Les changements climatiques sont avérés et
la responsabilité des activités humaines ne fait plus aucun doute.

Si Tuvalu est la première nation menacée de disparaitre, elle est aussi l'exemple de ce qui nous attend tous si nous n'y faisons rien...





L’intensification des phénomènes climatiques extrêmes et de leur fréquence (ou leur multiplication) sont aujourd’hui faits avérés. Rares sont les habitants des pays industrialisés, dits civilisés à n’avoir pas été atteints par l’information étant donné le nombre d’incidents climatiques relayés par les médias du monde entiers ces dernières années. Certains phénomènes comme le Tsunami ont peu ou rien à voir avec les dérèglements climatiques, ils ont aidé cependant à fixer dans l’inconscient collectif la notion de modifications des données climatiques. Ce qui est certain c’est que cyclones, grands vents, canicules, inondations sont plus intenses et plus fréquents, ce qui est certain aussi c’est que la température augmente, que les glaciers comme la banquise fondent et que le niveau de la mer s’élève.

-
-
-


changementsclimatique

L’effet de serre est au départ un phénomène naturel sans lequel il ferait –18°c sur Terre et… nous ne serions pas là. Grâce à lui, l’atmosphère planétaire bénéficie d’une température moyenne de 15°c. Son mécanisme est relativement simple : dans l’atmosphère se trouvent des gaz dont l’action s’apparente à celle de la vitre d’une voiture au soleil, c’est-à-dire qu’ils laissent entrer les rayons du soleil, mais les empêchent de ressortir et l’habitacle /l’ atmosphère se réchauffe.

Ces gaz dits à effet de serre sont principalement le gaz carbonique, le méthane, les halocarbures et le protoxyde d’azote. Les spécialistes du climat en ont recensé 42 et la liste n’est à ce jour pas considérée comme exhaustive. Ils sont émis par les animaux, les végétaux et bon nombre d’activités humaines.
Le problème est que les activités humaines produisent beaucoup trop de gaz à effet de serre et que l’atmosphère se réchauffe anormalement : selon les experts, cet effet de serre additionnel est la cause majeure des augmentations de températures constatées depuis le début de l’ère industrielle : +0,6 °c environ depuis 100 ans. Le taux de CO2 dans l’atmosphère aujourd’hui n’a jamais été aussi élevé au cours des 650 000 dernières années (dernier forage EPICA en antarctique). Depuis 1750, le CO2 atmosphérique a augmenté de 31%, le méthane de 150% et le protoxyde d’azote de 16%. La concentration d’hydrocarbures halogénés a, elle, été multipliée par 3 sur les 20 dernières années. Nous avons, pour faire simple, fait en 200 ans ce que la nature aurait mis 10 000 ans à réaliser ! La conséquence est un dérèglement du climat qui se manifeste par l’inquiétante fonte de la banquise et des glaciers notamment au Pôle nord et la dilatation des océans (et par voie de conséquence la montée des eaux) ou encore le raccourcissement des cycles de phénomènes régulateurs du climat tels que les courants marins El Nino ou la Nina, l’affaiblissement du Golf Stream... L’augmentation des températures attendue ne sera pas uniforme pour l’ensemble des régions du monde. Les terres se réchaufferont plus que la moyenne (au moins +3°c) ; les océans se réchaufferont moins vite que la moyenne ; l’hémisphère nord, l’Arctique et l’Antarctique se réchaufferont quant à elles de +2 à +4°c, voire davantage vers 2050. (source Radanne/Ademe).

S’adapter sinon fuir, voire disparaître, les espèces animales, comme végétales, subissent déjà les effets de ces dérèglements et des populations entières (http://www.collectifargos.com) sont menacées d’exil (Bengladesh, Brésil, Pays-Bas, Afrique, Pacifique…). Pourtant, avec des gestes simples, nous pouvons limiter les conséquences du changement climatique… sauver les Tuvaluens, la premiène nation menacée toute entière, et assurer un avenir à tous. Notre devenir est l’affaire de chacun. 

La contribution des gaz à effet de serre

- le CO2 est responsable à 53% de l’effet de serre additionnel, c’est-à-dire dû à l’homme
- le Méthane : 17%
- les halocarbures :14%
- le protoxyde d’azote : 5%

L’ozone atmosphérique, résultat d’une réaction photochimique entre le méthane et les Composés Organiques Volatiles (non pris en compte par le Protocole de Kyoto) serait responsable de 13% du réchauffement observé au cours des 100 dernières années.

impacts_dereglements

Précipitations : Toutes les projections s’accordent à dire qu’en moyenne et à l’échelle du globe, la vapeur d’eau, l’évaporation et les précipitations devraient augmenter. A l’échelle régionale, le GIEC prévoit à la fois des augmentations et des diminutions de précipitations. Il est probable que les précipitations augmenteront été comme hiver aux latitudes élevées. On prévoit une augmentation des précipitations hivernales aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord, en Afrique tropicale et en Antarctique. En Afrique australe, en Australie et en Amérique latine, une diminution régulière des précipitations hivernales est attendue.



Impact sur la biodiversité : la composition et la dégradation des écosystèmes évoluera à mesure que les espèces réagiront aux conditions nouvelles créées par les changements climatiques. Les habitats pourraient se dégrader, se fragmenter et les espèces qui ne sauront s’adapter suffisamment disparaître.

Qualité de l’air : la corrélation entre les émissions de CO2 et les émissions d’autres polluants (dioxyde de souffre, COV, CO…) laisse penser que la hausse des émissions de gaz à effet de serre aura tendance à accéérer la dégradation de la qualité de l’air.

Désertification : la quasi-totalité des déserts est vouée à subir plus de chaleur et de sécheresse qu’aujourd’hui. Les organismes qui sont déjà proches de leur seuil limite de tolérance à la chaleur seront particulièrement menacés.

La couche d’ozone : effet de serre et appauvrissement de la couche d’ozone ne se situent pas dans les mêmes parties de l’atmosphère : l’effet de serre se produit dans la basse atsmosphère (troposphère) et la dégradation de la couche d’ozone dans la haute atmosphère (stratosphère). Ces deux phénomènes sont toutefois liés : les gaz à effet de serre réchauffent la basse atmosphère mais refroidissent la haute, ce qui empêche la régénération de la couche d’ozone.

La glaciation : selon les scientifiques cette période de réchauffement sera suivie d’une période glaciaire, mais c’est une autre histoire…

(source Radanne/Ademe)

L'acification des océans est "l'autre problème lié aux émissions de gaz carbonique". Ce phénomène est bien décrit par Jean-Pierre Gattuso du Laboratoire d'Océanographie de Villefranche / CNRS-Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, dans sa présentation lors de la remise officielle à l'Unesco, UICN et à l'Ambassadeur de Tuvalu à Bruxelles, de la publication Tuvalu Marine Life à l'aquarium tropical de Paris, en juin 2013.

monteedeseaux

La hause du niveau des mers et des océans  devrait être comprise entre 0,09 et 0,88 mètres entre 1990 et 2100, avec une valeur médiane à 0,46 m , qui représente un taux d’élevation 2 à 4 fis supérieur au taux d’élévation moyen constaté au cours du 20e siècle. Les principaux contributeurs à la hausse du niveau des océans sont :
La dilatation thermique des couches supérieures des océans générée par la hausse des températures (0,11 à 0,43 m ). Ce phénomène déjà constaté au cours du 20e siècle devrait s’accéléré au cours du présent siècle.

Une contribution de 0,01 à 0,23 m pour la fonte des glaciers terrestres

La fonte du Groenland (-0,02 à + 0,09 m ) entre 1990 et 2100

La fonte de l’Antarctique (-0,17 à + 0,02 m ) entre 1990 et 2100.

En modifiant le niveau, la variabilité et la distribution géographique des précipitations, les changements climatiques pourront accentuer ou créer de nouvelles zones de stress hydrique et la modification des conditions d’évaporation ou de ruissellement perturbera sans nul doute les ccles hydrologiques locaux.

(source Radanne/Ademe)

Plus d'infos dans la rubrique "liens"

Voir aussi hausse niveau des mersédité par le Réseau Action Climat en 2013





Tuvalu est le premier pays qui risque de totalement disparaître sous les eaux, faisant de ses 11000 habitants les premiers réfugiés climatiques de la planète à l’échelle d’une nation.

Le constat : Après un film, « Nuages au Paradis » en 2003 et des séjours de plus d’un mois sur place chaque année, nos observateurs ont pu vérifier que contrairement à ce qu’affirment certains, il n’y a, à Tuvalu, ni tourisme ni usage d’engrais chimiques. Les cocotiers subissent moins l’abattage que l’érosion et la mer qui remonte par le sol submerge aujourd’hui les iles à chaque marée haute et non plus simplement aux grandes marées de printemps. D’ores et déjà, les Tuvaluens ne peuvent plus cultiver. Le problème est global, pas local et d’autres territoires subiront le sort de Tuvalu si nous ne faisons rien.

Sur les dernières années, l’augmentation mesurée par les marégraphes de Tuvalu et du South Pacific Sea Level & Climate Monitoring Project se situe entre 4 et 6 mm par an. Une augmentation imperceptible si ce n’est qu’avec une élévation maximum de 3 m sur l’ensemble des îles et des marées hautes qui avoisinent ou dépassent désormais les 3m, c’est tous les mois que les Tuvaluens vivent les pieds dans l’eau.

Le phénomène de montée des eaux à Tuvalu est accentué par El Nino dont la fréquence des cycles s’est accélérée à cause des changements climatiques. Auparavant, ce courant agissait tous les 6 à 7 ans, aujourd’hui c’est tous les 2 ou 3 ans et ses effets durent en moyenne 18 mois... Au plus fort de ses passages, El Nino rehausse les océans de 50 cm. En outre, il augmente la fréquence des cyclones, tornades etc.

L’eau de mer affleure en permanence sous la surface du sol. Les Tuvaluens ne peuvent d’ores et déjà plus cultiver, en particulier le taro, base traditionnelle de leur alimentation. Cette racine pousse sous terre dans des marécages d’eau douce. Aujourd’hui les rares qui le cultivent encore sont contraints de planter à 20 cm sous la surface au lieu d’1 m auparavant. Pour compenser l’absence de production locale, les Tuvaluens importent riz, pommes de terre et racines de tapioca. Le manque de vitamines et de diversité nutritionnelle risque à terme de poser d’importants problèmes sanitaires. Diabète et maladies de peau sont en augmentation.

Tuvalu ne dispose plus véritablement de nappes phréatiques exploitables. C’est la pluie qui constitue la ressource d’eau douce principale. A raison de 2700 à 3500 mm/an en moyenne, elle est irrégulière et s’abat en fortes averses qui lessivent les terres et forment des lacs plusieurs jours après la dernière salve. Des conteneurs de récupération de l’eau de pluie équipent 100% des habitations depuis 2003 (étude de la Banque Asiatique de Développement en 2003). L’eau doit être bouillie pour être potable. Une consommation d’énergie qui représente 14% de l’électricité produite à Tuvalu.

Les cocotiers et arbres à pain tombent. Des campagnes de replantations sont en cours. L’effondrement du marché du copra (huile de noix de coco) il y a quelques années a un temps découragé les plantations nouvelles de cocotiers. Les replantations permettent de consolider le sol, de lutter contre l’érosion, de constituer des puits de carbone et elles fournissent en outre une matière organique qui peut être utilisée pour produire du compost ou du méthane, un biogaz qui permet de produire de l’électricité ou de la chaleur (biodigesteurs).
Plus de plages. Funafuti a perdu la plupart de ses plages de sable blanc en l’espace d’un demi-siècle.
Les Borrow pitts contribuent à fragiliser le sol. Ces trous de plusieurs mètres de diamètre, creusés par les américains en 1942 pour construire une piste d’atterrissage pour lutter contre le Japon, couvrent près de la moitié de la surface de l’île capitale. Ils se sont depuis remplis d’eau de mer et accentuent aujourd’hui la vulnérabilité de Funafuti à la montée des eaux.

Pour répondre aux nombreuses demandes sur l’évolution de la prise de conscience et des effets des changements climatiques dans l’archipel, nous publions ici l’intégralité de l’entretien accordé en 2009 à l’Echo des Savanes par Gilliane Le Gallic, Présidente d’Alofa Tuvalu et Ambassadrice de Tuvalu pour l'Environnement, qui passe depuis 2003 plusieurs mois à Tuvalu chaque année.

 





Le site de la Mission Interministérielle contre l’Effet de Serre fait le point sur les changements climatiques, de la première description du phénomène « effet de serre » aux textes officiels internationaux en passant par les estimations d’évolution à venir.

http://www.effet-de-serre.gouv.fr/

1) Premières découvertes & premières prévisions

1827 Première description de l'effet de serre
JB Fourier décrit le phénomène du réchauffement climatique par effet de serre.

1873 Organisation météorologique internationale
Fondation à Vienne de l'OMM (Organisation météorologique mondiale). C'est le début des observations standardisées par les services nationaux.

1895 Première analyse de l'effet de serre
Le chimiste suédois S Arrhénius suggère que les émissions de CO2 en renforçant l'effet de serre, pourraient entraîner une hausse de la température moyenne de la terre.

1957 Mesures systématiques du CO2
Le scientifique américain G Plass relance le débat sur la resposabilité de l'homme dans le changement climatique. Des mesures systématiques de CO2 démarrent à Hawaï et en Alaska.

Sir Gilbert Thomas Walker (14 June 1868 - 4 November 1958), physicien et statisticien britannique est le premier à avoir décrit le phénomène d'oscillation australe, plus couramment appelé El Nino aujourd'hui.

1967 Premières prévisions de réchauffement
Deux scientifiques prédisent un doublement de la concentration de CO2 d'ici au début du XXI siècle et une élévation de la température moyenne de l'ordre de 2,5°C.

2) Premiers actes mondiaux

8 avril 1968: Première réunion du Club de Rome, groupe de réflexion réunissant scientifiques, économistes, fonctionnaires et industriels de 53 pays. En 1972, il publie son premier rapport: "The Limits to Growth"/"Halte à la Croissance.

1972 (Conférence de Stockholm) : autolimitation de certaines productions (énergies fossiles) ; répartition plus équitable des fruits de la croissance ; méthodes d’exploitation plus respectueuses des milieux ; règles de gestion plus rationnelle de l’espace, de l’énergie, des ressources ; prise en charge des patrimoines communs.

1973 : Création du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) : législation internationale de l’environnement. Création de ministères de l’environnement dans de nombreux pays.

1979 Première conférence mondiale sur le climat
Organisée à Genève par l'OMM : lancement d'un programme mondial de recherche, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'International Council of Scientific Unions (ISCU).

1988 Création du groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)
Placé sous l'égide du PNUE et de l'OMM, le GIEC* est chargé de suivre le problème du réchauffement climatique. Il a pour mission d'évaluer l'information scientifique sur les changements climatiques, leurs impacts et les mesures de prévention et d'adaptation envisageables.

le GIEC est chargé de faire la synthèse tous les 5 à 6 ans des travaux de recherche sur le changement climatique. A ce titre, ses rapports sont considérés comme la source officielle d’information sur le sujet. 

La même année, la conférence de Toronto (forum politique) recommande la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2005 et l’imposition d’une taxe internationale sur les combustibles fossiles.

1989 Seconde conférence mondiale sur le climat
Elle réunit 137 états plus la communauté européenne, dont les 12 membres viennent de s'engager à stabiliser leurs émissions de CO2 au niveau de 1990 d'ici l'an 2000. La déclaration finale préconise l'instauration d'une convention internationale sur les changements climatiques.

1990 Création du Fonds pour l'Environnement Mondial
Ce mécanisme financier des pays développés a pour objet d'aider les pays en développement à s'attaquer à 4 grands problèmes d'environnement, dont le réchauffement climatique et l'appauvrissement de la couche d'ozone.

1992 Convention - cadre sur les changements climatiques/Rio
Signée à Rio de Janeiro en juin 1992 dans le cadre du Sommet de la Terre, elle constitue la pièce maîtresse de la lutte mondiale contre le changement climatique. Entrée en vigueur en mars 1994, son article 2 précise son objectif: stabiliser les concentrations de gaz a effet de serre dans l'atmosphère a un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Les pays développés, les pays en transition et l'Union européenne, inscrits dans l'annexe I de la convention, s'engagent à stabiliser leurs émissions de gaz a effet de serre d'ici a l'an 2000 au niveau des émissions de 1990. Dans l'annexe II, les pays développés et l'Union européenne s'engagent à financer les coûts encourus par les pays en développement pour respecter leurs engagements.

La convention cadre énonce plusieurs principes dont :

Le principe de précaution : même s’il existe des incertitudes, elles ne peuvent pas servir de prétexte pour reporter l’adoption de certaines mesures, car nous sommes en présence d’un phénomène irréversible.

Le principe de responsabilité commune mais différencié : il impose la majeure partie de la lutte contre les changements climatiques aux pays développés.

Elle comporte également des engagements :

- Les parties prenantes à la convention s’engagent à présenter des communications nationales comprenant des inventaires d’émission et des programmes d’action pour réduire les émissions.

- Toutes les parties doivent coopérer pour développer des travaux de recherche dans les domaines des sciences, des techniques et de l’éducation.

- Les parties s’engagent à prendre en compte l’évolution du climat dans leurs politiques économiques, sociales et environnementales.

- Les pays riches fourniront des ressources financières nouvelles et additionnelles aux pays en développement pour financer leur communication et certains projets de réduction des émissions.

La COP, Conférence des Parties est désigné comme l’organe suprême de la convention : elle comprend tous les pays l’ayant ratifiée et son rôle est de suivre sa mise en place et de réexaminer les engagements des parties aux regard des objectifs fixés et des dernières avancées scientifiques. La COP se réunit tous les ans et peut prendre des engagements nouveaux sous la forme de protocole (ex : protocole de Kyoto).

3) Deuxièmes actes

1995 Mandat de Berlin
En mars 1995, la première conférence des Parties à la Convention Climat reconnaît la nécessite d'un renforcement des engagements des pays développés. Parallèlement aux objectifs quantifiés de limitation et de réduction des émissions, elle prévoit d'élaborer des politiques et mesures.

Second rapport du GIEC
En décembre 1995, le second rapport du Giec confirme la responsabilité humaine dans le changement climatique et la nécessité d'une action préventive, en vertu du principe de précaution.

1997 Troisième session de la Conférence des Parties Protocole de Kyoto
Renforcement de la réponse internationale à l'évolution du climat, le protocole de Kyoto fixe des objectifs chiffrés juridiquement contraignants de réduction des émissions des pays développés : 5,2% de réduction a atteindre en 2008/2012 par rapport au niveau de 1990, grâce à un objectif national pour chaque pays. Le Protocole vise les 6 principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O et HFC, PFC et SF6) . Il met l'accent sur les politiques et mesures intérieures effectivement capables de réduire les émissions et innove en ouvrant un crédit aux Parties qui réduisent les émissions dans d'autres pays (établissement de 3 mécanismes de flexibilité : achat et vente de droits d’émission notamment).

1998 Quatrième session de la Conférence des Parties Plan d'action de Buenos Aires
Un calendrier de travail avec pour objectif final, la Cop 6 de novembre 2000, prévoit l'élaboration progressive des règles de mise en œuvre du Protocole de Kyoto: le système d'observance, le fonctionnement des échanges de crédits d'émissions...

1999 Cinquième session de la Conférence des Parties à Bonn
Négociations sur le thème du Plan d'action de Buenos Aires.

Septembre 2000 Lyon, France
Réunion des organes subsidiaires de l'Unfccc: conférence internationale préparatoire à celle de novembre (Cop6), qui doit entériner l'ensemble des mécanismes utilisés pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre...

Novembre 2000 Cop 6 à la Haye.

2001 Troisième
rapport d'évaluation du GIEC.

Juin 2001 Cop 6 bis à Bonn
Suite et fin de l'aboutissement du Plan d'action de Buenos Aires : fixation des modalités de mise en oeuvre du protocole de Kyoto au tour de 4 grands thèmes (mise en oeuvre par chaque état d' un  programme national de mesures avant le recours aux mécanismes prévus par le Protocole; limite de la gestion des forêts en vue des réductions d'émissions; création de 3 fonds de financement additionnels pour les pays en développement; définition du mécanisme de surveillance et de respect des engagements de réduction).

Novembre 2001 Cop 7 à Marrakech
Traduction juridique des accords de Bonn
Début du Mécanisme de Développement Propre.

Après l'accord politique conclu à Bonn en juillet 2001, la 7ème conférence des parties à la convention a permis de traduire en textes juridiques toutes les règles nécessaires à la ratification et à la mise en oeuvre effective du protocole de Kyoto. Le première institutionn du protocole a été mise en place : le conseil exécutif du mécanisme de développement propre, mécanisme dorénavant opérationnel.

4 Mars 2002 : Ratification européenne du Protocole de Kyoto

Si la France avait dés juillet 2000 promulgué une loi autorisant la ratification du protocole de Kyoto, c'est en 2002 que ce dernier a été ratifié par l'Union Européenne au nom de tous ses états membres.

Novembre 2002 Cop 8 à New Delhi

Déclaration ministérielle de New Delhi sur les changement climatiques et le développement durable

Adoption de compléments aux accords de Marrakech : lancement d'un programme de 5 ans d'éducation, de formation et de sensibilisation du public à la question du changement climatique; méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre; base technique du registre de droits d'émissions entre les pays .

Décembre 2002
Accord politique européen sur la Directive Permis.

Octobre 2003 : Entrée en vigueur de la directive établissant un système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre dans l'Union européenne

Décembre 2003 Cop 9 à Milan

Négociations techniques (UTCF, Ped, budget...) et segment ministériel autour de 3 tables rondes

2004

31 mars : publication et transmission des plans nationaux d'allocation de quotas par les états membres à la Commission

6- 17 décembre : COP10 à Buenos Aires

4) Troisièmes actes

16 Février 2005 : entrée en vigueur du protocole de Kyoto. Les Etats membres avaient en effet décidé lors de l’élaboration du protocole en 1997 qu’il entrerait en vigueur 90 jours après la ratification d’au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions. Suite au refus des Etats-Unis, la ratification du Protocole était suspendue à la signature de la Russie qui a signé en novembre 2004 et permis l’entrée en vigueur du protocole.

Bonn (Allemagne), 16-27 mai 2005 - Séminaire d’experts gouvernementaux et 22e session des organes subsidiaires de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques
Reprise des négociations sur le Climat, afin de faciliter la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto et d'entamer une discussion sur des engagements futurs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

Démarrage du système d'échange de quotas dans l'Union européenne

Preuve des progrès des Parties dans l'exécution de leurs engagements

Date butoir pour le début des négociations officielles pour les engagements pour les périodes ultérieures

28 novembre / 9 décembre 2005: COP 11 et COP/MOP 1   Conclusion sous le signe du succès . Un dialogue de tous les pays sur l’évolution d'un régime multilatéral et plus d’une quarantaine de décisions ont été adoptées consolidant ainsi les efforts mondiaux dans la relève du défi climatique. Communiqué final et discours du Président de la République

2007 : Quatrième rapport d'évaluation des changements climatiques, qui est paru juste avant la Conférence de Bali et qui a ainsi lancé le cycle des négociations de l'après-Kyoto.

2007 : COP13  Le Plan d’Action de Bali

2008
Début de la première période d'engagement au titre du Protocole de Kyoto (2008-2012)
Début des échanges de droits d'émissions

2009 : COP15 – Copenhague
- Signature d’un accord politique loin des réalités scientifiques, sans caractère juridiquement contraignant. Tuvalu fait partie des 4 pays qui refusent de signer.
- Extension du mandat du Plan d’Action de Bali

2010 : COP16 - Cancun
Note de décryptage, par Pierre Radanne

2011 :
- Rapport Spécial de l’IPCC sur les Ressources d’énergie renouvelable et l’atténuation des changements climatiques COP17- Durban : note de décryptage "La politique internationale de lutte contre le changement climatique à l'issue de la Conférence de Durban", Emeline DIAZ - Pierre RADANNE- Marie CHERON, Février 2012.

2012 :
COP18- Doha : note de décryptage des enjeux de cette COP réalisée par Alix Mazounie, RAC
et analyse post-Doha, par le RAC et la Commission Climat de Coordination Sud, Février 2013

2013 :
Le cinquième rapport du GIEC parait en 2013-2014, le premier en septembre 2013.
Un aperçu avec "Les nouvelles simulations françaises pour le prochain rapport", révélées à l'occasion d'une conférence de presse en février 2012 à Paris.




Quelques chiffres...


Les gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (53% des émissions additionnelles) est produit par la consommation d’énergie fossile, la déforestation, bons nombres de procédés industriels… ; le méthane (17% des émissions) provient de l’extraction, du transport et de la consommation de gaz, la fermentation des déjections animales ou le traitement des déchets ; les halocarbures (14% des émissions) proviennent des fuites des systèmes de réfrigération, la production de mousse isolantes… ; et le protoxyde d’azote (5% des émissions) est le fruit de l’utilisation des engrais azotés. (source Ademe)

Environ 6 milliards de tonnes équivalent carbone sont émises chaque année dans l’atmosphère, contre 2,3 GtC en 1960. Seules 3 milliards de tonnes équivalent carbone sont absorbées par les puits de carbone (76% par l’océan, 24% par les forêts). 3 milliards de tonnes s’accumulent chaque année dans l’atmosphère.

Les Etats-Unis sont responsables de près du quart des émissions de gaz à effet de serre, l’Europe 15%, 20% pour les pays émergents que sont la Chine et l’Inde qui connaissent une croissance économique très importante depuis 1990 avec utilisation massive n’énergie fossile.

Le GIEC (Groupe International d’Experts sur le Climat) prévoit une augmentation de la température du globe comprise entre 2 et 6°c et une augmentation moyenne du niveau des océans comprise entre 0,1 et 0,85 m d’ici 2100.

Plus de 50% de l’énergie solaire est absorbé par la Terre. (source Ademe)

Le gaz émet 25% de gaz à effet de serre de moins que le charbon. (Radanne)

Les radiations du soleil dégagent 6000 fois la consommation énergétique du globe.

Plus d’un million d’espèces pourraient avoir disparu d’ici 2050 en raison des changements climatiques, dont 15 à 37% d’espèces terrestres (Nature, 2004).

La migration des moustiques vers le Nord du fait du réchauffement de la planète risque selon le Cnrs de contraindre 60% de la population mondiale à vivre dans des zones touchées par le paludisme en 2050 et 50% par la dengue en 2085.

95% des glaciers alpins pourraient disparaître au cours des cent prochaines années.

Les températures moyennes hivernales dans le Nord de la Péninsule Antarctique ont augmenté de 5°C au cours des 50 dernières années.

Les écosystèmes forestiers abritent 80% du carbone de la végétation terrestre et 40% du carbone des sol.

Une partie importante du gaz carbonique atmosphérique se dissout dans les océans. Selon la Royal Society britannique, l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère  pourrait augmenter l’acidité des océans de 0,5 unités pH, cela perturberait les équilibres chimiques de l’océan et anéantirait une partie de la vie marine : plancton et coraux en tête.

20% de la barrière coralienne mondiale a disparu, 24% est en danger imminent et 26% disparaitra à terme (source UICN).

Aux Caraïbes, à la Barbade ou à Grenade, 95% des coraux ont blanchi suite à la hausse des températures océaniques ou étouffés sous des couches de sédiments dues à à la déforestation ou à l’urbanisme littoral.

France :

Le réchauffement constaté aujourd’hui en France métropolitaine depuis le début du XXe siècle est d’environ 50% plus important que le réchauffement moyen du globe : 1°C contre 0,60C. Si la tendance se poursuivait, cela signifierait qu’un réchauffement de 2°C du globe, signifierait une augmentation  de 3°C de la température moyenne en France. Il faut s’attendre à des épisodes caniculaires d’intensité plus importante qu’en 2003. Les glaciers de montagne sont en régression. Et les rythmes naturels sont déjà fortement modifiés : par exemple, les dates de vendanges ont avancé de près de trois semaines sur les 50 dernières années. (Observatoire National sur les effets du changement climatique. Rapport au 1er Ministre et au gouvernement 2005)

Pour revenir à une situation viable, c’est-à-dire stabiliser le climat à +2°c par rapport à la température actuelle, la France doit diviser ses émissions de gaz à effet de serre par 4 (Facteur 4), voire par 5 d’ici 2050. (source Negawatt/Radanne) Cette réduction devrait être une division par 10 pour les Etats-Unis.

En 2002 en France 66% des Français se disaient convaincus que le réchauffement climatique dû à l’augmentation de l’effet de serre était une certitude pour les scientifiques. (Ademe) Et l’instabilité du climat était passée en tête des préoccupations environnementales des Français entre 2000 et 2004 (sondage Sofres pour la Lyonnaise des eaux du 29 novembre 2004)

- Consommation individuellle d’eau chaude en France : 50 l. La seule maîtrise de cet usage permettrait de réduire aisément cette consommation à 30l/personne.

- Consommation unitaire pour le chauffage est de l’ordre de 180 kWh/m2 dans le résidentiel et de 140 kWh/m2 dans le tertiaire. Réhabiliter les bâtiments permettrait de diviser cette consommation par 3 à 4.

- La chaleur utilisée par l’industrie représente aujourd’hui un poste important avec 346 TWh (TWh = milliards de kilowatts heure). Une baisse de la consommation est cependant observée depuis 30 ans (1,6 TWh/an) du fait de la substitution de l’électricité aux énergies fossiles et aux efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique.

- Aujourd’hui, la ressource éolienne n’est pas exploitée en totalité, celle de la géothermie des roches profondes à 25% seulement, le solaire thermique et photovoltaïque n’occupe que 4% des surfaces déjà bâties, alors qu’il pourrait aisément atteindre le double sans concurrence au sol. (source Negawatt