver. Et à part la soirée de staff du Filamona Lodge du soir, nous n’avons pas d’obligation de sortir. Gilliane peut avancer sur le montage.

La soirée du Filamona, une quinzaine de personnes attablée sans effusion ni cotillons. Loto, Ministre des Finances s’éclipse à notre arrivée pour laisser à sa femme Penni, la maîtresse des lieux, la liberté de poursuivre en blahblah avec sa copine Gilliane. Amusant de les entendre échanger leurs trucs pour économiser le dentifrice, le savon, Gilliane met les petits bouts dans un bas ou un tissu fin quand Penni les broie, ajoute un peu d’eau et s’en sert dans un spray… Elle aimerait faire un programme radio sur les petits trucs de femmes. « Si les gens sont pauvres dans les îles lointaines, c’est qu’ils ne savent pas économiser.». Elles sont quelques-unes à réfléchir à augmenter la représentativité des femmes au Parlement et sont ravies du précédent créé par l’élection de la femme d’Isaia (Ministre de l’Environnement décédé à l’étranger en juillet dernier)
Les physiciens allemands invités eux aussi en tant que guests de la lodge dinaient à la table de la sœur de Penni. Ils commençaient à se demander si emporter leurs déchets n’était pas risqué avec les contrôles de douanes, ça a fait rire Gilliane qui fait ça depuis presque 10 ans. Penni a traduit en tuvaluen le panneau qu’ils ont demandé pour scotcher sur le sac. On leur imprimera pour demain à l’aéroport et on espère qu’ils iront au bout du principe de cohérence après avoir exprimé leur choc sur la gestion des déchets à Funafuti..


24 / 01 / 12 - 00 : 41

Presque minuit à Funafuti ce samedi 31 décembre 2011, 14h en Europe, 20h la veille à Los Angeles.

Pas de messe de Minuit à Noel mais une pour le Nouvel an…

Avant minuit : un verre (ou plutôt 2) avec un couple de sympathiques physiciens allemands en touristes à Tuvalu pour une semaine, puis toujours avec eux, un vrai diner de réveillon au chinois-tuvaluen Ocean Blue : soupe aux nouilles sans nouilles, poissons frits, poulet au citron et bière ☺ On a appris des choses sur la stratégie d’Angela pour assurer son maintien à la chancelière et on n’était pas surprises d’entendre que le petit nicolas est vu outre-rhin comme un mini napoléon. A part ça, ils font très attention à leurs déchets ici : ils comptent les canettes qu’ils consomment et en emporteront autant, ils remportent aussi tous leurs déchets plastiques. Pour autant ils se disent sur le niveau 1 de l’échelle de la bonne conduite : les conscients qui agissent un peu. Ils n’ont pas l’air si mal. On leur a promis de leur faire une étiquette à coller sur leur bagage de déchets histoire de faire un peu de sensibilisation à l’aéroport.

On est rentrés sous la pluie. Le « Syndrome du Titanic » au champagne, nous semblait une belle perspective, symboliquement intéressant en cette fin d’année en crise, elle le fut, jusqu’à l’appel des cloches (en fait un gong sur un gros cylindre genre container d’air comprimé)… Nous avons abandonné Hulot, dont le début est un peu intello, visuels compris, pour affronter la pluie et nous aventurer à la messe de la grande église d’à côté… histoire de mémoriser quelques images de ce premier et probablement dernier passage d’une année à l’autre à Tuvalu.



Nous n’avons pas essayé de rentrer, les places semblaient manquer au point que le “portier” jouait les placeurs… Une fois dedans, on ne peut plus sortir et nous n’étions pas sures de vouloir rester jusqu’au bout. Comme à la chorale de noël, les chants nous ont un peu laissées sur notre faim, quelques visages et des images en plans plutôt larges toujours tremblotantes avec la JVC, mais de quoi faire un petit sujet… Douchées par une averse qui a duré un peu provoquant l’empathie des ouailles à l’intérieur de l’église qui nous faisaient signe de les rejoindre…, nous ne pouvions pas de pas entendre les hurlements d’une femme dans la ruelle en face, auxquels personne ne semblait prêter attention… Entre la blancheur des chants d’église et la noirceur de ce que nous imaginions se passer dans l’ombre, le contraste était saisissant. Nous nous sommes approchées, les cris se sont arrêtés. Un groupe d’une dizaine de jeunes hommes passablement bourrés est sorti sur la ruelle, l’un d’eux portait un bébé dans les bras. Une voiture, de police sans doute, s’est arrêtée pleins phares tandis que l’homme et le bébé partaient en direction de l’hôpital… Quelques jours plus tard, Penni nous expliquera que depuis la formation dispensée par des policiers néo-zélandais, les policiers osent intervenir dans les violences domestiques. Avant ils refusaient de se déplacer disant qu’ils n’avaient pas le droit de s’immiscer dans les affaires privées. Il était temps que ça change.

On est finalement restées jusqu’à la fin de la messe, on nous avait dit qu’après le Amen, c’était pétards et cotillons. Rien du tout, tout le monde est sorti calmement, sans effusion. C’est calée dans des escaliers du bureau de l’église juste à coté que la JVC a filmé le bingo qui ouvrait, 2012 démarrait comme 2011 s’était terminé, calmement entre soi et les futilités quotidiennes qui écartent les pensées de ce que le monde est en train de devenir. De retour à la maison, on s’est enfilé ½ bouteille de champagne néo zélandais pour affronter ce devenir du monde avec la fin du “syndrome du Titanic” (globalement très bien fait, de très belles images et une analyse fine de la situation planétaire, très au-delà du climat et des affaires environnementales - Hulot ne prononce d’ailleurs ces mots que de rares fois, c’est plus une description -très juste- de la société planétaire, de la politique, de l’économie, des religions… le genre humain dans l’apothéose d’un déclin inexorable.. Tuvalu, là aussi, en est un microcosme.

Découvert dans mes emails, un message expédié peu avant Minuit, d’Apisai, Ministre des Affaires Etrangères, demandant mon conseil sur les histoires de télés qui veulent couvrir le voyage de William et Kate prévu en 2012 mais pas planifié encore. J’ai été sans doute la première à leur recommander de tarifer un peu les multiples tournages qui se passent ici et qui monopolisent les gens sans tenir compte des agendas locaux. Jamais mis en place. Cette fois peut être…

Le réveil ce 1er Janvier fut un peu rude (quand j’ai dit à Fanny ma possible gueule de bois en m’étonnant que 2 tasses de champagne puissent faire cet effet, elle m’a rappelée les préliminaires alcoolisés de la soirée) et damned… nous n’avons pas évité la fanfare matinale : 5 jeunes avinés sont venus terminer leur nuit de beuverie sur le fale du voisin en chantant ou plutôt hurlant faux, dès potron minet, des mélodies tuvaluennes en choeurs désynchronisés. Les boules quiès que nous avions chacune à portée de main, se sont révélées inefficaces pour occulter cette sérénade juste derrière ma fenêtre, en revanche, elles ont permis à Fanny de dormir un peu plus. Elle se réveille rarement après 8h… Levée donc la première vers 9h30, je me suis même demandée si je ne devais pas ouvrir sa porte pour vérifier que tout allait bien. Elle a émergé à 10h30. Pour un 1er Janvier, pas vraiment une grasse mat..

Depuis, un dimanche comme les autres ou presque :
On a du jouer les cerbères avec les saoulards, et leurs « bonne année » branblants sous notre balcon, qui voulaient passer dans le jardin où les enfants jouaient et se carapataient à leur approche. Ils ont de toute évidence appris à ce pas se tenir trop près de leurs aînés en fin de beuverie. Le premier, un jeune homme, se dirigeaient sur la jetée fracassée en gros blocs, comme une presqu’ile devant la péninsule, un seau rempli de poissons de bonne taille, pas frais péchés du lagon mais derrière le récif, genre petits thons… Un pote l’a rejoint puis des enfants, pour pique-niquer genre sashimis.

On a quitté le poste de contrôle pour aller écouter un peu de musique.
Reprogrammation de l’ipod pour enfin avoir toute la gamme de hits dont je dispose et mettre la musique à donf’. Les zombies ont décidé de partir d’eux mêmes à l’arrivée des autres visiteurs de la péninsule, plus de parents qu’en semaine bien sûr.. dommage on leur aurait bien cassé les oreilles avec nos décibels.

Petite lessive à la tuvaluenne dans les tonneaux de riz d’une dizaine de litres, à frotter un peu le petit linge… Elega, elle, faisait des miracles à redonner tout son blanc aux chemises. Pas moi. Certes les vêtements en ressortaient quelquefois déchirés à force de frottements mais le blanc était éclatant.

Et puis j’allais me mettre sur le montage des jardins comme si ce dimanche 1er janvier était un jour normal… Difficile de ne pas céder à la nostalgie des titres qui défilent sur les petits hauts parleurs de l’ipod et à la tradition pour cette nouvelle année qui démarre de célébrer un chouillah… au moins d’en parler, d’y penser. C’est fait ici, un peu. Au programme aussi, selon la météo : un feu des déchets mis de côté et/ou voyage à la décharge qui a été brulée just’après notre passage la semaine dernière.

Petite mise à jour de cette fin de dimanche : On choisira l’option décharge sans y croire vraiment, le ciel était tout gris et la pluie nous a arrêtées peu après le port. Toujours de la viande saoule sur la route, pas réjouissant. Mais voir que tellement de maisons n’ont pas de gouttières alors que les water tanks attendent par centaines, nous a attristées tout autant.. Ne parlons pas du 4x4 aux pneus crevés et vitres brisées exposé sur son socle comme une statue.



Heureusement que Gilliane fait le clown devant la caméra* sinon ces images ne laisseraient qu’un goût étrange. Chemin faisant, trois rencontres sympathiques : Paapa qui a fait promettre à Gilliane qu’elle allait revenir l’an prochain. Beaucoup ont pensé ici qu’elle ne remettrait plus les pieds à Tuvalu. Paapa n’a pas internet, elle n’a donc rien pu suivre des 18 derniers mois à la différence de ceux qui lisent la newsletter et s’en vantent ☺. On est passé voir Leota (ingénieur chef de TMTI) pour opérer une réconciliation après la mutinerie de 2010. RV pris pour diner mardi. Près de la maison les enfants d’Eti sont en sortie « cornets de glace pour tous » dans le petit camion. Ils n’ont pas retrouvé les clés mais changé la serrure. (Au risque de nous répéter, il n’y a pas de serrurier à Tuvalu).

Dans la soirée le couple d’allemands est passé imprimer leurs billets pour mardi. Après leur départ, on a fini le fond de champagne avec une soupe aux nouilles.

* Gilliane est du genre à faire des Hi5 avec des gamins à la porte d’une maneapa quand elle commence à s’ennuyer de la longueur des speechs ou d’un événement qu’elle s’est engagée à filmer. Le dernier flagrant délit de dissipation en date c’était pour le film d’un Quizz sur l’eau organisé pour les enfants par le Public Water Department, qui avait obtenu quelques sous d’un donneur pour financer l’activité. En passant, tout à fait entre nous, elle a bien fait de s’amuser un peu : le film de 90 minutes qu’elle leur a réalisé et donné, est bien parti pour finir dans le dossier du financeur sans que personne ne l’ait vu. Pisi qui avait demandé à Gilliane si elle voulait bien immortaliser leur activité en video, ce qu’elle a fait et je sais le temps que ça a pris en montage, n’a même pas eu la curiosité de le voir ou à minima de faire circuler la copie à son staff avant son départ pour Fidji. De l’art aux cochons comme dirait l’autre, Gilliane j’veux dire, qui prend ça avec philosophie. D’ailleurs je ne sais pas si c’est parce que le tensiomètre a suggéré de prendre un peu de distance, mais elle est d’une décontraction que je lui ai rarement vue. C’est très sympathique à côtoyer malgré ses agacements légendaires… J’ai bien sûr pu apprécier en 6 ans de travail en commun son humour…. Ici elle devient clown. Un exemple: à ceux qui avaient, sans qu’on ne leur demande rien, dit qu’ils viendraient « sans faute » aux projections des films du festival des Grandes Marées et qui ne s’y sont pas montrés, elle s’avançait vers eux telle Quasimoda « I’m the guilt monsteeeeeeer » pendant plusieurs jours quand on les croisait. Avec les gamins les fous rires sont quotidiens.. Rien de tout ça n’est enregistré, c’est bien dommage.

NB : nous sommes désolées du retard avec lequel ce blog est posté, les allers et retours au port n’aident pas. Ici c’est un mode de vie que d’y revenir sans cesse, pour nous c’est avant tout une perte de temps, même si, il faut l’avouer, il ne fait pas de mal de faire un peu d’exercice physique ☺...

08 / 01 / 12 - 01 : 49

Gilliane est passée aux médias voir s’ils ne pourraient pas faire une annonce pour ses tongs. Cette disparition la handicape puisqu’elle n’en a emporté qu’une paire.
L’histoire les a amusés. Diana a promis d’en dire un mot et nous a expliqué qu’il est aujourd’hui conseillé, pour les réunions de ce genre, d’emporter un sac plastique pour y planquer ses tongs. L’autre info à leur glisser était sur les méduses. Les filles étaient au courant, mais ça n’inquiète à peu près personne. Pourtant Uluao du kaupule a dit à Gilliane qu’il en avait vu une concentration inégalée en allant plonger la veille au soir.

Les gamins s’étaient un peu lâchés dans leur fale du jardin de la maison Alofa Tuvalu, qui commençait à ressembler à une décharge. On a donc embarqué les présentes (les garçons sont toujours là pour trasher, rarement pour nettoyer) dans un nettoyage avec tri sélectif : les trucs qu’on brûlera ensemble (papiers, cartons, paquets de chips), les trucs divers qu’on emportera dans nos bagages, les canettes qu’on déposera chez Ampelamo qui, avec un peu de chance, parviendra à expédier un nouveau container en Nouvelle Zélande, et les boîtes de conserve que nous laisserons au pied des arbres, elles se corrodent très vite et leur rouille est utile pour le peu de terre des jardins. En dix minutes, le notre avait retrouvé sa superbe et Gilliane de distribuer des échantillons de parfum presque vides (mais c’est le geste qui compte) aux 5 gamines pour les remercier.



On avait enfourché la mob quand est arrivé Puatei, le responsable planner de Nanumea, à l’heure pile du rendez-vous fixé. Les lapins de la veille nous avaient fait prédire qu’il ne viendrait pas. Chapo.

Sympathique jeune homme de 26 ans. Avant d’être embauché par le kaupule, il était instit à Nanumea. Du coup, on lui a donné une BD qu’il connaissait déjà, c’est bon signe sur la diffusion du support ! Il connaît aussi bien le projet de biogaz, on a donc plutôt discuté de l’acheminement du matériel, de la liste des équipements et de la manière dont la visite de Sikeli, notre spécialiste qui arrive la semaine prochaine et restera un mois à Nanumea, pouvait être optimisée, et la population sensibilisée au mieux.. Gilliane a suggéré l’organisation d’un atelier public. Comme ils ont des compétitions de jardins à Nanumea mais manquent de graines, on va aussi préparer un paquet qu’ils emporteront puisqu’il part finalement avec Sikeli le 17, le bateau du 10 étant annulé. Avions, bateaux, avec tous ces reports, on comprend mieux pourquoi les tuvaluens ont du mal à planifier.
Rendez-vous pris avec Puatei pour mardi pour enfin (croyons-nous) localiser les équipements.

A la fin de notre rendez-vous à la maison, il s’est mis à pleuvoir des cordes. Puatei a demandé à voir un film le temps que ça se calme, on l’a laissé devant « La quête du bonheur » avec Wills Smith qu’on avait vu quelques jours auparavant.
Nous, on a repris la relecture du rapport de synthèse sur la biodiversité marine qui devait absolument être expédié ce jour à la Fondation Total. Il le sera quelques heures plus tard.. après une lutte certaine avec les connexions tuvaluennes et, entre deux, un saut à la partie organisée par la femme d’Isaia, en l’honneur de son mari Ministre des Affaires intérieures décédé en exercice pendant un congrès de leaders du Pacifique il y a quelques mois.

Pendant que j’essayais d’expédier le rapport depuis l’ordinateur du PM, Gilliane jouait au docteur avec ses copines Seinati (femme du PM) et Penni : séance de tensiomètre. Penni qui est très stressée en ce moment et Seinati qui venait juste de faire une crise de nerf en voyant le temps se gâter et la femme d’Isaia continuer de préférer que la party qu’elle voulait intimiste ait lieu dans son jardin plutôt qu’à la résidence officielle du PM… affichaient toutes les deux une tension bien en dessous du seuil.
En surtension, mais on ne l’a pas contrôlé, -un alcootest eu été plus indiqué-, Mataio le directeur de l’environnement, guilleret à souhait a d’abord dissipé les rangs du fonds pendant que les musiciens du Fagogo entamaient leur set de hits. La première chanson entonnée par tous les Ministres et leurs épouses a été composée spécialement pour Isaia. On espère l’avoir capturée en entier. Avec les problèmes d’envoi de fichier vers l’Europe, on est arrivées un peu plus en retard que les autres. Mataio dit Matt est ensuite parti dans des mouvements de danses maîtrisés et énergiques… mais un poil bruyant. Ca a agacé Seinati. Ses acolytes du fond continuaient de lui faire lever le coude. Gentil et probablement heureux de pouvoir profiter d’un peu de temps sur son île, lui qui passe plus de temps en mission à l’étranger que chez lui, il ne leur opposait pas grande résistance.
Autre dissipé : Apisai (l’ancien PM, aujourd’ui Ministre du Giga Ministère). Lui ne boit pas, mais les blagues de Matt le faisaient hurler de rire. Un appel de Nala (notre Présidente d’Honneur en Nouvelle Zélande pour les fêtes) sur son portable à la sonnerie des plus bruyantes a sérieusement perturbé les performances. Tuvalu ressemble de plus en plus à nos contrées technologisées. D’ailleurs puisque tout le monde filmait, PM inclus avec petites cameras, téléphones etc., Gilliane s’est arrêtée « ça va j’ai l’essentiel » et on est parties avant la fin, mais tout de même vers 22h, pour essayer de nouveau d’expédier le rapport sur la biodiversité. Et c’est là que l’ordi d’Eti (Vice Président d’Alofa, numéro 2 d’Alpha) nous a délivrées. Dina (sa fille) qui vit à Fiji, mais de passage pour les fêtes a demandé à son frère Walter de se déconnecter de facebook pour qu’on ait toute la bande passante et elle, a attendu que notre fichier soit expédié pour skyper son mari à Suva.. La générosité chez les Esala c’est génétique.

Reste maintenant à faire circuler le rapport aux rares concernés locaux qui ne sont pas overseas : Sam, patron des pêcheries, Uluao, secrétaire général du Kaupule, et Semese (initiateur du parc marin de Funafuti et biologiste marin sur le projet) qui nous a fait moultes faux bonds ces dernières années.

08 / 01 / 12 - 01 : 46

Preuves d’une eau de qualité moyenne du lagon ? outre la turbidité qui nous enlève toute envie d’y plonger, nous avions les algues charriées sur le rivage depuis pratiquement notre arrivée, aujourd’hui s’ajoutent des méduses. Gilliane, prévenue par les enfants qui jouaient avec les met en garde : « Attention ça pique et ça brûle » Mais clairement ils savent ou s’en sont aperçu… et utilisent ; au début, des bouts de sac plastique, gants et bâtons pour les manipuler. Ensuite…. C’est à mains nues qu’ils ramassent.

Gilliane est allée avertir le Kaupule. (Mairie) qui semble prendre l’information au sérieux et propose de pousser l’investigation et d’envoyer quelqu’un dans l’après midi parler aux enfants et parents. Personne ne passera…. Panapasi, averti lui aussi, a pris l’info sans s’alarmer. « Ila apprendront à leurs dépens ».

En attendant, le fale des enfants est démoli et reconstruit tous les jours ou presque. Aujourd’hui, Ils agrandissent la pièce principale. Deux chiens dorment devant la porte.

Gilliane fait suivre un appel à projet Australien, transmis par la Banque Asiatique de Développement « adaptation/mitigation » pour les ONG, deadline en février, au Giga ministère des Affaires étrangères/Climat/Environnement/…, à la Direction de l’Environnement, ainsi qu’à Red Cross, TuCan, et quelques autres alofiens. « Go Go Gigi » disent en cœur Apisai (Ministre) et Mataio (Directeur de l’Environnement), sauf que pas une des NGO à part nous ne s’est signalée intéressée... GiGi propose de compiler quelques idées et d’organiser une réunion pour travailler sur un projet unifié car il n’est pas question pour Alofa de se taper ça seule, d’autant que le montant minimun du fonds est de 1 million de $. Tapugao (numéro 2 du Giga ministère) interpelle les 2 ONG tuvaluennes et les encourage à s’unir. We’ll see.. Nous, on ne pousse plus….

Au port : mission localisation de nos équipements. Le capitaine du Nivaga n’est toujours pas à bord, mais Nito, chef de cabine, se souvient avoir croisé Sikeli (expert biogaz du projet) à Fidji lorsqu’il a chargé les équipements. Il descend en soute et remonte devancé par deux marins portant le gazogène dans notre sac de sport noir. Yes ! Il indique qu’il était avec les bagages pour TMTI qui enverra un bateau récupérer ses paquets dans l’après-midi.

Une femme passe sur le port. Je lui demande : « Tu n’es pas de la famille d’Eseta ? (anciennement Cheffe du protocole, puis Red Cross, aujourd’hui elle tient une petite boutique)» Non, mais c’est une bonne copine. Tu es là pour une étude ? » « Non je travaille pour Alofa Tuvalu. » « Ca alors, je suis Teu ». Quelle coïncidence ! Si Gilliane la connaît très bien évidemment, je ne l’avais rencontrée que par emails depuis qu’elle est la responsable en titre du projet de reproduction de biogaz à Nanumea. Dans les derniers échanges, elle avait passé la main et se trouvait à Fiji puis à Vaitupu et nous ne pensions pas une seconde la croiser à Funafuti.

Et la bonne onde se poursuit : « tu connais Puatei, le kaupule planner de Nanumea ? Il est par là, viens je te le présente, c’est le nouveau responsable du projet pour le kaupule ». Teu lui explique Alofa, le projet qu’il connaît bien de toute évidence, la liste de fournitures qu’elle a demandées et qui viennent d’arriver. J’ajoute que Sikeli arrive, va rester un mois à Nanumea, avec pour mission de ne repartir que lorsque tout fonctionne. Teu poursuit : « Tu pars quand pour Nanumea ? » « Le 10 ». Il est d’accord pour convoyer les équipements à Nanumea et veiller dessus en attendant l’arrivée de Sikeli. Génial.



On ne localisera pas les équipements ce jour-là, trop de caisses partout mais c’est déjà énorme de les avoir rencontrés tous les deux. Je propose à Teu de passer en début d’après-midi à la maison et à Puatei de passer le lendemain même heure. Gilliane qui ne sera pas ravie que j’ai pris deux rv sans la consulter, m’en prend un avec Ivy, une fille sympathique, qui a besoin d’un coup de main pour une présentation avec photos. On va pas faire durer le suspens : les rendez-vous du jour se solderont par un lapin de Teu et un de Ivy. 1 partout, balle au centre.

A l’heure de l’avion, on part en « ballade » : les femmes de l’artisanat n’ont pas commencé à travailler sur la commande d’éventail de la semaine dernière, Gilliane en rajoute une paire, espérons que tout soit terminé avant notre départ.

Bisous à Penni (Filamona), qui nous donne à chacune un éventail. A Gilliane : « dis, ton appareil pour la tension, je pourrais l’essayer ? … Je te l’achète même » « Je te le donne en partant mais si tu veux faire des mesures avant, y a pas de problème. » « Je peux passer chez toi maintenant ? » Gilliane explique les 3 mesures le matin, et le soir, au repos, pendant 3 jours pour que la moyenne soit représentative. Penni qui a reporté sa fête de noël à lundi, vient à celle organisée par la Ministre. « Ben viens avec le tensiomètre. » Set ! Elle nous rappelle aussi que ce serait bien de passer une tête au mariage traditionnel du jour. Elle y sera… Pati & Vasa, une copine de la Marine dont la fille sera parmi les danseuses, nous avaient également prévenues.



Le soir, on croyait arriver un peu en retard… La maneapa était pratiquement vide à l’exception des mariés et leurs témoins assis en ligne depuis un temps certain. Chacun sachant que les autres seront en retard, arriver quelque part deux heures après l’heure va finir par devenir la norme. Tout comme les absences. Ce soir là nous ne verrons ni Penni ni Vasa… L’ex sage de l’île s’impatiente auprès de Gilliane… « Sous la Maneapa, on ne doit pas démarrer les cérémonies en retard. » Finalement un ami du père du marié se lève pour un premier discours, alors que les parents de la mariée ne sont toujours pas arrivés. Les mariés se lèvent, coupent les gâteaux et chaque convive reçoit un morceau pour porter un toast. Encore quelques discours, la prière et on attaque le buffet de 40m. Enfin, la distribution de cadeaux. Par les différentes entrées de la maneapa, arrivent les familles, puis les amis, pour former de longues queues joyeuses. Les femmes d’abord, les hommes ensuite, chacun à tour de rôle remet son cadeau et se met à danser, ainsi à mesure que la queue rétrécit la piste de danse se remplit. Tout le monde se rassied, rediscours puis performances dansées par les jeunes filles de la famille. Ca s’est terminé en trémoussage collectif. Sympathique.
Le seul hic est qu’au moment de rentrer Gilliane s’aperçoit que ses tongs havaiana silver qu’elle adore… ont disparu…
C’est une tradition de laisser les tongs à la sortie des maisons, des maneapas etc. C’est aussi une tradition pour les gamins de jouer avec et de les laisser là où ça leur chante.. On est parties avec une paire de rose pour la peine ☺

08 / 01 / 12 - 01 : 44

La chasse d’eau sans laquelle nous faisions depuis notre arrivée ou presque, est réparée ! On avait fini par s’en accommoder en remplissant des seaux. En récupérant une facture de l’an dernier à PWD (public Works), nous avons signalé le problème à tout hasard et 3 plombiers sont venus pour déboucher un petit conduit d’un coup de brindille.. ☺

Plus poétique, Gilliane, peut rayer une ligne puisqu’elle a réussi un enregistrement charmant de « we wish you a merry christmas » par les enfants du quartier. La troupe est de plus en plus pro avec la caméra. Ils reprennent si elle n’est pas prête, attendent qu’elle le soit, se plient aux prises multiples etc. Tout ça sans parler le même langage !

Apisai de TCS, l’agent maritime, avec qui nous avions rendez-vous pour sortir les équipements du bateau local arrivé de Fiji est malade. Le capitaine que nous devons informer que le gazogène a été mis sous son nom dans le bateau pour en faciliter le convoyage jusqu’à l’école maritime, n’est pas là. En revanche, Tafue est au port, il veut savoir si nous avons filmé la messe du matin de noël bien qu’il ait oublié de nous rappeler pour l’heure… « celle du soir oui, invité par Taufiga, l’autre pasteur… » « c’est super ». On lui remet copies des films du Festival et on lui donnera la vidéo des grandes marées pour ses interventions à l’étranger.

Passage aux douanes pour obtenir les tampons finaux pour l’exemption des frais. Ouf… c’est fait.

Panapasi, n° 2 du gouvernement, et en vacances, travaille à la construction du nouveau marché pour apprendre l’électricité dont il a toujours eu peur, « pour l’affronter »… Et puis ça lui vide la tête juste comme il faut. Alors qu’on discute, arrive Laima, son épouse. Elle sort d’une grosse journée de travail puisqu’elle cumule les fonctions de secrétaire permanent à l’éducation et d’« acting Panapasi ». On lui remet le parfum dont elle nous avait laissé, avant de quitter Bruxelles où ils étaient ambassadeur, le petit carton avec le nom de son favori : trésor et une robette pour leur petite fille née la veille.

08 / 01 / 12 - 01 : 43

Cette semaine d’entre deux fêtes a démarré par deux jours fériés, le lundi 2, boxing day dans les pays anglophones, le mardi 3, un férié spécial Tuvalu… une aubaine pour rattraper un peu du retard sur les dossiers en cours :

Nous avons pu finaliser et expédier le résumé de convention demandé par l’Ambassade de France et l’état récapitulatif des dépenses qui la solde.

Relire la synthèse opérationnelle réalisée par nos spécialistes marins, Sandrine et Daniella pour l’étude Tuvalu Marine Life, fut plus laborieux. Entre les difficultés à télécharger les documents de 40+ Mo depuis Tuvalu (débit de quelques k/s), le choix de Sandrine de sous-traiter la maquette, réalisée sur un logiciel que ni elle ni nous n’avions…, nous avons bien failli rater la deadline de la Fondation Total qui nous demandait des éléments avant la fin de l’année pour clôturer son exercice. En l’absence de réponse de nos spécialistes dans les temps sur les quelques questions d’incohérence de chiffres et commentaires relevées, nous avons corrigé… question de bon sens.

Semaine rythmée par les distributions de cadeaux aux amis et vis versa.

Lundi 26/12 : On est repassées voir Sina (épouse d’Eti qui seconde notre ami John chez Alpha Pacific, qui loue les services de marins sur des cargos allemands). Elle est avec sa petite fille et sa fille Anita qui s’active en cuisine. Les garçons sont partis faire du kayak avec les clés du petit camion d’Eti dans une poche. Lesdites clés ont probablement valsé dans l’eau puisqu’elles étaient introuvables à leur retour. Bien qu’il n’y ait pas de serrurier à Tuvalu, Sina était morte de rire*. GiGi-noël remballe sa hotte, les cadeaux des garçons ce sera pour plus tard et alors qu’on s’apprête à partir, Sina nous offre deux énormes écrevisses pêchées la nuit précédente par son fils Walter ! Pour nous, elles avait tout du homard sans les grosses pinces, on s’est régalées. *C’est rare de voir Sina aussi joyeuse. Sans doute la présence autour d’elle de tous ses petits enfants et enfants, y inclus David, qu’une sœur à adopté – une pratique courante ici - et qui a grandi à Vaitupu une des îles du centre..

Un coup de mob chez le PM, pour payer le loyer de la maison à Seinati. « Oh j’ai oublié de vous rappeler pour la fête de samedi dernier » dit-elle… Sans blague ! Qu’à cela ne tienne, une autre soirée est en vue… chez la seule femme Ministre, que Seinati présente à Gilliane. Elle a été élue représentante de son île de Nui suite au décès de son mari Isaia en plein meeting à l’étranger. Pendant ce temps-là, Willy a demandé mon infructueuse assistance sur un logiciel de gravage de DVD, proposé de lui faire le DVD depuis la maison. La date de la fête est à confirmer… mais à priori c’est pour le vendredi.

Avant de rentrer déguster les « homards » de Sina accompagnés d’une salade de tomates au basilic de Pati, notre amie jardinière, une pause chez Penni pour lui donner son traditionnel parfum au muguet sous forme d’essences cette année, impossible de trouver les flacons habituels. A son mari, Ministre des finances : un porte-clé de Paris dont nous espérons qu’il lui porte bonheur, lui qui subit, depuis des mois, les assauts d’Enele (ancien ambassadeur à l’ONU reconverti en lanceur de missiles anti-personnels). Nous en reparlerons. Luma leur fille a reçu ses vernis de couleur, une tradition depuis qu’elle à 10 ans. Elle en a aujourd’hui 18. Un échantillon de parfum pour Vase (notre copine Fidjienne, la colonne vertébrale du lieu). Penni nous invite à la fête de son staff, vendredi… elle aussi..

Mardi, on re-retente notre chance chez Sina. Cette fois les garçons sont là mais toujours pas la clé du camion… Crayons de couleurs, feutres et t-shirt pour les deux jeunes, Christopher et Sean. David le plus grand, des CD vierges et une bd Ka lofia te paneta, puisque vivant à Vaitupu, une des iles du centre, il était passé à travers ☺

En passant chez John/Alpha pour faire tourner une lessive, des gamins se régalent d’une glace. Un petit les regarde, l’air triste. Gilliane l’embarque à la boutique à côté, il ressort radieux avec son cornet.

Entre deux séances de GiGi-noël, elle planifie des interviews pour son 3e œil, qui s’ajoutent à la liste à faire avant de partir : Jef, le nouveau capitaine de TMTI. Il en a fait la demande pour la vidéo qu’il a prié Gilliane de monter à partir de la remise des prix filmée il y a quelques semaines. Un détail: il préfère un plan de taille et pas en pied car les souliers (chinois) qui font partie de l’uniforme n’ont pas tenu 1 mois.. dans les graviers de corail… ; David, donc le fils de Sina et Eti pour avoir le point de vue d’un enfant d’une île lointaine… sur le climat. En a t’il même entendu parler ; Oli, (secrétaire permanente à l’énergie) pour un résumé de la sécheresse et des actions mises en place ; Tafue, secrétaire général de l’église, sur son ressenti de la COP17 à Durban. etc

« Aujourd’hui est le 1er jour du reste de notre vie… », une phrase attrapée au vol dans la home projection du soir, sympathique.

08 / 01 / 12 - 01 : 41

A propos de blaspheme.. déjà dimanche et oups déjà 9h, on sera jamais à l’heure pour la messe.. Gilliane s’est réveillée je cite « la gueule un peu de travers », je cite encore « sans doute le verre de mauvais mousseux de France, offert par la boutique de vins & spiritueux… que nous nous sommes forcées à avaler la nuit dernière, Noel oblige » rhoooooo…. « Les dernières gouttes du demi verre sont mieux passées avec le gâteau aux fruits de Sina. » Ouf ☺ !



Et Gilliane de poursuivre : « Dehors, sous nos fenêtres, 2 saoulards cuvent, un autre vient de s’installer et dort. Dans le lagon, Amosa se rase tout près de nos fenêtres et, Karl, chef du Fagogo et de la chorale de l’église principale s’ébroue… Si même lui n’est pas allé à l’église en ce jour de Noël, pourquoi on culpabiliserait? Hier soir encore, j’hésitais à y aller pour voir et surtout filmer/ enregistrer quelques chansons de noël pour compléter un éventuel petit sujet… Avant de se coucher, on décide de ne décider de rien… d’aviser au réveil…

Toute la nuit nous avons entendu des pétards chinois… Debout vers 9h30, pas de quoi se flatter d’une grasse mat… et, avant le café, à la vue des 2 ivrognes écroulés, incapable d’imiter le bruit d’explosif qui s’envole, j’ai hurlé “pétaaaard”, histoire de les remuer un peu…

Nous n’avons entendu les cloches pour la messe de noël que bien après notre réveil, à croire que ce matin tout le monde était en retard !, mais avons cédé à la tentation de bosser at home, ici, au rythme des tubes un peu vieillots mais toujours agréables de mon ipod qui pour une raison qui m’échappe n’a pas voulu se mettre à jour en updatant la liste de 2008… On a écouté ça très fort pour épargner mes cordes vocales. A mon grand damne, les saoulards n’ont même pas bronché… Faut dire qu’ici tout bébé, ils s’endorment au milieu des compétitions de Fatele.

Nettoyage des boites email après l’envoi de près de 500 voeux just’avant le dîner d’hier… rangement des mails stockés provisoirement sur le bureau… réponse à quelques uns… et puis un tour du monde sur internet ou plutôt de médiapart : Quel cadeau !! Les paysans chinois ont gagné leur bras de fer contre la spoliation de leur terre… Satisfaction tempérée par la première ligne de l’article : « Lʼissue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong... avec la caisse », confie Malcolm Moore, correspondant flegmatique du Daily Telegraph à Pékin. Confirmant que partout dans le monde, quand l’humain est mu par l’appât du gain, il tuerait père et mère. Confirmé aussi par l’article de “Nation of Change” :”the 10 greediest American”.

A part ça, il fait plutôt bon ce matin, pas trop ensoleillé, entrecoupé d’averses qui me rappellent, tout comme le “red red wine” en background, un séjour à Belize où, Chris et moi, accueillis, dans un resort pour beaufs par un “Welcome to Paradise” qu’on entend quelquefois aussi ici, nous avons eu le privilege d’être bloqués par la pluie torrentiellle dans le petit hôtel tropical sur lequel nous étions tombés en nous baladant autour du “compound”.

Que c’est bon de vivre à son rythme. Clairement le mien est quand même tout le temps trop intense, c’est mon tensiomètre qui le dit. L’hypertension découverte à l’occasion d’une visite “pour me rassurer” chez le toubib la veille du départ, se situe, selon les mesures quotidiennes que je m’inflige depuis, au niveau modéré, y a encore une étape donc. Ca depend de multiples facteurs dont le surmenage intellectuel, le fameux stress dont l’impatience est un moteur. Bien sûr, ça se gère par la relaxation, le yoga et autre meditation. Sauf que toutes les actions menées, qu’elles parviennent à un accomplissement ou pas, à un moment ou à un autre, sont porteuses de stress. Et surtout surtout je ne peux pas, je ne sais pas comment et ne suis pas sure de vouloir éteindre mon ordinateur interne.

C’est pas tout, mais faut s’activer un peu. Préparation des cadeaux pour la famille de Sina et Eti : petite salopette ayant appartenu à Mae, ma petite fille, pour la dernière petite d’Anita, T shirts “interdit aux parents” pour ses garçons et palettes de crayolas. Avec en réserve, au cas où : un parfum pour Dinah qui vient passer quelques jours avec, elle aussi, sa petite dernière, celle dont la crise d’asthme a obligé le Nivaga a faire escale médicale à Niukulaelae. Un autre choix de salopette (merci les vide greniers parisiens) pour son bébé, des cd pour David, le dernier de Sina et Eti, adopté par la soeur de l’un ou l’autre. Et quelques autres T shirts en sécurité et, pour toute la famille, une copie dvd des 2 jours de KTF et Fatele. Vaitupu étant leur ile, le fatele au moins devrait leur plaire.

Autre paquet moins fourni pour Penni. Des parfums et essences pour elle et Luma sa plus jeune fille, du vernis à ongle, tradition depuis qu’elle a une dizaine d’années.

On avait prévu de décaniller vers 16h pour leur permettre de terminer leur sieste. A l’heure dite, portes closes partout. Nous avons donc poursuivi notre journée de Noel en un long travelling jusqu’au bout du bout du nord de l’île…. Destination la décharge sauvage… On se demande où est la décharge tant y a des déchets partout, sous les abords de la route, dans les borrow pitts, entassés, volants, s’accumulant. J’en avais voulu à Laure de dire que Tuvalu croulerait sous les déchets avant d’être submergé par l’océan, elle commence à avoir raison.

Sur le chemin, des dizaines de Talofa, de signes de la main et 3 arrêts : le premier avec Kaio et son nouveau boy friend local… La petite route du lagon était traversée par des jeunes zombies, toujours alcoolisés de la nuit… Drôle d’impression… comme dans la ruelle coupe-gorge près du restaurant où je m’étais enfoncée pour filmer les guirlandes de chez Kausea, le premier bingo historique de l’ile… J’en suis sortie presqu’en courant après m’être faite interpeler à trois reprises par d’autres zombies. Kaio nous invite à sa fête d’anniversaire vendredi prochain.

Plus loin, nous nous sommes arrêtées devant la tombe de Tiane la fille de Fong, morte de leucémie il y a 2 ans, à partager son chagrin avec la grand-mère assise sur un tronc.



J’avais accompagné Tiane un petit bout de chemin ses derniers jours. Je lui apportais du chocolat. Connaissant par Fong le différend avec sa mère concernant Melton, je l’ai félicitée d’avoir si bien élevé sa fille qui, elle même, retransmet les bonnes valeurs à ses filles. Et puis l’empathie m’a poussée à la consoler : il lui restait 4 autres petites filles merveilleuses… Et je me suis arrêtée: moi aussi j’ai perdu une petite fille. Ma petite fille, la seule. Nous avons pleuré ensemble. J’ai parfumé la tombe de la petite, et donné le reste à la grand-mère et on est reparties vers le nord. « Viande saoule à droite ».. « A gauche, des enfants jouent aux cerfs volants » « Ici la maison de Linda »… Et Fanny de filmer avec la toute petite Sanyo.

Avant de nous enfoncer plus loin dans le bush, après le cozway, à la nouvelle église EKT, anciennement des lieux de séjour pour les étudiants catholiques, nouvelle halte avec Taufiga l’ancien Président de l’église qui office depuis dans ce lieu en bout d’île, en alternance avec Tafue qui a failli nous rappeler pour nous prévenir de l’heure de la messe du matin... Taufiga lui nous a invitées à celle de 18h, des choeurs et des messages d’ouailles.. Il était plus de 17h… « Sure, à tout de suite. »

On a poursuivi notre chemin, posé la mob au milieu du chemin de la décharge, anéanties par le spectacle. Et comme si la vue de tout ça (80% d’organique en 2005, sans doute pas plus de 20% aujourd’hui si on ne compte pas le carton) ne suffisait pas.., pour ajouter au kafkaien de la scène, 2 petits chiots à peine nés : l’un dormait, l’autre cherchait sans doute de quoi se nourrir en bringuebalant sur ses toutes petites pattes.



Ravalé l’horreur… et reparties en speedant pour attraper la camera à la maison et refaire les 3 ou 4 km qui séparent la maison de l’église. Nous avions une bonne demi heure de retard… Au moment où j’ai poussé le bouton “enregistrer”, la musique démarrait… Pas terrible… les chants, je veux dire… J’aurais aimé un « tube de Noel », un truc populaire, genre Jingle bells… Rien de tout ça et même si les discours n’étaient en effet, comme l’avait dit Tofiga, pas trop longs, je me suis sentie un peu con derrière l’objectif, piégée à essayer de ne pas trembler sachant d’avance que j’allais manquer de plans de coupes au montage.



Au retour, après avoir déposé la caméra à la maison pour une nouvelle tentative de distribution de cadeaux chez Sina, la grande église de l’île, au pied de la maison, résonnait de “jingle bell” du meilleur effet, une adaptation innovante… Et flûte aussi ! Bonne nouvelle, Sina était chez elle, seule avec la petite fille. Nous avons déposé juste ce qu’il fallait, petite robe et dvd, promettant de repasser demain pour les garçons. Personne chez Penni mais un spectacle des jeunes de Vaiaku sur la place de l’aéroport, le temps de faire une photo et nous sommes rentrées.

Diner d’une soupe au crabe et maïs des plus fadasse et des restes du diner d’hier, poisson frit à l’ail, piment et riz, autrement plus relevé. Les rations servies pour 14 $ à 2 au diner d’hier ont permis de se gaver deux soirs de suite. Et il en reste assez pour le chat d’Elega ☺

Projection du soir : 2 comédies légères françaises. Mignon pour le premier, (les émotifs anonymes) et sympathique pour le second (Un petit zone de turbulence quelque chose comme ça, avec un Michel Blanc hypocondriaque à souhait).

28 / 12 / 11 - 11 : 06

Le Nivaga devait arriver vers 7h. A 12h toujours rien. Un coup de vélo chez Eti et Sina. Anita, leur fille, explique que sa nièce, un bébé, a fait une crise d’asthme à bord. Le Nivaga s’est détourné vers Nukulaelae pour trouver de la ventoline. Incroyable qu’il n’y ait pas une trousse de secours un peu élaborée à bord. Incroyable aussi que Nukulaelae, une des plus petites iles, en ait disposé… « Le cargo vient de repartir et sera là vers 14h ». Le bébé va bien, c’est l’essentiel.

On est passées au port, montrer nos documents à la Marine pour approbation, la fille nous les a rendus, on imagine que ça veut dire ok. Nos équipements n’avaient pas été débarqués quand nous sommes reparties, une fois que Gilliane a filmé le débarquement des passagers et bagages à main sous tous les angles. Pas de traces du gazo non plus, mais on verra mercredi avec Apisai. C’est noël !

Dans l’après-midi, on a expédié les vœux overseas et, dans la rue, distribué des Ke manuia te kilisimasi en veux-tu en voilà, provoquant des expressions de stupéfactions très sympathiques. Le soir, on a déposé nos voeux dans l’arbre de Noël de l’hôtel en allant vérifier leur menu. Leur carte de réveillon : sandwiches. Non merci. Tuvalu a un maintenant une bonne table, le Blue Ocean qui fait déjà baver John depuis son Australie natale, autant en profiter.

Sur le chemin, une bise à Loto et Penny, qui préparaient leur soirée de Noel. Tafue nous avait dit qu’il ne se passait rien le 24 au soir, bein si, les gens célèbrent aussi à minuit le 2… Il faudra qu’on lui dise ☺ Penni nous invite à passer une tête à minuit quand ils ouvriront les cadeaux avec les enfants tirés du lit pour l’occasion. On promet d’essayer de repasser, mais l’objectif de notre passage est surtout que Gilliane tient à remercier Loto avec les formes pour la rapidité de son intervention pour nous exempter des frais de douanes ; ce qui a pris un jour et demi à Tuvalu, aurait pris des semaines ailleurs (et encore…), c’est pas un petit cadeau de noël qu’il nous a fait mais une grosse faveur.

(Autre cadeau de Noel de l’autre coté de la planète : AlofaTuvalu est choisie par le site « une association par jour » pour le… le 25/12.)

A côté de la maneapa du centre ville, des jeunes préparent un « open air », petite fête sur fonds de « Jesus revient » avec pièce de théâtre. Leur installation avec guirlandes, banderole et plantes est très jolie. On croise Kalisi qui nous dit qu’il joue ce soir, mais il file avant de terminer sa phrase, se retournant comme si nous savions et allions au même endroit. On a essayé de le pister jusqu’à la résidence du PM pensant qu’il faisait référence à l’anniversaire du gouvernement dont Falesa, ministre de l’Education, nous avait parlé sans préciser d’heure et auquel Seinati (1ere dame) nous avait dit de venir vers 10h le matin (nous étions au port). Rien de très festif à la résidence endormie du PM, on est reparties sur nos plans initiaux : le Bleu Ocean !

Les jeunes scouts anglais avaient eu la même idée, ils terminaient leur repas de noël. C’est comme ça qu’on a appris que la copine Sue était secrétaire des scoots, en plus de femme d’affaire, référente Red cross. Les deux jeunes anglais continuent de se régaler, ils adorent Tuvalu, veulent faire toutes les îles, ils ont commencé à apprendre le Tuvaluen. Gilliane leur a conseillé d’aller à l’école quand les cours reprennent, idée qui leur a plu.

Poisson frits à l’ail et piment, c’est un délice, accompagné de riz (pour calmer le piment) et d’une soupe de nouilles, et… ah oui… d’une bière chaude mélangée à un soda d’un vert aussi suspect que celui de notre glace au citron, une variété extraterrestre de Sprite sans doute, l’idée était de faire un truc qui ressemble à un panaché. Le brevage n’avait ni la bonne couleur, ni surtout le gout idoine.

Diana des medias nous salue d’un tonitruant « good morning ! » et nous a dit qu’elle a entendu la news sur notre donation de DVD à la croix rouge. Doby (assistante de Tataua à Red Cross) passe une tête par la porte. « Je vous cherchais » On n’avait prévenu personne d’où nous étions, mais les « palagis » que nous sommes sont repérés vite fait. Elle nous donne une enveloppe : les vœux imprimés de Red Cross pour Alofa Tuvalu. Toujours en train de bosser à 21h un 24 décembre chapeau ! d’autant qu’elle est enceinte de 6 ou 7 mois. Ces vœux nous ont vraiment beaucoup touchés.

Retour à la maison pour du téléchargement d’images des derniers jours pour Gilliane et quelques mails pour moi, avant de déguster un nouveau film de la selection de FarraH.

“Gilliane!”. On nous appelle en bas, c’est Anita, la fille d’Eti et Sina et son jeune frère Dave de retour de Fiji par le Nivaga du jour – adopté par son oncle, il a grandi à Vaitupu, du coup on ne l’avait encore jamais rencontré. Ils portent un gateau de la part de Sina pour nous souhaiter joyeux Noël. Encore un geste tellement touchant que nos mots sont petits pour remercier. On est invitées à les rejoindre pour l’ouverture des cadeaux à minuit. On passera plutôt demain dimanche, puisque comme chez nous en Europe, ça se poursuit le 25 bien sûr.

Vers minuit : bon dessert fait d’un mélange de cette délicieuse glace verte et de fruits en boites : ananas, mangue, pêche, ne manquaient que les mandarines que nous gardons pour New Year. Nous nous en sommes délectées devant un film très goûteux lui-même : Idiocracy ! 4 soirées films sur l’ordi depuis notre arrivée à Funcity piochés dans la collection de Farah : à part Copaccabana, petit film français qu’était ni vraiment drôle, ni vraiment bien fait, nous avons qualifié les 3 autres de « brillants » : the Age of stupid, les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, et donc Idiocracy. Recommandés à tous… Sauf à Tuvalu pour diverses raisons dont, pour le 3e, les références au sexe et blasphème.

28 / 12 / 11 - 11 : 00


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